Selon Franceinfo – Faits divers, une pétition demandant l’interdiction de la chasse pendant trois ans dans les forêts de Gironde ravagées par les incendies cet été a recueilli plus de 470 000 signatures. Alors que l’ouverture de la saison de chasse est prévue le 13 septembre, cette mobilisation relance le débat sur la pertinence de reprendre cette activité dans des écosystèmes déjà fortement fragilisés.
Ce qu'il faut retenir
- Une pétition en ligne, soutenue par plus de 470 000 signataires, demande l’arrêt de la chasse pendant trois ans dans les zones incendiées en Gironde cet été.
- L’ouverture de la chasse est officiellement fixée au 13 septembre 2026, mais les chasseurs assurent qu’ils éviteront les secteurs sinistrés.
- Les associations de protection animale plaident pour un moratoire strict, arguant que la faune sauvage doit être laissée en paix pour se reconstituer.
- La préfecture de Gironde n’a pas prévu d’interdire la chasse dans ces zones, se contentant des engagements des fédérations de chasseurs.
Des paysages encore marqués par les incendies, un débat qui s’amplifie
Dans les forêts de Gironde, où les incendies ont détruit plusieurs milliers d’hectares cet été, la question de la reprise de la chasse divise. Plus de 470 000 personnes ont signé une pétition en ligne pour demander un moratoire de trois ans sur la chasse dans les zones brûlées. Sur le terrain, des promeneurs et riverains expriment leur inquiétude face à la fragilité de la faune locale. « Je ne suis pas anti-chasse, mais certains coins comme ceux-là, il faut laisser les animaux tranquilles », témoigne une habitante, citée par Franceinfo. « On les voit, les bêtes. Elles ont soif. Après ce qu’il s’est passé avec les feux, c’est incroyable », ajoute-t-elle.
Les images des forêts calcinées, où ne subsistent que des troncs noircis et une végétation rasée, contrastent avec l’annonce d’une saison de chasse qui s’ouvre dans moins de deux semaines. Pourtant, les associations de protection animale insistent : les écosystèmes doivent être préservés pour permettre aux espèces de se rétablir.
Les chasseurs promettent de rester à l’écart des zones brûlées, mais rejettent tout moratoire
Thibault Varenne, président de la fédération des chasseurs de Gironde, a confirmé à Franceinfo que aucune chasse ne sera organisée dans les zones incendiées cette année. « Bien entendu que la chasse n’ouvrira pas sur les zones incendiées », a-t-il déclaré. Il prend pour exemple les incendies de Landiras en 2022, où la chasse avait également été suspendue dans les secteurs touchés. « Les espèces qui ont le plus souffert ne sont pas les espèces chassables », précise-t-il. « Ce sont la petite faune : écureuils, hérissons, reptiles. »
Cependant, il s’oppose fermement à l’idée d’un moratoire de trois ans. Pour lui, cette mesure serait « excessive » et risquerait de perturber l’équilibre écologique à long terme. « La nature a ses propres mécanismes de résilience », argue-t-il. Les chasseurs misent sur le retour progressif de certaines espèces, comme les sangliers, qui commencent déjà à fouiller les sols à la recherche de jeunes pousses, premières manifestations de la repousse végétale.
Les associations de protection animale réclament un encadrement strict
Face à cette position, des associations comme One Voice estiment qu’un moratoire est indispensable pour garantir la protection de la faune. Muriel Arnal, présidente de l’organisation, souligne : « Il faut laisser la faune sauvage impérativement tranquille. Seules les autorités pourront faire respecter cela. » Elle craint que les engagements volontaires des chasseurs ne suffisent pas à éviter des pratiques risquant d’aggraver la pression sur des espèces déjà affaiblies.
Les incendies de l’été 2026 en Gironde ont été parmi les plus dévastateurs de ces dernières années, avec des milliers d’hectares partis en fumée et une biodiversité profondément affectée. Les associations rappellent que les espèces comme les hérissons ou les reptiles, qui ne sont pas directement ciblées par la chasse, sont particulièrement vulnérables. Leur survie dépend en grande partie de la tranquillité des milieux où elles se sont réfugiées après les feux.
« Les animaux fuient, réfugiés dans les cendres. Des milliers ont péri dans les incendies cet été. Une pause de trois ans est le minimum pour leur laisser une chance de se rétablir. » — Témoignage recueilli par Franceinfo
Une préfecture qui ne tranche pas, des chasseurs sous surveillance
La préfecture de Gironde n’a pour l’heure pas prévu d’interdire la chasse dans les zones brûlées. Dans un communiqué, elle indique s’en remettre aux fédérations de chasseurs pour garantir le respect des zones sinistrées. « Les chasseurs assurent qu’ils iront chasser au plus loin des zones sinistrées », précise la préfecture, sans davantage de précisions sur les modalités de contrôle.
Cette absence de décision ferme inquiète les associations, qui redoutent que des pratiques non encadrées ne viennent compromettre la reconstitution des écosystèmes. Elles appellent à une intervention rapide des pouvoirs publics pour instaurer un moratoire légal, au moins temporaire. « L’État a les moyens de faire appliquer une telle mesure », rappelle Muriel Arnal. « Il suffit de vouloir. »
Les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir si la prudence l’emportera sur la tradition, ou si la reprise de la chasse dans les zones incendiées deviendra un nouveau symbole des tensions entre activités humaines et protection de l’environnement.
Elles estiment que les écosystèmes, déjà gravement endommagés par les incendies, ont besoin de cette période pour permettre à la faune de se reconstituer. Les espèces non chassées, comme les hérissons ou les reptiles, sont particulièrement vulnérables et leur survie dépend de la tranquillité des milieux.
La fédération des chasseurs de Gironde a promis de ne pas chasser dans les zones brûlées cette année. Cependant, les associations demandent une interdiction légale pour éviter tout risque de non-respect. La préfecture de Gironde compte sur les fédérations pour appliquer cette mesure sans contrôle supplémentaire.