Le monde de l’horlogerie a découvert mardi 1er septembre 2026 quelles sont les 84 pièces en lice pour la 26e édition du Grand Prix d’Horlogerie de Genève (GPHG), la plus haute distinction du secteur. Selon nos confrères de Euronews FR, ces créations réparties en 14 catégories rivalisent d’ingéniosité et de savoir-faire, avec des pièces aussi variées qu’un système solaire miniaturisé à porter au poignet ou une pendule de 10 kg capable de remonter une montre pendant le sommeil.

Ce qu'il faut retenir

  • 84 montres sont en compétition, réparties en 14 catégories, avec 19 prix à gagner, dont le prestigieux Grand Prix « Aiguille d’Or ».
  • Parmi les pièces phares : une montre de 1,65 mm d’épaisseur (Konstantin Chaykin), un système solaire en temps réel (Christiaan van der Klaauw) et une horloge de 10 kg (Louis Vuitton × De Bethune).
  • La cérémonie de remise des prix aura lieu le samedi 7 novembre 2026 à Genève, avec une diffusion en direct sur Euronews Culture.
  • 12 marques absentes cette année, dont Rolex, Patek Philippe, Cartier et Richard Mille, laissant la porte ouverte à des outsiders.
  • Le GPHG met en avant les créations indépendantes, avec une présence croissante d’ateliers non suisses.

Chaque année, le GPHG récompense l’excellence et l’innovation dans l’horlogerie contemporaine. 19 prix seront décernés lors d’une cérémonie fastueuse à Genève, le 7 novembre 2026, accessible en direct sur Euronews Culture. Parmi les pièces en compétition, certaines se distinguent par leur audace technique ou leur esthétique unique, reflétant la diversité du secteur.

Des créations qui repoussent les limites de l’horlogerie

Côté exception mécanique, la ThinKing Mystery de l’atelier moscovite Konstantin Chaykin marque les esprits. Avec une épaisseur de 1,65 mm — l’équivalent de deux cartes de crédit empilées —, cette montre défie les géants suisses en revendiquant le titre de montre mécanique de série la plus fine au monde. « Le boîtier est la montre », souligne-t-on chez Chaykin, où deux disques de saphir transparents affichent l’heure sans révéler le mécanisme interne. Disponible en 12 exemplaires à 426 000 €, elle incarne l’audace des indépendants.

Autre pièce spectaculaire : le Grand Planetarium Eccentric Silicium du Néerlandais Christiaan van der Klaauw. Cette montre transforme le poignet en un système solaire en miniature, où les huit planètes, peintes à la main, orbitent en temps réel et à leur vitesse réelle. Le cadran en silicium oxydé irisé offre un spectacle à couper le souffle, même si Neptune mettra 165 ans à compléter son tour. « Mercure met trois mois à faire le tour du cadran », précise la marque. Six exemplaires sont proposés à 157 000 €.

Quand deux icônes de l’indépendance s’unissent

L’alliance entre Ulysse Nardin et Urwerk donne naissance à l’UR-FREAK, une montre sans aiguilles ni couronne qui bouleverse les codes. Dans cette collection lancée en 2001, le mouvement entier tourne sur lui-même pour afficher l’heure, tandis qu’Urwerk y intègre ses heures satellites : des cubes rotatifs dont le chiffre actif parcourt l’échelle des minutes. « Deux langages radicaux réunis dans une seule pièce », résume un expert. Disponible en 100 exemplaires à 115 000 €, elle a déjà été primée en 2023 dans la catégorie Iconic.

Côté métiers d’art, la française L.Leroy présente la Vox Temporis, une montre qui ne se contente pas de se regarder : elle s’écoute. Grâce à une répétition minutes, les heures sont sonnées à voix haute, tandis qu’un cadran rotatif et un tourbillon volant complètent ce chef-d’œuvre à 341 000 €. « Une seule aiguille reste fixe, mais le temps, lui, tourne », explique la maison.

L’horloge qui recharge votre montre… pendant votre sommeil

Le GPHG ne se limite pas aux montres-bracelets. La LVDB-03 Sympathique Louis Varius, fruit d’une collaboration entre Louis Vuitton et De Bethune, est une horloge mécanique de 30 cm de haut et 10 kg qui se transforme en chargeur intelligent. Déposez votre montre dans son berceau, et elle sera remontée et remise à l’heure pendant la nuit — sans électronique. Trois anneaux en or rose, gravés à la main d’après les dessins de François Schuiten, illustrent des paysages oniriques. « Une alliance entre deux géants du luxe », rappelle la marque. Deux exemplaires sont proposés à 4 717 000 €, montre incluse.

Des montres pour tous les styles et tous les budgets

Le secteur de l’horlogerie sportive n’est pas en reste. Grand Seiko dévoile sa Spring Drive U.F.A. Ushio 300 Diver, une montre de plongée dont le mouvement à ressort moteur affiche une précision exceptionnelle : une perte ou un gain de 20 secondes par an, un record. L’oscillateur à quartz, vieilli trois mois pour stabiliser sa précision, justifie ce niveau de performance. Disponible à 10 000 €, elle rend hommage aux marées japonaises avec son nom « Ushio », signifiant « marée ».

Pour les amateurs de cadran luminescent, l’IWC Schaffhausen Big Pilot's Watch Perpetual Calendar Ceralume® propose une double identité. De jour, elle arbore un boîtier blanc de pilote. De nuit, elle devient un objet bleu phosphorescent grâce à une poudre de céramique mélangée à des pigments Super-LumiNova. Le calendrier perpétuel, capable de calculer les années bissextiles jusqu’en 2100, complète cette montre à 69 000 € en 250 exemplaires.

Enfin, la catégorie Challenge prouve que l’innovation n’est pas réservée aux pièces à six ou sept chiffres. La Seconde Majeure, signée par les marques parisiennes SpaceOne et Baltic, démontre qu’une montre à 3 200 € peut rivaliser avec les plus grands noms. Son module d’heure sautante, développé par le jeune prodige Théo Auffret, repose sur trois éléments visibles : un Mobile de Commande Central, une Étoile des Heures et un Ressort de Saut. « Une beauté qui, d’ordinaire, se paie 10 à 50 fois plus cher », souligne un horloger.

Et maintenant ?

La 26e cérémonie du GPHG se tiendra le samedi 7 novembre 2026 à Genève, où les 84 montres en lice seront exposées avant leur éventuelle victoire. Chaque année, les pièces nommées voyagent à travers le monde, offrant un panorama unique de la créativité horlogère contemporaine. Reste à savoir si les outsiders parviendront à bousculer les favoris traditionnels, ou si un nouveau talent émergera pour décrocher l’Aiguille d’Or.

Le GPHG continue de s’ouvrir à un plus large éventail de maisons et de pays, avec une présence croissante d’indépendants. Plusieurs légendes de l’horlogerie, comme Rolex, Patek Philippe ou Cartier, ne participent pas cette année — soit par choix, soit parce qu’elles ont déjà été récompensées. Cette absence laisse le champ libre à des créations moins conventionnelles, comme celles présentées ci-dessus. À suivre lors de la remise des prix, qui s’annonce comme un événement à ne pas manquer pour les passionnés.