Port-au-Prince, Haïti – Dans un pays ravagé par une insécurité croissante depuis plusieurs années, une association locale mise sur un art martial afro-brésilien pour tenter de rétablir un climat de paix. Comme le rapporte France 24, des ateliers de capoeira sont organisés régulièrement pour offrir une alternative à la violence communautaire et faciliter la réinsertion sociale des jeunes, y compris ceux issus des bandes armées.
Ce qu'il faut retenir
- Des ateliers de capoeira sont organisés en Haïti pour réduire la violence communautaire et favoriser la réinsertion sociale.
- L’association accueille tous les publics, y compris les enfants membres de bandes armées.
- La capoeira, art martial afro-brésilien, est utilisée comme outil de médiation et de cohésion sociale.
- La situation sécuritaire en Haïti s’est fortement dégradée ces dernières années.
- Le fondateur de l’association souligne l’inclusivité de ces ateliers, même pour les jeunes impliqués dans des groupes armés.
Une initiative née d’un contexte sécuritaire dégradé
Haïti traverse une crise sécuritaire sans précédent depuis plusieurs années, marquée par une augmentation des violences communautaires et des affrontements entre gangs. Face à cette situation, des initiatives locales tentent de proposer des solutions durables. C’est dans ce cadre qu’une association haïtienne a lancé des ateliers de capoeira, un art martial afro-brésilien mêlant danse, musique et combat. Selon nos confrères de France 24, ces ateliers visent à offrir un espace de dialogue et de reconstruction pour les jeunes, souvent pris dans l’engrenage de la violence.
L’association ne fait pas de discrimination : elle accueille tous les participants, sans distinction d’origine sociale ou d’appartenance à des groupes armés. Une approche qui tranche avec les clivages habituels dans un pays où les bandes armées recrutent massivement parmi les adolescents et les jeunes adultes.
La capoeira, un outil de réinsertion et de prévention
La capoeira, classée au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO depuis 2014, est bien plus qu’un simple sport. Elle représente une philosophie de vie fondée sur le respect, la solidarité et la résilience. Dans le contexte haïtien, elle devient un moyen de canaliser l’énergie des jeunes vers des activités constructives, tout en leur offrant un cadre structurant.
« Nous accueillons tout le monde, même les enfants faisant partie des bandes armées. L’objectif est de leur montrer qu’il existe une autre voie que la violence », a déclaré le fondateur de l’association à France 24.
Ces ateliers ne se limitent pas à la pratique physique. Ils intègrent également des discussions sur la gestion des conflits, le respect mutuel et l’importance de la communauté. Une approche globale qui pourrait, à terme, contribuer à réduire les tensions locales et à recréer du lien social dans des quartiers dévastés par les violences.
Un pari audacieux dans un pays en crise
Le pari est ambitieux. En Haïti, où les structures étatiques peinent à maintenir l’ordre, des initiatives citoyennes comme celle-ci jouent un rôle clé dans la stabilisation sociale. Pourtant, les défis restent immenses. Les ressources sont limitées, et l’insécurité persiste malgré les efforts des associations. Selon France 24, la situation reste précaire, avec des gangs qui contrôlent une grande partie de la capitale et des quartiers périphériques.
Malgré ces obstacles, les ateliers de capoeira continuent de fonctionner et d’attirer de nouveaux participants. Pour les organisateurs, chaque session réussie est une victoire. Ils espèrent que, petit à petit, leur initiative pourra inspirer d’autres projets similaires et contribuer à un changement durable.
En attendant, les participants aux ateliers de capoeira, qu’ils soient anciens membres de gangs ou simples citoyens, semblent trouver dans cette pratique un espoir de renouveau. Comme le soulignent les observateurs, c’est peut-être là le premier pas vers une paix durable.