Le styliste nord-irlandais Jonathan Anderson, âgé de 41 ans, a dévoilé ce lundi 6 juillet 2026 au musée Rodin à Paris sa deuxième collection haute couture pour la maison Dior, selon Franceinfo - Culture. Cette présentation s’inscrit dans le cadre de la semaine parisienne de la haute couture, un événement exclusif réservé aux pièces uniques réalisées entièrement à la main. Pour cette saison automne-hiver 2026-2027, Anderson a mis à l’honneur l’art du pli et du drapé, une signature artistique qui a marqué l’ensemble de son défilé.
Ce qu'il faut retenir
- Inspiration artistique : Jonathan Anderson a puisé son inspiration dans les sculptures de l’artiste américaine Lynda Benglis, connue pour ses bas-reliefs et ses œuvres tridimensionnelles créées à partir de matériaux bidimensionnels.
- Technique phare : La collection repose sur l’utilisation intensive du plissage et du drapé, transformant le tissu en silhouettes sculpturales, comme l’a expliqué le styliste dans un communiqué.
- Palette chromatique : Les créations, majoritairement en tons blancs, gris et noirs, ont été rehaussées de touches cuivrées, argentées, rouges ou vert pomme, avec des détails floraux marquants.
- Événement parisien : Une trentaine de maisons de luxe présenteront leurs collections jusqu’à jeudi 9 juillet, dans un format saisonnier typiquement français (janvier pour l’été, juillet pour l’hiver).
- Nouvelle direction artistique : Anderson, nommé directeur artistique des collections masculine et féminine de Dior en 2025, est le premier à superviser les trois lignes de la maison depuis Christian Dior lui-même.
- Publicités célébrités : Le défilé a réuni des personnalités comme Sabrina Carpenter, Josh O’Connor, Pharrell Williams ou Priyanka Chopra.
Une collection façonnée par l’art et la technique
Jonathan Anderson a conçu sa collection automne-hiver 2026-2027 comme une véritable ode à la sculpture, en s’inspirant directement des œuvres de Lynda Benglis. Cette artiste américaine, encore méconnue en France, est réputée pour ses créations où des matériaux plats sont transformés en objets en trois dimensions grâce à des techniques de nouage, de plissage ou de moulage. « De nombreuses œuvres de l’artiste naissent de matériaux bidimensionnels qui sont transformés, par des techniques de nouage, de plissage ou de moulage, en objets tridimensionnels. L’art de la haute couture opère une transformation similaire : le tissu se voit conférer une forme sculpturale, accentuée lorsqu’il est porté », a précisé le créateur dans un communiqué officiel.
Les silhouettes présentées au musée Rodin illustraient parfaitement cette vision. Robes aux plis verticaux rappelant les fougères, manteaux aux drapés fluides, pantalons aux lignes épurées : chaque pièce semblait défier la gravité, jouant avec les volumes et les matières. Les matières utilisées, souvent nobles comme la soie ou la laine, ont été travaillées pour épouser le corps tout en créant des effets de profondeur. Les détails floraux, comme un ensemble vert en maille aux plis « mille-feuilles » ou un manteau noir orné de fougères blanches brodées, ont ajouté une touche organique à l’ensemble.
Une palette sobre et des influences contemporaines
La palette chromatique choisie par Anderson pour cette collection était volontairement restreinte, privilégiant les tons neutres et élégants. Les robes et ensembles étaient majoritairement déclinés en blanc, gris et noir, des couleurs intemporelles qui mettent en valeur la complexité des plis et des drapés. Ces nuances étaient ponctuées de touches de couleur vive, comme le cuivre, l’argent, le rouge ou le vert pomme, apportant une modernité discrète mais perceptible.
Les influences contemporaines se sont également manifestées à travers les silhouettes, qui alternaient entre fluidité et rigidité. Certaines robes, presque architecturales, semblaient sculptées dans le tissu, tandis que d’autres, plus légères, jouaient sur la transparence et la légèreté. Cette dualité reflétait une volonté de concilier tradition et innovation, un équilibre que Anderson maîtrise depuis son arrivée chez Dior.
Jonathan Anderson, un directeur artistique aux multiples facettes
Nommé à la tête des collections masculine et féminine de Dior en 2025, Jonathan Anderson est devenu le premier créateur depuis Christian Dior lui-même à superviser les trois lignes de la maison emblématique du groupe LVMH, y compris la haute couture. Cette nomination a marqué un tournant dans l’histoire récente de la marque, après le départ de Maria Grazia Chiuri, qui avait occupé ce poste pendant près d’une décennie.
Avant de rejoindre Dior, Anderson s’était déjà distingué en tant que directeur artistique de Loewe, où il avait su moderniser l’image de la maison espagnole. Son style audacieux et son approche artistique ont rapidement fait de lui l’un des créateurs les plus influents de sa génération. En juin 2026, il avait également dévoilé la ligne masculine de Dior, confirmant son emprise sur l’ensemble des collections de la maison. Par ailleurs, son nom a récemment circulé comme étant celui du créateur pressenti pour réaliser la robe de mariée de Taylor Swift lors de son mariage avec Travis Kelce, un projet qui a suscité un vif intérêt médiatique.
Un défilé sous les projecteurs des célébrités
Le défilé du 6 juillet 2026 au musée Rodin a été l’un des événements les plus attendus de la semaine parisienne de la haute couture. La salle était comble, et parmi les personnalités présentes figuraient des stars internationales comme Sabrina Carpenter, Josh O’Connor, Pharrell Williams ou Priyanka Chopra. Leur présence a confirmé l’attrait médiatique et culturel de cet événement, où mode et art se mêlent pour créer une expérience unique.
La Danoise Mona Tougaard a ouvert le défilé en présentant une création emblématique de la collection, illustrant ainsi la diversité des silhouettes imaginées par Anderson. Les photographes et les médias du monde entier étaient également au rendez-vous, témoignant de l’importance accordée à cet événement dans le calendrier de la mode.
Pour les observateurs, une question se pose désormais : cette collection marquera-t-elle un tournant dans l’histoire de Dior, ou restera-t-elle comme une étape supplémentaire dans la réinvention constante de la maison ? Une chose est sûre, l’audace artistique de Anderson et son approche transdisciplinaire continueront de faire parler d’elles bien au-delà des défilés.
Jonathan Anderson a exploité la technique du pli pour transformer le tissu en structures sculpturales, en s’inspirant des méthodes de transformation bidimensionnelle en trois dimensions, comme celles employées par l’artiste Lynda Benglis. Selon ses propres mots, « le tissu se voit conférer une forme sculpturale, accentuée lorsqu’il est porté ». Cette approche permet de créer des volumes et des effets de profondeur uniques, tout en jouant sur la fluidité des matières.