À partir de cette rentrée 2026, les smartphones seront officiellement bannis des établissements scolaires du second degré en France, une mesure qui s’applique désormais aux lycées. Psychologue spécialisée dans le développement de l’enfance et de l’adolescence à Angers, Enora de Gouvello décrypte, pour Ouest France, les conséquences potentielles de cette interdiction et l’importance d’accompagner les jeunes dans cette transition.
Selon nos confrères, cette mesure s’inscrit dans une volonté plus large de réduire les distractions numériques et de favoriser la concentration en classe.
Ce qu'il faut retenir
- Les smartphones sont désormais interdits dans tous les lycées français depuis la rentrée 2026.
- Enora de Gouvello, psychologue à Angers, analyse les impacts possibles sur les adolescents.
- L’accompagnement des élèves dans cette transition est présenté comme essentiel pour éviter un simple report des usages numériques.
- La mesure s’inscrit dans une démarche de réduction des distractions en milieu scolaire.
Une mesure nationale aux effets attendus sur le comportement des lycéens
L’interdiction des smartphones au lycée, effective depuis le 1er septembre 2026, marque un tournant dans la gestion des outils numériques en milieu scolaire. Enora de Gouvello, psychologue spécialisée dans le développement des adolescents, souligne que cette décision répond à des enjeux multiples : réduction des distractions, limitation des risques de cyberharcèlement ou encore promotion d’un meilleur équilibre entre vie numérique et vie scolaire.
Pour elle, cette mesure pourrait inciter les jeunes à se tourner vers d’autres activités, à condition qu’ils soient accompagnés dans ce changement.
Les risques d’un report des usages numériques chez les adolescents
Si l’interdiction vise à limiter l’usage des smartphones en classe, la psychologue met en garde contre un simple report des habitudes numériques hors du lycée. « Le cerveau va se tourner vers d’autres activités », explique-t-elle, « mais à condition que ces alternatives soient accessibles et stimulantes. »
Elle rappelle que les adolescents, souvent dépendants de leurs téléphones pour les réseaux sociaux ou les jeux, pourraient compenser cette interdiction par un usage accru en dehors des heures de cours, si aucun cadre ne leur est proposé.
L’accompagnement des élèves : un pilier pour réussir la transition
Enora de Gouvello insiste sur la nécessité d’un accompagnement adapté pour éviter que l’interdiction ne se transforme en une simple frustration. Selon elle, les établissements doivent proposer des activités de substitution attractives, comme des ateliers créatifs, des clubs ou des temps dédiés à la lecture.
Elle ajoute que les enseignants et les parents ont un rôle clé à jouer pour aider les adolescents à réinvestir leur temps libre de manière constructive. « Il ne suffit pas d’interdire, il faut aussi proposer », précise-t-elle.
« L’interdiction des smartphones au lycée est une avancée, mais son succès dépendra de la capacité des adultes à accompagner les jeunes dans cette transition. Le cerveau adolescent a besoin de stimulation, et si on ne lui offre pas d’alternatives, il risque de se tourner vers des usages non régulés. »
— Enora de Gouvello, psychologue
Un impact sur les résultats scolaires et le bien-être mental
D’après les travaux de la psychologue, la réduction des distractions numériques pourrait avoir un effet positif sur les résultats scolaires, notamment en améliorant la concentration. Cependant, elle rappelle que les smartphones jouent aussi un rôle social important pour les adolescents, et que leur suppression brutale pourrait générer du stress ou de l’anxiété chez certains.
Elle recommande donc une approche progressive, combinant interdiction et sensibilisation aux usages numériques responsables.
Pour Enora de Gouvello, cette interdiction n’est qu’une première étape. Elle appelle à une réflexion plus large sur les usages numériques des adolescents, en impliquant tous les acteurs éducatifs : parents, enseignants et professionnels de santé.
Une chose est sûre : l’enjeu ne se limite pas à la présence ou non d’un smartphone en classe, mais bien à la manière dont les jeunes réinvestissent leur temps et leur énergie.
Selon les textes officiels, chaque établissement est libre de définir ses propres modalités de contrôle et de sanction. Les solutions envisagées incluent la confiscation temporaire du téléphone, un signalement aux parents ou, dans les cas répétés, un entretien avec le chef d’établissement. Aucune sanction pénale n’est prévue pour l’élève, mais la mesure s’inscrit dans le cadre du règlement intérieur, qui peut prévoir des mesures disciplinaires.