Selon BFM Business, l’idée selon laquelle investir seulement 50 euros par mois dans un fonds indiciel coté (ETF) pourrait permettre de devenir millionnaire d’ici quelques décennies circule régulièrement parmi les épargnants. Cette hypothèse repose sur des calculs financiers classiques, mais elle mérite d’être examinée à la lumière des réalités économiques actuelles.
Ce qu'il faut retenir
- Un investissement de 50 euros par mois dans un ETF reproduisant un indice large (comme le CAC 40 ou le MSCI World) pourrait, avec un rendement annuel moyen de 7 %, atteindre près de 1 million d’euros après 40 ans, selon les projections classiques.
- Cette stratégie suppose une discipline d’investissement sans faille, sans retrait ni interruption, et un environnement économique stable.
- Les performances passées ne garantissent pas les résultats futurs, et les frais de gestion, l’inflation ou les crises boursières peuvent significativement réduire le rendement final.
- Les ETF sont des instruments de placement passifs, souvent moins coûteux que les fonds actifs, mais leur succès dépend étroitement de la santé des marchés financiers.
Comment fonctionne ce calcul théorique ?
D’après les simulations présentées par BFM Business, l’investissement régulier de 50 euros mensuels dans un ETF large suppose un rendement annuel moyen de l’ordre de 7 %, un taux souvent cité comme représentatif des performances historiques des marchés actions sur le long terme. Sur une période de 40 ans, cette somme, composée de 24 000 euros de capital versé, pourrait théoriquement se transformer en un portefeuille d’environ 1 million d’euros, grâce à la magie des intérêts composés. « Ce calcul repose sur l’hypothèse d’un marché action dynamique et d’une absence de perturbations majeures », précise un expert interrogé par la chaîne.
Cependant, cette projection reste théorique. Elle ne tient pas compte des aléas économiques — récessions, krachs boursiers, inflation élevée — qui peuvent réduire substantiellement le rendement final. Les frais de gestion, même faibles pour un ETF, grignotent aussi une partie des gains sur le très long terme.
Quels sont les risques et les limites de cette stratégie ?
Le principal écueil de ce scénario tient à sa dépendance aux performances des marchés. Si les actions subissent une décennie de stagnation, comme ce fut le cas entre 2000 et 2010, le rendement annuel moyen chute bien en dessous de 7 %. Dans ce cas, le capital final serait bien inférieur à un million d’euros. « On parle souvent des rendements moyens sur 40 ans, mais personne ne peut garantir que les 10 ou 20 prochaines années suivront la même trajectoire », souligne un gestionnaire de patrimoine cité par BFM Business.
Autre point crucial : la régularité des versements. Un seul mois d’interruption, ou pire, un retrait anticipé, peut réduire drastiquement le capital accumulé. L’inflation, enfin, joue contre l’épargnant : avec une inflation moyenne de 2 %, le pouvoir d’achat du million futur serait bien inférieur à celui d’aujourd’hui. Autant dire que l’objectif de millionnaire exige une vision à très long terme et une grande résilience face aux aléas économiques.
Pourquoi les ETF séduisent-ils autant les épargnants ?
Les fonds indiciels cotés (ETF) sont devenus l’un des placements préférés des Français ces dernières années, notamment pour leur simplicité et leur coût réduit. Contrairement aux fonds actifs, où des gestionnaires tentent de battre le marché, les ETF répliquent un indice boursier, offrant ainsi une diversification instantanée et des frais bien moindres. Selon les données de l’AMF, les encours des ETF en France ont progressé de plus de 30 % en 2025, reflétant cet engouement.
Leur accessibilité est aussi un atout majeur : avec un ticket d’entrée de 50 euros par mois, même les petits épargnants peuvent se constituer un portefeuille diversifié. « Les ETF permettent à chacun de devenir actionnaire de grandes entreprises mondiales sans avoir à choisir des actions individuelles », explique un conseiller financier interrogé par la chaîne. Pourtant, leur succès ne doit pas faire oublier que leur performance reste liée à la santé globale des marchés.
Reste à voir si, dans un contexte de taux d’intérêt toujours bas et de volatilité accrue, les projections optimistes des décennies passées pourront se concrétiser à l’avenir.