Ce jeudi 8 juillet 2026, Israël marque le millième jour depuis l’attaque sans précédent du 7 octobre 2023 menée par le mouvement islamiste palestinien Hamas contre son territoire. Selon Le Figaro, cette journée commémorative s’inscrit dans un climat de profondes dissensions au sein de la société israélienne, alors que le gouvernement dirigé par Benyamin Netanyahou refuse catégoriquement la création d’une commission d’enquête d’État.
Ce qu'il faut retenir
- Le Hamas avait lancé son attaque à 06h29 (heure locale) le 7 octobre 2023, faisant 1 221 morts, majoritairement des civils, selon les décomptes de l’AFP.
- Cette attaque a déclenché une guerre dans la bande de Gaza, devenue depuis un conflit régional, avec plus de 73 000 morts palestiniens, selon le ministère de la Santé de Gaza sous l’autorité du Hamas, des chiffres jugés fiables par l’ONU.
- Le gouvernement israélien est critiqué pour sa gestion de la crise, notamment par des familles de victimes et d’otages, regroupées au sein du « Comité octobre ».
- Plusieurs événements commémoratifs sont organisés à travers le pays, dont deux minutes de silence à 10h00 (heure locale) et une cérémonie officielle à Tel-Aviv en fin de journée.
- Le chef d’état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, a rappelé que cette journée « nous rappelle notre responsabilité globale » et la nécessité de poursuivre le combat.
Une journée marquée par des commémorations et des tensions politiques
Dès 06h29 (03h29 GMT), l’heure précise à laquelle le Hamas avait lancé son attaque il y a trois ans, Israël a commencé à marquer cet anniversaire. L’organisation « Comité octobre », fondée par des familles de victimes et d’otages du 7 octobre, joue un rôle central dans l’organisation des événements commémoratifs. Des rassemblements ont été prévus devant la Knesset, le Parlement israélien, ainsi qu’aux abords des domiciles de plusieurs membres du gouvernement, reflétant les tensions persistantes au sein de la classe politique.
À 10h00 (07h00 GMT), une minute de silence a été observée dans l’ensemble du pays. Plus tard dans la journée, l’esplanade du musée des Beaux-Arts de Tel-Aviv, rebaptisée « place des Otages » en hommage aux personnes kidnappées lors de l’attaque, sera officiellement renommée « place de la Mémoire ». Cette cérémonie symbolique illustre l’importance accordée au retour des otages encore détenus à Gaza.
Un gouvernement sous pression et des opposants déterminés
La principale commémoration se tiendra à 20h00 (17h00 GMT) au parc Hayarkon de Tel-Aviv. Elle réunira des familles de victimes, des otages libérés et des figures du mouvement de protestation contre la gestion gouvernementale de la crise. Le lieutenant-général Eyal Zamir, chef d’état-major de l’armée israélienne, a déclaré lundi : « Cette journée nous rappelle notre responsabilité globale et le poids qui repose sur nos épaules. Nous nous souvenons, nous apprenons et nous nous préparons à la poursuite du combat et aux nombreux défis qui nous attendent encore. »
L’ancien chef de l’armée Gadi Eizenkot, aujourd’hui principal opposant à Benyamin Netanyahou et candidat à sa succession pour les législatives d’octobre 2026, a affirmé sur X : « 1 000 jours. Nous serons à la hauteur. Je m’y engage. Gadi. » Une déclaration qui souligne l’enjeu politique autour de cette commémoration.
Les critiques adressées à Benyamin Netanyahou
Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, est particulièrement visé par les critiques. Des médias israéliens lui reprochent de réécrire l’histoire en affirmant à plusieurs reprises avoir « ramené tous nos otages », sans mentionner les 42 personnes décédées dans les territoires palestiniens occupés depuis leur enlèvement. Cette omission alimente les tensions avec les familles des victimes, qui exigent une transparence totale sur le sort des otages encore détenus.
Le refus du gouvernement de créer une commission d’enquête indépendante sur les défaillances ayant permis l’attaque du 7 octobre 2023 reste un sujet de controverse. Pour ses détracteurs, cette absence de transparence aggrave le sentiment d’impunité et de mépris envers les victimes et leurs familles.
Un contexte régional toujours tendu
Depuis octobre 2025, un fragile cessez-le-feu est en vigueur dans la bande de Gaza, territoire ravagé par près de trois ans de conflit. Selon les chiffres du ministère de la Santé de Gaza, plus de 73 000 morts ont été recensés depuis le début de la guerre, des données que l’ONU juge fiables malgré leur gestion par le Hamas. Ce bilan humain reflète l’ampleur des destructions et des souffrances endurées par la population civile palestinienne.
Malgré ce cessez-le-feu, la situation reste instable, avec des risques persistants d’escalade. Les négociations pour une paix durable restent au point mort, et la question des otages ainsi que des prisonniers palestiniens continue de bloquer tout progrès significatif.
Cette journée de commémoration rappelle une fois de plus que, trois ans après l’attaque du 7 octobre 2023, les plaies restent ouvertes des deux côtés. Les familles des victimes israéliennes comme palestiniennes attendent toujours justice et réponses, tandis que les dirigeants doivent faire face à des défis humains, politiques et sécuritaires colossaux.
Selon les observateurs, Benyamin Netanyahou et son gouvernement craignent qu’une telle commission ne révèle des défaillances majeures dans la préparation et la réponse des services de sécurité israéliens lors de l’attaque du 7 octobre 2023. Une enquête indépendante pourrait en effet mettre en lumière des responsabilités politiques et militaires, ce que le gouvernement cherche à éviter pour préserver sa crédibilité et éviter des conséquences politiques internes.