Selon Le Figaro, le réalisateur américain James Gray s’oppose fermement à l’adoption de l’intelligence artificielle dans le cinéma, une technologie de plus en plus plébiscitée par certains de ses confrères. Dans un entretien accordé au magazine Variety le 6 août 2026, le cinéaste new-yorkais, connu pour des films comme Little Odessa, La Nuit nous appartient ou Two Lovers, a réitéré son rejet catégorique de ces outils, qu’il qualifie d’« inutiles » et de « cauchemardesques ».
Ce qu'il faut retenir
- James Gray, réalisateur de Little Odessa et Two Lovers, considère l’IA comme un outil « inutile » et « cauchemardesque » dans le cinéma.
- Il s’oppose à l’adoption de cette technologie par des cinéastes comme Mathieu Kassovitz, Martin Scorsese ou Claude Lelouch, qui l’utilisent désormais.
- Gray mise sur la jeune génération de réalisateurs, qu’il juge plus « authentique » et moins dépendante des outils numériques.
- Le cinéaste souligne l’essor de la culture cinématographique chez les jeunes, avec une fréquentation record des salles et un intérêt marqué pour les classiques.
- Il a reçu le Pardo alla carriera au Festival de Locarno en juillet 2026, distinction confirmant son statut dans le milieu.
Un rejet catégorique de l’intelligence artificielle
Dans les colonnes de Variety, James Gray a affirmé ne jamais recourir à l’IA pour ses futures productions. Pour lui, cette technologie ne représente en rien une évolution pour le cinéma. « L’IA ne placera jamais la caméra au rythme de la scène comme l’ont fait Alfred Hitchcock ou John Ford », a-t-il déclaré. Selon lui, ces outils sont incapables de reproduire la sensibilité artistique de ces maîtres du cinéma, ce qui les rend « si inutiles ».
Son opposition s’inscrit dans un contexte où des réalisateurs reconnus, comme Mathieu Kassovitz, Martin Scorsese ou encore Claude Lelouch, ont récemment intégré l’IA dans leurs processus créatifs. Gray, lui, reste campé sur ses positions, convaincu que ces technologies ne feront que dégrader la qualité des œuvres.
Une confiance retrouvée dans la jeune génération
Malgré son scepticisme affiché, James Gray s’est dit « optimiste » quant à l’avenir du cinéma, un revirement notable par rapport à son état d’esprit d’il y a cinq ans. Selon lui, la jeune génération de cinéphiles et de réalisateurs est bien plus investie que par le passé. « Il y a une véritable explosion de la culture cinématographique en ce moment », a-t-il souligné, citant notamment les records d’affluence en salles, portés par des succès comme L’Odyssée ou Spider-Man : Brand New Day.
Il a également mis en avant l’engouement des jeunes pour les œuvres classiques, évoquant l’exemple de son propre fils se rendant dans des cinémas d’art et d’essai pour découvrir des films comme Il Sorpasso, une comédie dramatique italienne de 1962. « Les salles sont complètes, c’est nouveau », s’est-il réjoui, comparant cette situation à son enfance, où ces mêmes salles étaient souvent désertes. « Aujourd’hui, il n’y a plus seulement trois sans-abri et moi », a-t-il ironisé.
L’authenticité comme pilier du cinéma
James Gray a exprimé sa conviction que les jeunes cinéastes ont une « véritable soif de contenus intéressants et sincères ». Pour lui, cette génération refuse les productions bâclées, conçues uniquement pour générer des profits. « Ils ne veulent pas de films qui donnent l’impression d’être bricolés », a-t-il précisé. Le réalisateur voit dans cette dynamique une opportunité de sauver des studios qu’il juge « désorientés » par les sirènes de la technologie.
Il a appelé ses successeurs à préserver l’intégrité du cinéma, loin des tentations offertes par l’IA. « L’heure des comptes a sonné », a-t-il lancé, estimant que les nouvelles technologies ne sont qu’un leurre pour les studios en quête de rentabilité immédiate. Gray a d’ailleurs profité de son discours de remerciement lors de la remise du Pardo alla carriera à Locarno, en juillet 2026, pour confirmer l’authenticité de ses propos : selon un détecteur d’IA, son allocution n’avait pas été générée par un outil comme ChatGPT.
Un plaidoyer pour le cinéma traditionnel
Pour James Gray, l’IA ne représente qu’une fuite en avant, incapable de capturer l’essence même du cinéma. Il a rappelé que des réalisateurs comme Hitchcock ou Ford avaient su imposer leur style grâce à une maîtrise technique et artistique que les algorithmes ne pourront jamais reproduire. « L’IA ne saura jamais placer une caméra avec la précision et l’émotion d’un John Ford », a-t-il insisté, soulignant que ces outils ne font que reproduire des schémas sans âme.
Son discours s’inscrit dans un débat plus large sur l’avenir du cinéma, alors que les studios cherchent à optimiser leurs coûts grâce à ces technologies. Gray, lui, mise sur la résistance des artistes capables de créer des œuvres « vraies », loin des compromis dictated par les impératifs économiques.
En attendant, James Gray reste un symbole de résistance dans un paysage cinématographique en pleine mutation, où la technologie et l’artisanat s’affrontent pour définir l’avenir du 7e art.
Selon Le Figaro, des cinéastes comme Mathieu Kassovitz, Martin Scorsese et Claude Lelouch ont récemment intégré l’intelligence artificielle dans leurs productions. Ces outils sont utilisés pour diverses tâches, allant de la restauration d’images à la génération de contenus.
Le réalisateur a été honoré par le Pardo alla carriera lors de la 79e édition du Festival de Locarno, en juillet 2026. Il s’agit de la première distinction majeure de sa carrière.