Les jeux vidéo sur smartphone ne se contentent pas d’occuper le temps libre des jeunes — ils pourraient aussi affecter leur santé physique. Une étude publiée ce 2 septembre 2026 par Euronews FR met en lumière un lien entre une pratique excessive des jeux mobiles et une augmentation significative des douleurs musculosquelettiques chez les étudiants, notamment au niveau du cou, du dos, des coudes et des poignets.
Ce qu'il faut retenir
- Une étude jordanienne portant sur 364 étudiants en médecine révèle que 9 % d’entre eux (34 personnes) sont considérés comme dépendants aux jeux mobiles.
- Les étudiants dépendants déclarent 85,3 % de douleurs cervicales, contre 65 % pour les autres, et 41,2 % de douleurs aux coudes, contre 12,5 %.
- Les troubles musculosquelettiques perturbent les activités quotidiennes, notamment les études et les loisirs, chez une majorité des étudiants concernés.
- Les auteurs de l’étude soulignent l’importance de prendre en compte l’ergonomie et les pauses pour limiter ces risques.
- Les universités sont encouragées à intégrer des recommandations en matière de santé numérique et d’ergonomie dans leurs programmes.
Une dépendance qui pèse sur la santé physique
Selon l’enquête menée auprès d’étudiants en médecine jordaniennes, la dépendance aux jeux sur smartphone est clairement associée à une hausse des troubles musculosquelettiques. Les chercheurs, dont les travaux ont été relayés par Euronews FR, ont interrogé 364 participants et établi un lien statistique entre une pratique excessive et des douleurs localisées. « Tenir un smartphone pendant de longues périodes implique des positions fixes des bras et du cou, ainsi que des mouvements répétitifs », rappellent-ils dans leur analyse.
Les écarts entre les étudiants dépendants et non dépendants sont marqués. Par exemple, 85,3 % des dépendants souffrent de douleurs cervicales, contre 65 % des autres. Pour les coudes, la différence est encore plus frappante : 41,2 % des dépendants rapportent des douleurs, contre seulement 12,5 % des non-dépendants. Les poignets et les mains ne sont pas épargnés, avec 41,2 % de cas déclarés chez les dépendants, contre 34 % chez les autres.
Des répercussions sur le quotidien et des consultations médicales plus fréquentes
Les conséquences de ces douleurs ne se limitent pas à un inconfort passager. L’étude révèle que les étudiants souffrant d’une addiction aux jeux mobiles sont plus nombreux à déclarer que leurs troubles musculosquelettiques perturbent leurs activités quotidiennes. « Certains ont même dû consulter un médecin pour des douleurs touchant les poignets, les mains, les hanches ou les genoux », précisent les auteurs. Ces problèmes de santé peuvent donc impacter directement leur vie académique et leurs loisirs.
Les chercheurs soulignent que les étudiants dépendants sont également plus susceptibles de signaler des gênes dans leur vie quotidienne, qu’il s’agisse de tenir un stylo, d’écrire sur un clavier ou même de marcher. Autant dire que la pratique intensive des jeux mobiles ne reste pas sans conséquence sur leur bien-être général.
L’ergonomie, parent pauvre des habitudes numériques
Le problème ne se résume pas à la durée d’utilisation. Il est aussi question de la façon dont les jeunes utilisent leurs appareils. « Les jeux prolongés sur téléphone portable posent un problème d’ergonomie », expliquent les auteurs. Tenir un smartphone pendant des heures implique une prise prolongée, des postures figées et des mouvements répétitifs, autant de facteurs qui favorisent l’apparition de douleurs.
Les chercheurs rappellent que le jeu vidéo ne doit pas être analysé uniquement sous l’angle du temps d’écran ou de son impact psychologique. « Il faut aussi considérer les risques physiques », insistent-ils. Une position courbée, des mains crispées sur l’écran ou des heures passées sans bouger ne sont pas anodines. Ces habitudes, si elles se prolongent, peuvent entraîner des troubles durables, voire des pathologies comme le syndrome du canal carpien.
Vers une prise de conscience collective ?
Cette étude s’inscrit dans un contexte où les jeux mobiles occupent une place centrale dans la vie des jeunes. Selon une enquête récente, plus de 70 % des 15-24 ans déclarent jouer régulièrement sur smartphone, un chiffre qui ne cesse d’augmenter. Pourtant, les risques physiques associés à cette pratique restent souvent méconnus, voire sous-estimés.
Les auteurs de l’étude jordanienne espèrent que leurs travaux inciteront les pouvoirs publics, les établissements scolaires et les familles à mieux informer les jeunes sur les bonnes pratiques. « Prendre conscience des risques et adopter des gestes simples, comme faire des pauses régulières ou ajuster la position du téléphone, peut faire une réelle différence », soulignent-ils. Une recommandation qui vaut autant pour les joueurs occasionnels que pour les dépendants avérés.
En attendant, les chercheurs appellent à de nouvelles études pour affiner ces résultats et explorer d’autres populations. Une chose est sûre : dans un monde où le numérique domine, la santé physique ne doit pas être sacrifiée au profit du divertissement.
Les signes incluent une perte de contrôle sur le temps passé à jouer, une irritation lorsque l’on interrompt la session, ou encore la poursuite de la pratique malgré des douleurs physiques. Les chercheurs jordanais recommandent de consulter un professionnel de santé si ces symptômes s’accompagnent de douleurs persistantes ou de troubles du sommeil.
Certaines applications permettent de suivre le temps d’écran, de programmer des pauses ou d’alerter lorsque la posture devient néfaste. Les chercheurs insistent aussi sur l’importance de régler la luminosité et la taille de l’écran pour éviter les tensions prolongées.