La justice hongkongaise a annoncé que le militant prodémocratie Joshua Wong sera condamné le 2 septembre dans une nouvelle affaire liée à la loi sur la sécurité nationale, un texte controversé imposé par Pékin en 2020. Selon Euronews FR, cette procédure marque la deuxième action en justice engagée contre lui depuis son arrestation en juin 2025. Les autorités l’accusent d’avoir conspiré avec des « forces étrangères » pour porter atteinte à la sécurité nationale de la région administrative spéciale.

Ce qu'il faut retenir

  • Joshua Wong doit comparaître le 2 septembre 2026 pour une nouvelle affaire de sécurité nationale, après une première condamnation à 4 ans et 8 mois de prison en 2024.
  • Il est poursuivi pour avoir, entre juillet et novembre 2020, incité des gouvernements étrangers à imposer des sanctions contre Hong Kong et la Chine.
  • Les peines encourues vont de 3 à 10 ans de prison, voire la réclusion à perpétuité en cas de « gravité particulière ».
  • Le militant, figure historique du mouvement prodémocratie, a été arrêté en juin 2025 pour son activisme.
  • Les autorités hongkongaises offrent une récompense de 1 million de dollars hongkongais (111 641 €) pour l’arrestation d’autres dissidents exilés, dont Nathan Law.
  • Un tribunal londonien a récemment condamné des espions britanniques pour avoir ciblé des militants hongkongais en exil, dont Nathan Law.

Une nouvelle procédure sous la loi de 2020

Cette affaire s’inscrit dans le cadre de la loi sur la sécurité nationale, adoptée en 2020 par Pékin après les mouvements de protestation massifs de 2019. Le texte est largement critiqué par les défenseurs des droits humains, qui y voient un outil pour museler l’opposition démocratique à Hong Kong. Selon les autorités, cette loi aurait permis de « rétablir la stabilité » dans la ville, une affirmation contestée par les observateurs internationaux.

Joshua Wong est poursuivi pour avoir, entre le 1er juillet et le 23 novembre 2020, conspiré avec le militant en exil Nathan Law et d’autres personnes afin d’inciter des gouvernements, organisations et institutions étrangères à imposer des sanctions contre Hong Kong et la Chine. Ces actions, selon le parquet hongkongais, auraient porté atteinte à la sécurité nationale. La peine encourue varie entre 3 et 10 ans de prison, avec la possibilité d’une condamnation à la réclusion à perpétuité si les faits sont jugés d’une « gravité particulière ».

Un parcours militant marqué par l’activisme prodémocratie

Joshua Wong s’est imposé comme l’une des figures majeures du mouvement prodémocratie hongkongais dès 2012, alors qu’il était encore lycéen. Il s’est fait connaître en menant des manifestations contre l’introduction d’une éducation nationale dans les établissements scolaires, une réforme perçue comme une tentative d’ingérence de Pékin dans l’autonomie de la région. Son engagement s’est poursuivi en 2014, lors du mouvement Occupy Central, où il est devenu une figure internationale de la contestation.

En 2016, il a cofondé le parti Demosisto avec Nathan Law et d’autres militants, un mouvement qui a joué un rôle clé lors des manifestations de 2019. Wong a alors cherché à obtenir un soutien international pour la cause prodémocratie, une stratégie qui a valu à Pékin de le présenter comme un « partisan de l’indépendance » et un « demandeur d’ingérence étrangère ». Après l’adoption de la loi sur la sécurité nationale en 2020, Demosisto s’est dissous, marquant la fin de cette organisation politique.

Un activisme coûteux : deux condamnations en deux ans

Cette nouvelle procédure s’ajoute à celle qui a abouti, en 2024, à une condamnation de 4 ans et 8 mois de prison contre Joshua Wong. À l’époque, il avait plaidé coupable dans une affaire liée à une primaire officieuse organisée par l’opposition prodémocratie. Les autorités hongkongaises n’ont pas tardé à réactiver les poursuites contre lui, illustrant la volonté des autorités de Pékin d’écraser toute opposition à Hong Kong.

Nathan Law, cofondateur de Demosisto et figure de l’exil, est également visé par des poursuites. Les autorités hongkongaises ont offert une récompense de 1 million de dollars hongkongais (111 641 €) pour toute information permettant son arrestation. Installé au Royaume-Uni, Law reste une cible prioritaire pour les autorités chinoises, qui le considèrent comme un « séparatiste » et un « criminel ».

Un contexte international tendu autour des dissidents hongkongais

Le mois dernier, un tribunal londonien a condamné un ancien agent des services frontaliers britanniques et un policier hongkongais à la retraite à des peines de prison pour espionnage au profit de Pékin. Selon le parquet, ces individus avaient pour mission d’espionner des dissidents et critiques du régime chinois, dont Nathan Law. Cette affaire rappelle les tensions persistantes entre Pékin et les capitales occidentales, où plusieurs militants hongkongais en exil bénéficient d’une protection diplomatique.

Ces développements surviennent alors que la répression s’intensifie à Hong Kong, où les autorités locales appliquent strictement la loi sur la sécurité nationale. Plusieurs médias indépendants ont été fermés, et des journalistes ainsi que des militants ont été emprisonnés. Le cas de Joshua Wong illustre la stratégie des autorités chinoises pour éliminer toute opposition, même à distance, comme en témoigne la condamnation récente d’espions britanniques.

Et maintenant ?

Le verdict du 2 septembre pourrait marquer une étape supplémentaire dans la répression contre l’opposition hongkongaise. Si Joshua Wong écope d’une peine lourde, cela enverrait un signal fort aux militants restants, mais pourrait aussi attiser les tensions entre Pékin et les capitales occidentales. La communauté internationale suivra de près l’évolution de cette affaire, alors que Nathan Law et d’autres dissidents en exil restent sous haute surveillance. La prochaine audience pourrait aussi révéler des éléments nouveaux sur les accusations portées contre Wong, notamment sur la nature exacte des « forces étrangères » impliquées.

En attendant, la date du 2 septembre s’annonce comme un nouveau moment de tension pour les défenseurs des droits humains à Hong Kong et à l’étranger. La condamnation de Joshua Wong, si elle intervient, pourrait précéder d’autres procédures similaires contre des figures de l’opposition, dans un contexte où Pékin semble déterminé à éradiquer toute contestation.

Joshua Wong risque entre 3 et 10 ans de prison pour les faits qui lui sont reprochés. Si les juges considèrent que les actes commis sont d’une « gravité particulière », la peine maximale pourrait s’élever à la réclusion à perpétuité.