Avec 70 % des sièges remportés par le parti au pouvoir, Adilet, le Kazakhstan a franchi une étape majeure dans sa transition politique. Le 23 août 2026, le pays a organisé ses premières élections pour le Kurultai, une nouvelle assemblée législative monocamérale remplaçant l’ancien Parlement bicaméral. Selon nos confrères de Euronews FR, ce scrutin marque un tournant dans l’histoire institutionnelle du pays, cinq partis y étant désormais représentés au sein des 145 sièges du nouveau Parlement.
Ce qu'il faut retenir
- Le Kazakhstan remplace son Parlement bicaméral par un Kurultai monocaméral de 145 sièges.
- Cinq partis politiques sont représentés, mais aucun candidat indépendant n’a été autorisé à se présenter.
- Le parti Adilet, au pouvoir, a remporté plus de 70 % des sièges lors des élections du 23 août 2026.
- Cette réforme constitutionnelle a été mise en œuvre pour moderniser le système politique kazakh.
Cette réforme, adoptée dans le cadre d’une révision constitutionnelle, marque la fin d’un système bicaméral vieux de plusieurs décennies. Avant cette réforme, le Parlement kazakh était composé de deux chambres : le Sénat et la Mazhilis, chacune jouant un rôle distinct dans le processus législatif. Désormais, le Kurultai concentre l’ensemble des pouvoirs législatifs au sein d’une seule assemblée, une évolution saluée par les autorités comme une étape vers une gouvernance plus efficace.
Selon les résultats officiels publiés par la commission électorale kazakhe, Adilet a remporté 103 sièges sur les 145 disponibles, confirmant ainsi sa domination sur la nouvelle assemblée. Les quatre autres partis représentés détiennent chacun un nombre réduit de sièges, sans que leur influence ne soit en mesure de contrebalancer celle du parti majoritaire. Les élections se sont déroulées sans candidat indépendant, les règles électorales ayant été modifiées pour privilégier les listes partisanes. Les observateurs internationaux, dont certains représentants de l’OSCE, ont suivi de près le déroulement du scrutin, bien que leurs rapports préliminaires n’aient pas encore été rendus publics.
Un nouveau système pour quel objectif ?
Les autorités kazakhes justifient cette réforme par la nécessité de simplifier le processus législatif et d’accroître la réactivité du gouvernement face aux défis économiques et sociaux. Kassym-Jomart Tokaïev, président du Kazakhstan, avait souligné en 2025 l’importance de moderniser les institutions pour « répondre aux aspirations d’une population en quête de stabilité et de progrès ». Dans un discours diffusé à la veille des élections, il a rappelé que « le Kurultai incarnera une nouvelle ère de transparence et d’efficacité ».
Côté opposition, les réactions sont plus nuancées. Certains analystes politiques, comme Dmitri Vesselov, chercheur à l’Institut d’études politiques d’Almaty, estiment que « cette réforme renforce le contrôle du pouvoir en place sur le processus législatif ». D’autres, comme Gulnara Jarkynbayeva, professeure à l’Université d’Astana, y voient une opportunité de réduire les blocages institutionnels qui ont parfois ralenti les réformes dans le passé. « Autant dire que le Kurultai pourrait accélérer les décisions, mais aussi limiter la diversité des voix », a-t-elle déclaré à Euronews FR.
Quelles perspectives pour les prochains mois ?
Avec une majorité aussi large, le parti Adilet dispose d’une marge de manœuvre importante pour faire adopter ses projets de loi. Le gouvernement kazakh a d’ores et déjà annoncé qu’il comptait présenter, d’ici la fin de l’année, plusieurs textes visant à réformer le secteur économique et à attirer davantage d’investissements étrangers. Parmi les priorités évoquées figurent la simplification des procédures administratives et la modernisation du cadre juridique des entreprises.
Cependant, cette domination électorale pourrait aussi susciter des débats sur la concentration du pouvoir. Plusieurs ONG locales, comme Qazaqstan Hakykati (« La Vérité du Kazakhstan »), ont déjà appelé à une vigilance accrue sur l’indépendance de la justice et des médias, des institutions souvent pointées du doigt dans les rapports sur l’État de droit. « Nous suivrons de près les premiers mois de fonctionnement du Kurultai », a indiqué Alibek Dossymov, porte-parole de l’ONG, « pour évaluer si cette réforme renforce réellement la démocratie ou si elle se traduit par un renforcement de l’autoritarisme ».
Avec l’entrée en fonction du Kurultai, le Kazakhstan s’inscrit dans une dynamique de transformation politique qui pourrait inspirer d’autres pays de la région. Si les promesses de stabilité et d’efficacité sont tenues, cette réforme pourrait redéfinir les équilibres institutionnels d’un pays qui cherche à concilier modernité et traditions autoritaires. Pour l’instant, les observateurs attendent de voir comment cette nouvelle assemblée exercera ses pouvoirs dans les mois à venir.
Selon nos confrères de Euronews FR, cette réforme visait à simplifier le processus législatif et à accroître l’efficacité du gouvernement. Les autorités kazakhes ont évoqué la nécessité de réduire les blocages institutionnels et de moderniser les institutions pour répondre aux aspirations d’une population en quête de stabilité.