La France a enregistré une progression notable du nombre de ses millionnaires en dollars en 2025, selon le dernier rapport annuel de la banque suisse UBS. Ce document, rendu public en juillet 2026, révèle que le pays a gagné près de 35 000 nouveaux millionnaires en un an, portant leur nombre total à 2,39 millions de personnes disposant d’un patrimoine net supérieur à un million de dollars.

Ce qu'il faut retenir

  • La France compte désormais 2,39 millions de millionnaires en dollars, soit une hausse de 1,5 % en un an, selon le Global Wealth Report 2026 d’UBS.
  • Cette progression s’explique par la valorisation des actifs (immobilier, actions, obligations, etc.) et non par la croissance économique, limitée à 0,9 % en 2025.
  • Les États-Unis concentrent à eux seuls 440 000 des nouveaux millionnaires en 2025, suivis par la Chine, le Japon, l’Allemagne et le Royaume-Uni.
  • En France, 4,5 % de la population est millionnaire en patrimoine, contre 9 % aux États-Unis et 14 % en Suisse.
  • Le Bitcoin, en repli de 6,87 % sur une semaine et de 19,19 % sur un mois, suscite l’intérêt des investisseurs cherchant à diversifier leurs portefeuilles.

Une hausse paradoxale dans un contexte économique atone

La France se distingue en 2025 par une augmentation significative du nombre de millionnaires, alors que sa croissance économique n’a progressé que de 0,9 %. Ce paradoxe apparent s’explique par la méthodologie du Global Wealth Report d’UBS. Celui-ci ne se limite pas aux revenus ou à la conjoncture économique, mais prend en compte la valorisation des actifs détenus par les ménages. Autrement dit, ce sont les placements financiers, l’immobilier et les participations dans les entreprises qui ont tiré cette progression vers le haut.

Comme le souligne UBS, le patrimoine net d’un ménage inclut l’ensemble de ses actifs – immobilier, actions, obligations, assurance-vie ou liquidités – après déduction de ses dettes, comme les emprunts immobiliers. Cette approche permet de comprendre pourquoi une croissance économique modérée n’a pas empêché une hausse du nombre de millionnaires.

Les marchés financiers, principaux moteurs de l’enrichissement

À l’échelle mondiale, près d’un million de personnes sont devenues millionnaires en dollars en 2025, selon UBS. Cette dynamique est largement portée par les marchés financiers, qui ont connu une année 2025 marquée par des performances robustes. Les États-Unis, où 80 % du patrimoine des ménages est constitué d’actifs financiers, illustrent parfaitement cette tendance. En France, cette proportion est bien moindre (47 %), l’immobilier y conservant une place prépondérante dans la richesse des ménages.

Cette différence structurelle explique en partie pourquoi la proportion de millionnaires reste plus faible en France. Selon UBS, ils représentent 4,5 % de la population, contre 9 % aux États-Unis et aux Pays-Bas. Les pays comme la Suisse (près d’un habitant sur sept) ou le Luxembourg (un sur six) affichent des niveaux encore plus élevés, reflétant une concentration de richesses bien supérieure.

L’immobilier et les actifs traditionnels, piliers de la richesse en France

En France, l’immobilier joue un rôle central dans la constitution des fortunes. Les ménages français ont accumulé au fil des années un patrimoine immobilier significatif, dont la valorisation a contribué à l’augmentation du nombre de millionnaires. Cette spécificité hexagonale contraste avec les pays où les actifs financiers dominent, comme les États-Unis. 47 % du patrimoine des ménages français est lié à l’immobilier, contre seulement 25 % aux États-Unis, où les marchés actions et les obligations prennent le relais.

Cette répartition explique pourquoi la France, malgré une croissance économique modeste, parvient à maintenir une dynamique positive en matière de création de millionnaires. Les placements financiers, bien que moins prépondérants qu’ailleurs, ont également joué leur rôle en 2025, portés par des performances boursières solides. L’assurance-vie et les participations dans les entreprises ont également contribué à cette tendance, même si leur impact reste moins médiatisé que celui des marchés actions.

Le Bitcoin, une option de diversification dans un marché volatile

Alors que les marchés actions ont enregistré des performances remarquables en 2025, le Bitcoin a connu une phase de repli marquée. Le cours du BTC s’échangeait autour de 58 600 dollars début juillet 2026, en baisse de 6,87 % sur sept jours et de 19,19 % sur trente jours. Ce mouvement contraste avec la vigueur des marchés traditionnels, mais pourrait offrir des opportunités aux investisseurs cherchant à diversifier leur portefeuille.

Historiquement, les corrections du Bitcoin ont souvent constitué des points d’entrée pour les investisseurs de long terme. Dans un contexte où les actifs traditionnels restent chers, certains ménages pourraient être tentés par cette classe d’actifs pour protéger ou faire fructifier leur patrimoine. Les plateformes d’échange comme Kraken ou Crypto.com misent d’ailleurs sur cette diversification, proposant des outils adaptés aux investisseurs souhaitant intégrer des actifs numériques à leur stratégie.

Et maintenant ?

L’évolution du nombre de millionnaires en France devrait alimenter les débats budgétaires de l’automne 2026, notamment autour de la fiscalité des grandes fortunes. Avec 145 milliardaires et 6,5 % des ménages millionnaires en patrimoine, selon l’Observatoire des inégalités, le sujet pourrait donner lieu à des ajustements fiscaux. Par ailleurs, la performance des marchés financiers et de l’immobilier restera un facteur clé pour les années à venir, dans un contexte économique encore marqué par une croissance modérée.

Les prochains mois pourraient également voir émerger de nouvelles stratégies d’investissement, notamment autour des actifs numériques. Si le Bitcoin reste volatil, son rôle dans la diversification des portefeuilles pourrait s’accroître, en particulier pour les ménages ayant récemment accédé au statut de millionnaire. Reste à voir si cette tendance se confirmera dans les prochains rapports d’UBS.

La hausse du nombre de millionnaires en France s’explique principalement par la valorisation des actifs détenus par les ménages. Le Global Wealth Report d’UBS prend en compte l’ensemble des avoirs – immobilier, actions, obligations, assurance-vie – après déduction des dettes. En 2025, la valorisation de ces actifs a compensé la faible croissance économique du pays, qui n’a progressé que de 0,9 %.