À quelques heures du sommet de l’Otan prévu à Ankara ce mercredi 8 juillet 2026, l’ambassadeur des États-Unis au sein de l’Alliance atlantique, Matt Whittaker, a mis en garde contre le manque d’engagement de certains pays européens concernant leurs dépenses militaires. Selon BFM Business, il a souligné que plusieurs alliés, bien que progressant, ne respectent pas les engagements pris lors du sommet de La Haye en juin 2025.

Ce qu'il faut retenir

  • Engagement de 5 % du PIB : Les 32 membres de l’Otan se sont engagés en 2025 à consacrer au moins 5 % de leur PIB à la défense d’ici 2035.
  • Pays en avance : La Pologne, les pays scandinaves, les pays baltes et l’Allemagne sont cités comme exemples de nations ayant déjà atteint ou dépassé cette trajectoire.
  • Pays « à la traîne » : Certains alliés, sans être nommés, ne dépensent pas suffisamment ou ne présentent pas de plan crédible pour respecter l’engagement de 5 %.
  • Pression américaine : Donald Trump attend de tous les membres qu’ils « montent en puissance » et atteignent rapidement les 5 %, sous peine de tensions lors du sommet.
  • Cas de l’Espagne : Madrid a déjà indiqué ne pas considérer nécessaire d’atteindre ce seuil pour répondre aux exigences de l’Otan en matière de capacités de défense.
  • Contexte géopolitique : Le sommet d’Ankara intervient dans un climat de tensions accrues, notamment après le refus de plusieurs pays européens de s’aligner sur la politique américaine vis-à-vis d’Israël.

Des avancées notables, mais des retards inquiétants

Lors d’une conférence de presse organisée ce 1er juillet 2026, Matt Whittaker a salué les efforts de certains pays européens, dont la Pologne, les pays scandinaves, les pays baltes et l’Allemagne, qui figurent désormais en tête du classement des dépenses militaires au sein de l’Otan. Selon ses déclarations rapportées par BFM Business, ces nations « en font plus que d’autres » et servent de référence pour les engagements futurs. « Certains Alliés en font plus que d’autres, et nous avons des pays comme la Pologne, les pays scandinaves, les pays baltes et l’Allemagne en tête du peloton », a-t-il affirmé.

Cependant, l’ambassadeur américain a également pointé du doigt des pays « à la traîne », soit parce qu’ils ne dépensent pas assez, soit parce qu’ils ne présentent pas de trajectoire crédible pour atteindre les 5 % d’ici 2035. « Nous en avons quelques-uns qui sont à la traîne, soit qu’ils ne dépensent pas assez, soit qu’ils ne sont pas sur une trajectoire crédible pour atteindre les engagements pris à La Haye », a-t-il précisé, sans pour autant nommer ces États.

Donald Trump maintient la pression avant le sommet d’Ankara

La déclaration de Matt Whittaker intervient à une semaine du sommet de l’Otan à Ankara, où Donald Trump devrait réitérer ses exigences envers ses alliés européens. Le président américain, attendu sur place, a déjà multiplié les critiques à l’encontre de plusieurs pays, notamment l’Espagne, qui refuse de s’engager à atteindre les 5 % de dépenses militaires. Dès le sommet de La Haye en 2025, Madrid avait justifié sa position en affirmant qu’il n’était pas nécessaire de respecter ce seuil pour répondre aux besoins de défense de l’Alliance.

Matt Whittaker a toutefois tempéré les attentes d’un clash entre Trump et le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez lors du sommet. « Nous ne nous attendons pas à un conflit ouvert », a-t-il indiqué, tout en rappelant que les pays européens devaient « assumer davantage leur rôle » au sein de l’Otan. « Les États-Unis ne vont pas s’en aller, mais nous avons des responsabilités au niveau mondial », a-t-il souligné, rappelant que Washington attend un engagement concret de la part de tous ses alliés.

Un contexte géopolitique tendu

Le sommet d’Ankara se déroule dans un contexte particulièrement sensible. Depuis le début de l’année 2026, les relations entre les États-Unis et plusieurs pays européens se sont dégradées, notamment après le refus de plusieurs capitales de soutenir la politique américaine vis-à-vis d’Israël dans le conflit qui oppose ce pays à l’Iran. Donald Trump a déjà menacé de retirer des troupes américaines stationnées en Europe, une décision qui avait suscité des inquiétudes quant à la cohésion de l’Alliance atlantique.

Bref, la question des dépenses militaires divise profondément les membres de l’Otan. Si certains pays, comme la Pologne ou les États baltes, ont massivement augmenté leurs budgets de défense depuis 2022 en réponse à la guerre en Ukraine, d’autres, comme l’Espagne ou la France, privilégient des approches différentes, mettant en avant des critères qualitatifs plutôt que quantitatifs. Reste à voir si le sommet d’Ankara parviendra à dégager un compromis entre ces visions opposées.

Et maintenant ?

Le sommet de l’Otan prévu à Ankara ce 8 juillet 2026 pourrait être l’occasion pour les membres de l’Alliance de clarifier leurs positions. Si les États-Unis devraient maintenir la pression en faveur d’une hausse immédiate des dépenses militaires, certains pays européens pourraient tenter de négocier des délais supplémentaires ou des exemptions. Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l’impact de ces tensions sur la cohésion de l’Otan, alors que les menaces russes en Europe de l’Est et les conflits au Proche-Orient continuent de peser sur la stabilité du continent.

Pour les pays « à la traîne », la marge de manœuvre se réduit à mesure que les échéances se rapprochent. Si aucune solution n’est trouvée d’ici 2027, les États-Unis pourraient être tentés de revoir leur engagement au sein de l’Alliance, ce qui aurait des répercussions majeures sur l’équilibre des forces en Europe.

L’ambassadeur américain Matt Whittaker n’a pas nommé les pays concernés. Cependant, BFM Business indique que certains alliés, dont l’Espagne, ne respectent pas l’engagement de consacrer 5 % de leur PIB à la défense d’ici 2035. La France, bien qu’ayant augmenté son budget militaire, n’a pas officiellement adopté cet objectif.

Les 32 membres de l’Otan se sont engagés en juin 2025 à consacrer au moins 5 % de leur PIB à la défense d’ici 2035, lors du sommet de La Haye. Cet objectif dépasse largement le seuil de 2 % initialement fixé en 2014.