Selon nos confrères de BFM Business, les adolescents français voient leur budget mensuel légèrement augmenter cette année, avec une moyenne de 27 euros d’argent de poche. Ce montant, en progression d’un euro par rapport à 2025, marque un léger rebond après deux années de baisse. Pourtant, il reste inférieur de 25 % à celui de 2023, où il s’élevait en moyenne à 36 euros.
Cette étude, issue du dernier baromètre Teenage Lab de l’application Pixpay – spécialisée dans la gestion financière pour les adolescents –, s’appuie sur plus de 14 millions de transactions réalisées entre septembre 2025 et juin 2026 par plus de 150 000 adolescents français âgés de 8 à 17 ans. Elle intègre également les réponses de 2 000 utilisateurs interrogés en mai 2026.
Ce qu'il faut retenir
- Le montant moyen de l’argent de poche passe à 27 euros en 2026, contre 36 euros en 2023, soit une baisse de 25 %.
- Les parents optent majoritairement pour un versement fixe : 52 % des adolescents en bénéficient, dans 95 % des cas de manière mensuelle.
- La Corse se distingue comme la région la plus généreuse, avec une moyenne de 42 euros par mois, tandis que le Centre-Val de Loire et la Normandie ferment la marche avec respectivement 24,5 euros et 24,7 euros.
- Les écarts se creusent entre les tranches d’âge : de 23 euros pour les 8-10 ans à 35 euros pour les 16-18 ans.
- Les pères restent plus généreux que les mères, avec un écart moyen de 7 euros chez les 16-18 ans.
- 64 % des adolescents épargnent via l’application Pixpay, totalisant 3,5 millions d’euros de sommes mises de côté.
Un rebond modéré après deux années de baisse
Après deux exercices consécutifs de diminution, l’argent de poche des adolescents connaît un timide redressement en 2026. BFM Business souligne que cette hausse d’un euro par rapport à 2025 – où le montant moyen s’élevait à 26 euros – reste insuffisante pour compenser la chute enregistrée depuis 2023. Une génération d’ados a donc vu son pouvoir d’achat diminuer de près d’un quart en trois ans, une évolution qui reflète en partie l’inflation persistante et les arbitrages budgétaires des ménages.
Malgré ce contexte économique tendu, les parents semblent avoir assoupli leur discipline financière. Plus d’un adolescent sur deux – précisément 52 % – perçoit désormais une somme fixe, versée à intervalles réguliers. Dans 95 % des cas, ce versement s’effectue chaque mois, une pratique qui facilite la gestion budgétaire pour les familles comme pour les jeunes.
Des disparités régionales et générationnelles marquées
L’étude de Pixpay révèle des écarts considérables selon les territoires. La Corse arrive en tête pour la troisième année consécutive, avec une moyenne de 42 euros par mois. Vient ensuite l’Île-de-France, où les adolescents reçoivent 28,4 euros, suivie de loin par les Hauts-de-France (26,8 euros) et l’Auvergne-Rhône-Alpes (26,3 euros). À l’inverse, le Centre-Val de Loire (24,5 euros) et la Normandie (24,7 euros) figurent parmi les régions les moins généreuses.
Les différences s’accentuent encore selon l’âge. Les 8-10 ans touchent en moyenne 23 euros, contre 35 euros pour les 16-18 ans. Chaque tranche d’âge bénéficie d’une progression par rapport à 2025 : +2 euros pour les 10-12 ans, +1 euro pour les 12-14 ans, les 14-16 ans et les 16-18 ans. Un ajustement minimal, qui ne compense pas l’inflation sur les biens de consommation courante.
Des écarts persistants entre genres et entre parents
Pour la première fois depuis plusieurs années, l’étude ne détaille plus les écarts moyens entre garçons et filles. Pourtant, les données de 2025 montraient un différentiel de 7 euros en faveur des garçons. Une tendance qui pourrait se poursuivre, même si l’enquête ne le confirme pas cette année. En revanche, les disparités entre les parents restent bien documentées : les pères sont systématiquement plus généreux que les mères.
Cet écart se creuse avec l’âge. Chez les 16-18 ans, la différence atteint désormais 7 euros en 2026, contre 5,7 euros en 2025. Une tendance qui interroge sur les inégalités de traitement au sein des foyers, même si elle peut aussi refléter des dynamiques familiales distinctes – notamment en termes de responsabilisation financière.
Une épargne en progression chez les adolescents
Malgré des budgets serrés, les jeunes Français semblent de plus en plus soucieux de mettre de l’argent de côté. 64 % des utilisateurs de Pixpay déclarent utiliser la fonction « coffre-fort » de l’application pour épargner. Au total, ce sont 3,5 millions d’euros qui ont été épargnés depuis le lancement de la fonctionnalité, un chiffre en progression constante.
Cette tendance illustre une certaine maturité financière chez les adolescents, qui apprennent à gérer leur budget avec des outils adaptés. Pixpay, qui compte plus de 150 000 utilisateurs en France, mise sur cette dynamique pour renforcer son offre et accompagner les jeunes dans leur éducation financière. Une initiative qui pourrait inspirer d’autres acteurs du secteur.
L’étude rappelle enfin que ces données reflètent une réalité complexe, où les inégalités territoriales et générationnelles jouent un rôle clé. Une analyse fine de ces disparités pourrait éclairer les politiques publiques en matière de jeunesse et de pouvoir d’achat, notamment dans les régions où les montants restent les plus bas.
La baisse de 25 % entre 2023 et 2026 s’explique principalement par l’inflation persistante et les arbitrages budgétaires des ménages. Les parents, confrontés à une hausse généralisée des prix, ont réduit les sommes allouées à leurs enfants, malgré un léger rebond en 2026.
Aucune donnée de l’étude ne permet de répondre à cette question. En revanche, la Corse reste la région où les parents sont les plus généreux envers leurs adolescents, avec une moyenne de 42 euros par mois.