La canicule qui a frappé la France à la fin du mois de juin a contraint le Rassemblement national à revoir une partie de sa communication sur le réchauffement climatique. Selon Le Monde - Politique, le parti d’extrême droite tente de gommer les positions climatosceptiques de certains de ses membres, marquées par des critiques répétées envers le Giec et une relativisation du consensus scientifique.
Ce qu'il faut retenir
- Le RN a subi des pressions après la vague de chaleur de juin, poussant le parti à ajuster son discours sur le climat.
- Certains élus ou figures du parti ont longtemps adopté des positions climatosceptiques, critiquant le Giec et contestant le consensus scientifique.
- La stratégie actuelle consiste à atténuer ces prises de position passées tout en maintenant une ligne souverainiste sur les questions environnementales.
Un virage communicationnel sous la pression des événements
La France a connu fin juin une vague de chaleur précoce et intense, avec des températures dépassant localement les 40°C. Cet épisode, bien que moins durable que les canicules de 2019 ou 2022, a mis en lumière la vulnérabilité du territoire face au réchauffement climatique. Face à cette réalité, le Rassemblement national, qui a longtemps cultivé une image de parti climatosceptique, a dû revoir sa copie. « On ne peut plus ignorer l’évidence », a reconnu une source interne au parti, citée par Le Monde - Politique.
Des positions passées encore visibles dans les archives
Le RN n’a pas toujours affiché une position unifiée sur la question climatique. Plusieurs de ses membres, comme Julien Sanchez ou Marion Maréchal, ont à plusieurs reprises remis en cause les travaux du Giec, le groupe d’experts climat de l’ONU. En 2021, Marion Maréchal avait ainsi qualifié les rapports du Giec de « alarmistes » et avait exprimé des doutes sur la responsabilité humaine dans le réchauffement. Ces prises de position, encore visibles dans les archives médiatiques, contrastent avec le discours actuel du parti.
« Le Giec n’est pas un dogme, mais un organe politique », avait-elle déclaré lors d’un débat télévisé. Ces propos, toujours accessibles en ligne, illustrent la difficulté pour le RN de concilier son héritage idéologique avec les attentes croissantes de la population sur la question climatique.
Une stratégie d’évitement plutôt qu’un revirement total
Plutôt qu’un changement radical, le RN semble opter pour une stratégie de communication plus prudente. Lors d’un entretien accordé à Le Monde - Politique, un cadre du parti a déclaré : « Nous ne nions pas l’existence du réchauffement climatique, mais nous refusons les solutions imposées par Bruxelles qui menacent notre souveraineté ». Cette nuance permet au parti de reconnaître partiellement le phénomène tout en critiquant les politiques environnementales européennes, perçues comme une atteinte à l’indépendance nationale.
Cette approche s’inscrit dans une volonté de ne pas aliéner son électorat traditionnel, tout en évitant les polémiques inutiles. « Notre priorité reste la défense des Français, pas la défense d’un dogme climatique », a précisé un porte-parole du RN, sous couvert d’anonymat.
Pour l’heure, le parti semble privilégier une posture de « réalisme climatique », évitant soigneusement les débats frontaux sur la science du climat tout en critiquant les politiques environnementales perçues comme trop libérales ou technocratiques.