Le Caire pourrait bientôt concrétiser un nouveau contrat avec Dassault Aviation. Selon BFM Business, qui s’appuie sur les informations de La Tribune, l’Égypte aurait lancé un appel à propositions techniques et commerciales (RFP) en vue de l’acquisition de 24 Rafale supplémentaires. Si cette commande aboutissait, elle porterait à 78 appareils la flotte égyptienne de l’avion de combat français, dont 54 doivent être livrés d’ici la fin de l’année 2026.

Ce projet s’inscrit dans un contexte de relance des acquisitions militaires égyptiennes, après une période de ralentissement due à des difficultés financières. L’armée de l’air égyptienne doit en effet commencer à remplacer une partie de ses 200 F-16 encore en service, dont les plus anciens remontent aux années 1980. Un marché colossal s’ouvre donc pour Dassault, alors que la Chine multiplie ses efforts pour placer ses propres appareils sur le continent africain.

Ce qu'il faut retenir

  • L’Égypte a lancé un appel à propositions techniques et commerciales (RFP) pour l’achat de 24 Rafale supplémentaires auprès de Dassault Aviation.
  • Si la commande est confirmée, la flotte égyptienne de Rafale passera à 78 appareils, dont 54 doivent être livrés avant la fin 2026.
  • Le Caire doit moderniser sa flotte de F-16, certains en service depuis les années 1980, offrant un marché potentiel pour Dassault.
  • La France et l’Égypte ont renforcé leur partenariat stratégique en avril 2025, avec un accent particulier sur la défense.
  • Dassault Aviation a déjà livré 300 Rafale depuis 2004, et son carnet de commandes explose grâce aux succès à l’export.

Un partenariat historique entre la France et l’Égypte

L’Égypte occupe une place particulière dans l’histoire du Rafale. Elle fut, en 2015, le premier client étranger à se tourner vers l’avion de combat français, avec une commande initiale de 24 appareils. Le pays a ensuite renforcé sa flotte en 2021 en signant un contrat pour 30 Rafale supplémentaires, évalué à 3,95 milliards d’euros et financé par un prêt sur 10 ans, garanti à 85 % par la France.

Cette nouvelle commande potentielle s’inscrit dans la continuité d’un partenariat stratégique entre Paris et Le Caire. Lors de la visite d’Emmanuel Macron en Égypte en avril 2025, les deux pays ont en effet élevé leur relation au rang de « partenariat stratégique », avec la défense comme pilier central. Le président français avait alors salué le rôle pionnier de l’Égypte dans l’export du Rafale, soulignant que ce contrat avait « ouvert la voie à ses futurs succès à l’export ».

Une offensive commerciale face à la concurrence chinoise

Le regain d’intérêt égyptien pour le Rafale intervient alors que Dassault Aviation doit faire face à une concurrence accrue, notamment de la part de la Chine. Pékin multiplie les efforts pour placer ses propres avions de combat sur le continent africain, où les besoins en modernisation des flottes aériennes sont importants. Pour l’avionneur français, ce marché représente une opportunité majeure, alors que ses usines tournent déjà à plein régime.

Dassault a en effet récemment agrandi ses capacités industrielles pour atteindre une production de trois Rafale par mois dès 2026, puis de quatre appareils par mois d’ici 2028-2029. Le groupe a d’ailleurs terminé la fabrication du 300e exemplaire de l’appareil, entré en service dans la Marine nationale en 2004 avant d’être déployé dans l’armée de l’Air et de l’Espace deux ans plus tard. Longtemps critiqué pour ses échecs à l’export – notamment en Corée du Sud, au Maroc, à Singapour ou au Brésil –, le Rafale s’est imposé en une décennie comme l’un des grands succès français à l’international.

Un Rafale de plus en plus plébiscité à l’étranger

Après l’Égypte, le Qatar, l’Inde, la Grèce, la Croatie, les Émirats arabes unis, l’Indonésie et la Serbie ont choisi le Rafale. L’Inde, en particulier, pourrait représenter un marché colossal : le pays a signé en avril 2025 un contrat pour 26 Rafale Marine et pourrait acquérir jusqu’à 114 appareils supplémentaires. Un potentiel qui pourrait encore gonfler le carnet de commandes de Dassault, déjà bien rempli avec 233 commandes en attente.

Outre les contrats directs avec Dassault, l’Égypte a également signé deux accords avec des entreprises françaises. Un contrat d’environ 200 millions d’euros a été conclu avec MBDA et Safran Electronics & Defense pour l’acquisition d’équipements associés. Ces partenariats illustrent l’étendue de la coopération industrielle entre les deux pays, au-delà des seuls avions de combat.

Et maintenant ?

La confirmation de cette commande dépendra des négociations en cours entre Dassault Aviation et les autorités égyptiennes. Si un accord est trouvé, il devrait être annoncé d’ici la fin de l’année, alors que l’Égypte doit commencer à remplacer ses F-16 vieillissants. Pour Dassault, cette nouvelle commande viendrait renforcer sa position sur un marché stratégique, alors que la production s’accélère pour répondre à la demande croissante.

Reste à voir si d’autres pays suivront l’exemple égyptien. Le Rafale, après des années de promotion difficile, semble désormais bien parti pour s’imposer comme l’un des avions de combat les plus demandés au monde.

L’armée de l’air égyptienne doit moderniser sa flotte, composée de 200 F-16 dont les plus anciens datent des années 1980. Ces appareils, bien que toujours opérationnels, nécessitent un remplacement progressif pour maintenir la capacité opérationnelle de l’armée.