Pour préserver ses fonctions cognitives, les jeux de réflexion comme le sudoku ne seraient pas la solution la plus efficace, selon le neurologue Douglas Scharre de l’université de l’Ohio. Dans une analyse rapportée par Top Santé, ce spécialiste souligne que les interactions sociales jouent un rôle bien plus déterminant dans la stimulation du cerveau.

Ce qu'il faut retenir

  • Les jeux de réflexion comme le sudoku ne constituent pas la meilleure stimulation cognitive, selon le neurologue Douglas Scharre de l’Ohio State University.
  • Les interactions sociales seraient bien plus bénéfiques pour maintenir un cerveau actif et en bonne santé.
  • Le spécialiste s’appuie sur des recherches récentes pour étayer cette affirmation.
  • La stimulation cognitive par le biais social s’avère plus efficace que les exercices individuels classiques.

Un changement de paradigme dans la stimulation cognitive

Contrairement aux idées reçues, les jeux de société ou les casse-têtes mathématiques ne seraient pas les outils les plus adaptés pour préserver ses capacités cérébrales. Douglas Scharre, directeur du département de neurologie cognitive à l’Ohio State University, a partagé cette analyse dans les colonnes de Top Santé. Pour lui, « les interactions sociales stimulent davantage de zones cérébrales que les exercices individuels, et ce de manière plus durable ».

Selon ce spécialiste, les échanges verbaux et les activités collectives activent simultanément des réseaux neuronaux variés, notamment ceux liés à la mémoire, au langage et à la prise de décision. « Parler avec d’autres personnes, participer à des discussions ou même simplement écouter des récits active des mécanismes cérébraux complexes », précise-t-il. Autant dire que la socialisation pourrait être la clé d’un vieillissement cérébral réussi.

Les limites des jeux de réflexion traditionnels

Les jeux comme le sudoku ou les mots croisés sont souvent recommandés pour maintenir l’acuité mentale. Pourtant, Douglas Scharre nuance leur efficacité. « Ces exercices sollicitent principalement la mémoire de travail et certaines fonctions logiques, mais ils ne couvrent pas l’ensemble des capacités cognitives », explique-t-il. Bref, ils ne suffisent pas à eux seuls à stimuler le cerveau de manière optimale.

D’après ses observations, les bénéfices des jeux de réflexion restent limités dans le temps et ne s’appliquent qu’à des domaines spécifiques. En revanche, les interactions sociales, en impliquant des réponses émotionnelles et des ajustements cognitifs constants, offriraient une stimulation bien plus complète. « Le cerveau est un organe social par excellence. Il a besoin de ces échanges pour rester performant », souligne le neurologue.

Des preuves scientifiques à l’appui

Les travaux de Douglas Scharre s’appuient sur des études en neurosciences mettant en lumière les effets de la socialisation sur la santé cérébrale. Selon ses recherches, les personnes âgées engagées dans des activités sociales régulières présentent un déclin cognitif ralenti de 26 % par rapport à celles qui s’isolent. « Ces chiffres montrent clairement que le lien social est un facteur protecteur majeur », indique-t-il.

Ces résultats rejoignent d’autres études récentes, comme celles publiées dans la revue Neurology, qui démontrent que les interactions sociales fréquentes réduisent les risques de maladies neurodégénératives. « Cela ne signifie pas qu’il faut abandonner les jeux de réflexion, mais simplement les compléter par des activités sociales », tempère le spécialiste.

Et maintenant ?

Si les conclusions de Douglas Scharre ouvrent de nouvelles perspectives pour la prévention des troubles cognitifs, leur application concrète reste à préciser. Les professionnels de santé pourraient-ils intégrer davantage les interactions sociales dans les programmes de stimulation cognitive ? La question reste posée, mais les pistes sont prometteuses.

Pour les particuliers, l’enjeu est désormais de diversifier les activités stimulantes, en privilégiant les échanges humains plutôt que les exercices solitaires. Reste à voir si cette approche sera adoptée à grande échelle par les politiques publiques de santé cognitive.