Une influenceuse congolaise devenue critique virulente du pouvoir à Kinshasa a été transférée dans la nuit de lundi à mardi 1er septembre 2026 en République démocratique du Congo (RDC), après son arrestation la veille en Tanzanie. Selon nos confreres de RFI, Denise Mukendi, ancienne partisane du président Félix Tshisekedi, est désormais détenue dans la capitale congolaise. Son cas marque la première d’une série d’arrestations annoncées par les autorités congolaises contre des opposants présumés.
Ce qu'il faut retenir
- Denise Mukendi, influenceuse congolaise, a été arrêtée le 30 août 2026 en Tanzanie sur la base d’un mandat congolais.
- Elle a été transférée à Kinshasa dans la nuit du 31 août au 1er septembre 2026, selon les informations de RFI.
- Ex-partisane de Félix Tshisekedi, elle est désormais une critique ouverte du pouvoir et soutient le groupe armé AFC/M23.
- Plusieurs dossiers judiciaires lui sont reprochés, sans que les autorités n’aient précisé leur contenu pour l’instant.
- Le porte-parole du gouvernement congolais a évoqué une offensive judiciaire et numérique contre ses détracteurs.
Une figure opposée au régime en ligne et hors ligne
Denise Mukendi s’est imposée ces derniers mois comme une voix critique envers le président Félix Tshisekedi, après avoir longtemps affiché son soutien à son camp politique. Son basculement dans l’opposition s’est accompagné d’un engagement actif en faveur du groupe armé AFC/M23, une milice active dans l’est de la RDC. Les autorités congolaises, qui n’ont pas détaillé les charges retenues contre elle, semblent avoir utilisé des canaux judiciaires internationaux pour organiser son rapatriement forcé.
Cette arrestation s’inscrit dans un contexte de tension accrue entre Kinshasa et les mouvements rebelles soutenus par Kigali, notamment le M23. Les autorités congolaises accusent régulièrement des personnalités publiques de collusion avec ces groupes, une pratique qui s’est intensifiée ces derniers mois sous la pression des combats dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.
Une offensive judiciaire annoncée par Kinshasa
Lors d’une déclaration officielle, le porte-parole du gouvernement congolais a présenté cette arrestation comme le premier acte d’une série de mesures contre les « ennemis de la République ». Sans préciser de noms, il a évoqué une « offensive judiciaire et numérique » visant à museler les voix dissidentes, qu’elles soient politiques ou médiatiques. Cette stratégie s’appuie sur des mandats d’arrêt internationaux et une coopération accrue avec les pays voisins pour faciliter les extraditions.
Les observateurs s’interrogent cependant sur la légitimité des procédures utilisées, d’autant que les dossiers judiciaires évoqués par les autorités restent flous. Denise Mukendi n’est pas la première personnalité à être ciblée de cette manière : plusieurs figures de l’opposition ou des médias ont été contraintes à l’exil ou détenues ces dernières années dans des conditions similaires. La rapidité de son transfert depuis la Tanzanie suggère une coordination étroite entre les services de sécurité congolais et leurs homologues tanzaniens.
En attendant, la famille de Denise Mukendi et ses soutiens appellent à sa libération immédiate, dénonçant une instrumentalisation politique de la justice. Une mobilisation sur les réseaux sociaux est en cours, mais les autorités congolaises ont jusqu’ici ignoré ces appels, insistant sur la nécessité de « rétablir l’ordre constitutionnel ».