La colère monte dans le monde agricole. Elle porte sur le ciblage des contrôles environnementaux, jugés trop rares envers les exploitants. Selon Reporterre, qui publie ce 7 juillet 2026 le bilan annuel de l’Office français de la biodiversité (OFB), seulement 15 % des 154 344 contrôles réalisés en 2025 ont concerné des agriculteurs. Un chiffre qui interroge, alors que le secteur est régulièrement pointé du doigt pour son impact sur les écosystèmes.

Ce qu'il faut retenir

  • 154 344 contrôles ont été menés par l’OFB en 2025, soit une hausse de 13,7 % par rapport à 2024
  • Seulement 15 % de ces contrôles visaient directement des agriculteurs
  • L’OFB a augmenté de 56 % ses interventions liées aux crises sanitaires et à la protection de l’eau
  • Les contrôles portaient notamment sur le respect des règles de protection de la nature et la gestion des ressources naturelles
  • Le bilan a été publié le 7 juillet 2026, confirmant une année de hausse continue des missions de police de l’environnement

Des contrôles en hausse, mais un ciblage contesté

L’OFB, qui assure la police de l’environnement en France, a intensifié ses activités en 2025. Avec 154 344 contrôles, son bilan affiche une progression de 13,7 % par rapport à l’année précédente. Les missions couvraient trois grands axes : le respect des règles de protection de la nature, la gestion des crises sanitaires et la préservation de la ressource en eau. Autant dire que les enjeux étaient vastes. Pourtant, la répartition des contrôles suscite des interrogations.

Alors que l’agriculture est souvent citée comme un secteur à fort impact environnemental, notamment en matière de pesticides ou de gestion des sols, seuls 15 % des interventions ont visé des agriculteurs. Une proportion que certains syndicats agricoles qualifient de « dérisoire » et qui alimente les tensions entre le monde paysan et les autorités environnementales. « L’OFB a augmenté de 56 % ses contrôles liés aux crises sanitaires », a précisé l’office dans son rapport, sans pour autant détailler la répartition exacte de ces missions.

Une hausse des contrôles environnementaux, mais pas que sur les agriculteurs

Les contrôles de l’OFB ne se limitent pas au secteur agricole. En 2025, l’office a élargi son champ d’action à la protection de la biodiversité, avec des interventions ciblant les zones humides, les forêts ou encore les espèces protégées. Les crises sanitaires, comme les épizooties ou les contaminations de l’eau potable, ont également mobilisé ses équipes. Une approche globale qui répond à une exigence croissante de transparence et de prévention.

Pour autant, la question du ciblage reste entière. Les associations environnementales, elles, soulignent que la pression sur les agriculteurs reste insuffisante. « Les contrôles doivent être plus équilibrés », estime un porte-parole de France Nature Environnement, contacté par Reporterre. « On ne peut pas demander aux agriculteurs de respecter des normes strictes sans vérifier que ces normes sont appliquées. »

« L’OFB a augmenté de 56 % ses contrôles liés aux crises sanitaires et à la protection de la ressource en eau en 2025. »
Office français de la biodiversité, bilan 2025

Et maintenant ?

L’OFB devrait publier d’ici la fin de l’année 2026 une analyse détaillée de la répartition de ses contrôles. Une cartographie plus fine des interventions permettra de mieux comprendre si le déséquilibre persiste entre les différents secteurs économiques. Les syndicats agricoles, de leur côté, appellent à une « concertation renforcée » avec les autorités pour éviter de nouvelles tensions. Reste à voir si ces demandes seront prises en compte dans les prochains bilans.

En attendant, la question du contrôle environnemental en agriculture reste un sujet de crispation, alors que la France s’est engagée à réduire son empreinte écologique dans le cadre des accords climatiques internationaux.

Selon Reporterre, l’OFB justifie cette répartition par une augmentation globale de ses missions, notamment sur les crises sanitaires et la protection de l’eau. Cependant, les associations et certains syndicats agricoles estiment que les contrôles restent insuffisants dans le secteur agricole, où les impacts environnementaux sont souvent pointés du doigt. L’office n’a pas encore détaillé la répartition exacte de ses contrôles en 2025.