Selon Euronews FR, l'Union européenne a fixé une échéance d'octobre pour que la Chine procède à des changements concrets dans ses pratiques commerciales jugées déloyales. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a affirmé que « le dialogue est essentiel, mais il doit déboucher sur des résultats » lors d'une visite officielle à Cork, en Irlande.
Elle a ajouté que « selon la réponse des Chinois, nous agirons à l'automne. Nous sommes prêts à tout : tous les instruments sont déjà sur la table, et nous examinons d'autres options si nécessaire ». Ursula von der Leyen a cité plusieurs points de friction, dont la surcapacité d'exportations chinoises à bas coût, les restrictions imposées aux entreprises européennes et le recours massif aux subventions publiques.
Ce qu'il faut retenir
- L'Union européenne fixe une échéance d'octobre pour que la Chine réalise des progrès commerciaux.
- Les pratiques commerciales chinoises sont jugées déloyales par l'UE.
- La Commission européenne est prête à prendre des mesures si les résultats attendus ne sont pas obtenus.
- Le déficit commercial de l'UE avec la Chine a atteint 360 milliards d'euros l'an dernier.
Contexte et enjeux
Cette mise en garde intervient dans le sillage d'un sommet européen au cours duquel les dirigeants des Vingt-Sept ont donné mandat à la Commission d'adopter une ligne plus ferme vis-à-vis de la Chine, combinant dialogue et recours possible à de nouveaux instruments commerciaux. Bruxelles dispose déjà de l'instrument anti-coercition, permettant de répondre aux pressions économiques de pays tiers, mais celui-ci n'a encore jamais été utilisé.
La Commission travaille désormais à plusieurs outils complémentaires, visant notamment à réduire les dépendances stratégiques et à renforcer la résilience en cas de représailles chinoises jugées probables si l'UE durcit le ton. Le Premier ministre irlandais Micheál Martin a appelé de son côté à préserver le dialogue lors d'une intervention aux côtés de la présidente de la Commission.
Les échanges commerciaux entre l'UE et la Chine
L'an dernier, l'Union européenne a enregistré un déficit commercial record de 360 milliards d'euros avec la Chine, une situation inédite puisque les 27 États membres ont tous affiché un solde négatif. Le commissaire au Commerce Maroš Šefčovič a rencontré son homologue chinois Wang Wentao afin d'examiner les moyens de rééquilibrer les échanges.
À l'issue de cette rencontre, Šefčovič a fixé à octobre l'échéance pour obtenir des « résultats tangibles », estimant que « le statu quo n'est pas une option ». Le président de la commission du commerce international au Parlement européen, Bernd Lange, a toutefois jugé ce calendrier « absolument irréaliste » s'il s'agit d'obtenir des concessions contraignantes.
L'Union européenne devra naviguer dans un contexte géopolitique complexe pour défendre ses intérêts économiques tout en maintenant un dialogue ouvert avec la Chine. Les conséquences d'une éventuelle escalade commerciale entre les deux blocs pourraient être significatives, tant pour les économies européennes que pour la stabilité globale.