Plusieurs artisans boulangers du département de la Drôme ont été victimes de menaces de mort ces dernières semaines, selon Franceinfo – Faits divers. Les faits, signalés auprès des forces de l'ordre, ont donné lieu à une enquête en cours pour extorsion et intimidation, dans un contexte où les commerçants indépendants sont de plus en plus ciblés par des méthodes mafieuses.
Ce qu'il faut retenir
- Six boulangers ont été visés par des appels et messages anonymes entre mai et juillet 2026 dans la Drôme.
- Les menaces incluent des demandes de « contribution financière » et des promesses de représailles en cas de non-paiement.
- Une enquête a été ouverte pour extorsion et intimidation par les autorités locales.
- Les victimes, toutes des petites entreprises indépendantes, dénoncent une montée des rackets dans le secteur artisanal.
- Les forces de l'ordre ont identifié des similitudes entre les modes opératoires des auteurs.
Des menaces répétées visant des artisans locaux
Les premiers signalements remontent au 12 mai 2026, lorsqu’un boulanger de Romans-sur-Isère a reçu un appel anonyme exigeant le versement de 500 euros par semaine sous peine de représailles physiques. D’autres commerçants de la région ont été contactés dans les semaines suivantes, avec des demandes allant de 200 à 1 000 euros, selon les témoignages recueillis par Franceinfo – Faits divers. Tous les échanges ont été rapportés aux gendarmeries de Romans-sur-Isère et de Valence, précise la source.
Parmi les victimes, certaines ont choisi de ne pas céder aux pressions, malgré la peur installée. « On a reçu un message vocal très explicite : « Vous allez regretter de ne pas avoir payé », a confié l’un d’eux à Franceinfo – Faits divers. Les forces de l’ordre ont confirmé avoir enregistré « une augmentation des signalements de ce type en Drôme » ces derniers mois, sans pour autant établir de lien direct entre tous les cas.
Un phénomène qui s’étend au-delà des frontières drômoises
Si l’enquête se concentre actuellement sur la Drôme, les autorités s’interrogent sur une possible extension de ces pratiques à d’autres départements. En 2025, une enquête similaire avait été ouverte dans l’Isère, où plusieurs commerçants avaient été rackettés selon le même schéma. « Il y a une volonté de structurer ces actions pour en tirer un profit illégal, a expliqué une source judiciaire à Franceinfo – Faits divers. Les enquêteurs analysent les similitudes entre les modes opératoires : appels depuis des numéros masqués, messages écrits en langage codé, et utilisation de menaces précises.
Les gendarmes ont également noté que les cibles étaient toujours des petits commerces, difficilement protégés et souvent isolés. « Les boulangers, bouchers, ou même les fleuristes sont des proies faciles, a souligné un officier. Pour l’instant, aucune arrestation n’a été effectuée, mais les investigations se poursuivent activement.
Les artisans réclament plus de protection
Face à cette situation, la Fédération des artisans boulangers de la Drôme a adressé un courrier au préfet du département, demandant « une mobilisation immédiate des forces de l’ordre » et la mise en place de dispositifs de protection. « On se sent abandonnés, a déclaré le président de la fédération, qui évoque une « insécurité grandissante » dans le secteur. Les syndicats professionnels appellent également à une meilleure coordination entre les commerçants pour signaler rapidement les tentatives de rackets.
Les autorités locales ont réagi en renforçant les patrouilles dans les zones commerciales, mais les artisans restent sceptiques. « Une présence policière visible, c’est bien, mais ça ne suffit pas, a tempéré un boulanger de Bourg-de-Péage. Les gendarmes ont indiqué qu’ils traitaient ces affaires « avec la plus grande urgence », tout en rappelant que les enquêtes prennent du temps.
Ce dossier rappelle que le racket des petits commerces reste un fléau persistant, malgré les efforts des forces de l’ordre. Pour les victimes, l’enjeu est double : protéger leur activité tout en évitant de se laisser intimider par des réseaux criminels toujours plus organisés.
Les boulangers, comme d’autres petits commerçants, sont souvent perçus comme des cibles faciles en raison de leur isolement, de leur manque de protection physique et de leur besoin de liquidités régulières pour leur activité. Leurs horaires d’ouverture prolongés et leur présence constante sur place les rendent également plus vulnérables aux pressions directes.