Les inondations dévastatrices qui frappent le Népal et la région autonome du Tibet depuis plusieurs jours ont déjà fait plus de **1 000 victimes**, selon les derniers bilans officiels publiés ce 1er septembre 2026. Les pluies diluviennes, liées à la mousson, ont provoqué des crues éclair et des glissements de terrain dans les vallées himalayennes, submergeant infrastructures et zones habitées. Comme le rapporte RFI, les opérations de secours s’intensifient, mais une partie des opérations se heurte à l’accès aux **12 centrales hydroélectriques** — dont certaines en construction — situées le long de la rivière Bhote Koshi, où **900 ouvriers** seraient toujours bloqués dans des tunnels inondés.

Ce qu'il faut retenir

  • Plus de 1 000 morts recensés au Népal et au Tibet à la date du 1er septembre 2026, selon les autorités locales et les associations humanitaires.
  • 900 ouvriers portés disparus dans les tunnels de centrales hydroélectriques le long de la Bhote Koshi, où les secours peinent à accéder.
  • 12 centrales hydroélectriques — dont des chantiers en cours — touchées par les inondations, selon l’Association des producteurs d’énergie du Népal.
  • Les pluies de mousson, exceptionnellement intenses cette année, sont pointées du doigt pour leur rôle dans l’ampleur des dégâts.

Une région himalayenne dévastée par des pluies historiques

Les autorités népalaises et tibétaines évoquent des précipitations « sans précédent depuis plusieurs décennies », alimentées par un phénomène météorologique amplifié par le changement climatique. Selon les services météorologiques locaux, les cumuls de pluie ont dépassé en quelques jours les moyennes mensuelles, provoquant des crues soudaines dans des vallées encaissées. « Ces intempéries sont d’une violence rare », a déclaré un responsable du ministère népalais de l’Eau et de l’Énergie, cité par RFI. Les régions les plus touchées se concentrent dans les districts de Sindhupalchok et Kavre, où les infrastructures routières et énergétiques ont été largement endommagées.

Des tunnels hydroélectriques transformés en pièges mortels

La situation des ouvriers piégés dans les centrales hydroélectriques de la Bhote Koshi cristallise aujourd’hui l’urgence des secours. D’après l’Association des producteurs d’énergie du Népal, **huit des douze sites concernés** étaient encore en phase de construction au moment des inondations. Les galeries souterraines, conçues pour acheminer l’eau vers les turbines, se sont transformées en pièges mortels lorsque les crues ont submergé les systèmes de drainage. « L’accès est extrêmement complexe, a expliqué un porte-parole des secours. Les éboulements et la boue rendent toute progression périlleuse ». Les équipes sur place utilisent désormais des drones et des robots pour localiser les éventuels survivants, tandis que des pompes géantes sont acheminées pour tenter d’évacuer l’eau des tunnels.

Parmi les centrales les plus touchées figurent celles de **Upper Bhote Koshi** et **Sunkoshi**, deux projets majeurs du pays, dont la mise en service était prévue d’ici la fin de l’année. « Le bilan humain pourrait encore s’alourdir », a prévenu un responsable de l’ONG *Nepal Disaster Rescue*, contacté par RFI.

Un bilan déjà lourd, mais des chiffres provisoires

Si les autorités évoquent plus de **1 000 morts**, ce chiffre reste provisoire et devrait être révisé à la hausse dans les prochains jours. Les disparus, dont les 900 ouvriers des tunnels, s’ajoutent aux victimes des glissements de terrain et des inondations en milieu urbain. À Katmandou, la capitale, les quartiers riverains de la rivière Bagmati ont été évacués en urgence, tandis que les hôpitaux manquent de lits et de médicaments pour soigner les blessés. Les Nations unies ont annoncé l’envoi d’une équipe d’évaluation pour coordonner l’aide internationale, alors que le gouvernement népalais a déclaré l’état d’urgence dans les zones sinistrées.

Et maintenant ?

Les opérations de sauvetage devraient se poursuivre au moins jusqu’à la fin de la semaine, avec l’appui d’équipes internationales spécialisées dans les secours en milieu inondé. Une réunion d’urgence des ministres de l’Énergie des pays de la région est prévue pour le 5 septembre afin d’évaluer les besoins en reconstruction des infrastructures critiques. Par ailleurs, les experts climatologues alertent sur le risque de nouvelles intempéries dans les semaines à venir, « compte tenu de la saison de mousson toujours active ».

Pour l’heure, les priorités restent l’évacuation des rescapés et l’identification des victimes, alors que les températures commencent à chuter dans les zones montagneuses, compliquant les conditions de travail des sauveteurs. Les associations humanitaires appellent à un renforcement des moyens logistiques, tandis que le gouvernement népalais a lancé un appel à l’aide internationale pour financer les opérations de secours et de reconstruction.

Les tunnels des centrales, conçus pour résister à la pression de l’eau, deviennent des pièges lorsque les systèmes de drainage sont submergés. L’accès est rendu dangereux par les éboulements, la boue et la présence d’eau sous haute pression, ce qui limite l’intervention des secouristes. D’après les experts, seule une intervention robotisée ou l’utilisation de pompes industrielles permet d’envisager une évacuation.