La chaîne d’épilation Epil House, dont les prestations étaient largement relayées par des influenceurs sur les réseaux sociaux, fait l’objet de plus d’une centaine de plaintes de la part de clientes, selon BFM - Faits Divers.
Ces signalements concernent des pratiques commerciales jugées trompeuses ou des résultats insatisfaisants après les séances d’épilation. Plusieurs clientes affirment avoir subi des brûlures, des irritations ou des douleurs persistantes, tandis que d’autres dénoncent un manque de transparence sur les méthodes utilisées ou les tarifs pratiqués. La plateforme, qui mise sur des ambassadeurs digitaux pour séduire un public jeune, se retrouve ainsi au cœur d’une polémique juridique et médiatique.
Ce qu'il faut retenir
- Plus de 100 plaintes déposées contre la chaîne Epil House, principalement pour des résultats insatisfaisants ou des complications post-soin.
- Les prestations étaient promues par des influenceurs sur les réseaux sociaux, attirant une clientèle jeune et connectée.
- Plusieurs clientes rapportent des brûlures, irritations ou douleurs après les séances d’épilation.
- Des accusations de manque de transparence sur les méthodes utilisées et les coûts des prestations.
- La chaîne, qui s’appuie sur une communication digitale agressive, est désormais sous le feu des projecteurs judiciaires.
Une stratégie marketing centrée sur les influenceurs
Epil House a bâti sa réputation en s’appuyant sur des partenariats avec des influenceurs, notamment sur Instagram et TikTok, où les prestations étaient présentées comme indolores, rapides et définitives. Les campagnes mettaient en avant des témoignages de clients satisfaits, souvent accompagnés de codes promo pour inciter à la réservation. Pourtant, derrière cette vitrine clinquante, plusieurs clientes dénoncent aujourd’hui des réalités bien différentes.
Les premières plaintes, déposées dès le début de l’année 2026, évoquent des réactions cutanées sévères, allant de simples rougeurs à des lésions plus graves nécessitant des soins médicaux. Certaines clientes affirment avoir été mal informées sur les risques liés à l’épilation laser ou à la lumière pulsée, pourtant au cœur des prestations proposées. « On nous vend un résultat parfait, mais après la séance, c’est l’inverse », témoigne une cliente de Lyon, dont la peau présente encore des traces de brûlures.
Des méthodes et des tarifs pointés du doigt
Outre les complications physiques, plusieurs plaignantes critiquent l’opacité des méthodes utilisées par Epil House. Selon elles, certaines salons emploieraient du matériel non homologué ou des protocoles inadaptés à leur type de peau. Les tarifs, souvent présentés comme « tout compris » dans les publicités, cacheraient en réalité des frais supplémentaires pour les retouches ou les consultations de suivi.
Un rapport interne, consulté par BFM - Faits Divers, révèle que plusieurs salons affiliés à la chaîne n’auraient pas respecté les normes d’hygiène en vigueur. Des contrôles sanitaires menés dans plusieurs villes ont mis en évidence des manquements dans la stérilisation du matériel ou la formation du personnel. Ces dysfonctionnements, s’ils sont confirmés, pourraient aggraver la situation juridique de l’enseigne.
Les réactions des autorités et des influenceurs
Face à l’ampleur des plaintes, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a annoncé l’ouverture d’une enquête pour vérifier la conformité des équipements et des protocoles utilisés par Epil House. Les résultats sont attendus d’ici la fin du mois de juillet 2026. Par ailleurs, plusieurs influenceurs ayant collaboré avec la chaîne ont déjà rompu leurs partenariats, invoquant un « manque de transparence » de la part de l’enseigne.
« Nous prenons ces allégations très au sérieux », a déclaré un porte-parole d’Epil House, tout en rappelant que la société collaborait pleinement avec les autorités. « Nos salons sont régulièrement audités, et nous appliquons des protocoles stricts pour garantir la sécurité de nos clientes. » Pourtant, ces déclarations ne suffisent pas à rassurer les clientes lésées, dont certaines ont déjà saisi la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).
Par ailleurs, les clientes ayant subi des préjudices pourraient engager des actions en justice pour obtenir réparation. Plusieurs cabinets d’avocats spécialisés en droit de la consommation ont d’ores et déjà été contactés par des plaignantes, signe que cette affaire pourrait s’étendre sur le long terme.
Les plaintes visent principalement les séances d’épilation laser et à lumière pulsée, qui représentent la majorité des prestations proposées par la chaîne. Plusieurs clientes dénoncent des réactions cutanées graves après ces soins, ainsi qu’un manque d’information sur les risques encourus.
Oui. Dans un communiqué, la direction d’Epil House a indiqué « prendre ces allégations très au sérieux » et a assuré collaborer avec les autorités sanitaires. La chaîne a également rappelé que ses salons étaient soumis à des audits réguliers pour garantir la sécurité des clientes.