La reine Camilla s’est retrouvée au cœur d’une controverse après avoir publié sur les réseaux sociaux une photo de sa rencontre avec J.K. Rowling, autrice de la saga Harry Potter. Cette publication, réalisée le 30 juin à Édimbourg lors du début de la Royal Week en Écosse, a suscité un tollé en ligne, notamment en raison des prises de position de Rowling sur les questions transgenres. Selon Euronews FR, l’annonce de cette rencontre a provoqué de vives réactions sur les plateformes numériques, certains internautes dénonçant un choix « insensible » compte tenu du calendrier et des déclarations passées de l’écrivaine.
Ce qu'il faut retenir
- La reine Camilla a partagé une photo de sa rencontre avec J.K. Rowling le 30 juin 2026 à Édimbourg, lors du lancement de la Royal Week.
- Les deux femmes ont évoqué leur « passion commune pour les livres » et l’importance de promouvoir la lecture chez les jeunes.
- Cette publication a suscité une vague de critiques, Rowling étant régulièrement associée à des propos jugés transphobes par une partie de l’opinion publique.
- Le calendrier de la rencontre, à la fin du mois des fiertés, a été perçu comme un symbole malvenu par de nombreux internautes.
- Plusieurs personnalités, dont Daniel Radcliffe et Stephen Fry, ont déjà pris leurs distances avec les prises de position de l’autrice de Harry Potter.
Une rencontre au cœur de la Royal Week écossaise
La publication d’un cliché montrant la reine Camilla aux côtés de J.K. Rowling a marqué le début de la Royal Week à Édimbourg, également appelée Holyrood Week. Cet événement annuel célèbre la culture et les réalisations écossaises, tout en mettant en avant des personnalités locales et nationales. D’après le communiqué diffusé par la famille royale, la reine et l’autrice ont échangé sur leur « passion commune pour les livres » et sur l’importance de garantir aux enfants un accès facilité à la lecture. « Sa Majesté et Mme Rowling ont évoqué l’importance de garantir aux jeunes l’accès aux livres et le rôle essentiel que joue la lecture pour ouvrir des portes aux générations futures », précise le texte publié sur les réseaux sociaux.
Pourtant, cette initiative, bien que louable dans ses intentions, a rapidement été éclipsée par le passé controversé de Rowling. En effet, l’écrivaine s’est régulièrement retrouvée au centre de polémiques en raison de ses déclarations concernant les personnes transgenres, perçues comme excluant les femmes trans des droits des femmes cisgenres. Ces prises de position lui ont valu d’être qualifiée de TERF (pour « transgender-exclusionary radical feminist »), un terme rejeté par ses partisans mais utilisé par une partie de la communauté LGBTQ+ pour désigner une position radicale.
Un calendrier symbolique au cœur des critiques
Le choix du 30 juin pour organiser cette rencontre n’a pas manqué de susciter des interrogations. Cette date coïncidait en effet avec la fin du mois des fiertés (Pride Month), une période dédiée à la visibilité et à la célébration des droits des personnes LGBTQ+. De nombreux internautes ont estimé que cette proximité symbolisait un manque de sensibilité de la part de la monarchie britannique. « En plein mois des fiertés, c’est un geste lourd de sens », pouvait-on lire sous une publication en ligne, reflétant l’opinion d’une partie de l’opinion publique.
Sur les réseaux sociaux, les réactions ont été vives. Certains utilisateurs ont rappelé que d’autres figures, moins divisives, auraient pu être mises en avant pour promouvoir la lecture auprès des jeunes. « Il existe beaucoup d’autres personnes admirables à mettre en avant qui défendent la lecture pour les enfants et les jeunes », a écrit un internaute. D’autres ont souligné un décalage entre la famille royale et les attentes sociétales actuelles, qualifiant cette rencontre de « déconnectée ». Un admirateur de la reine et de son Reading Room a quant à lui déclaré : « Je suis profondément déçu qu’elle offre une tribune à J.K. Rowling, quel que soit le mois mais tout particulièrement pendant le mois des fiertés. »
Des prises de position qui divisent depuis des années
Les déclarations de J.K. Rowling sur les questions transgenres ne datent pas d’hier. Depuis plusieurs années, l’autrice multiplie les prises de parole controversées, notamment sur Twitter, où elle a publié des messages jugés transphobes par ses détracteurs. En avril 2025, la Cour suprême du Royaume-Uni a rendu un arrêt établissant que le terme « femme » désigne une personne de sexe féminin biologique, et non une personne transgenre, une décision qui a alimenté les débats sur le sujet. Ces propos ont conduit de nombreuses personnalités, dont des membres de la distribution de Harry Potter, à prendre leurs distances avec elle.
Parmi elles, Daniel Radcliffe, qui a publiquement dénoncé les opinions de Rowling sur le genre, a déclaré dans une interview que ses déclarations étaient « blessantes » et « incorrectes ». Stephen Fry, qui a prêté sa voix aux livres audio de la saga, a également critiqué ses positions. Dans un podcast diffusé en 2025, il affirmait : « J’ai bien peur qu’elle ait été radicalisée, peut-être par des TERF, mais aussi par le flot de vitriol qui lui est adressé. » Il ajoutait : « Cela ne sert à rien et ne fait que la braquer davantage. Elle semble être une cause perdue pour nous. »
Un contexte royal déjà marqué par des tensions sociétales
Cette polémique s’inscrit dans un contexte plus large où la monarchie britannique, déjà sous le feu des projecteurs pour son rôle dans la société moderne, se retrouve régulièrement confrontée à des questions de représentation et d’inclusivité. La reine Camilla, souvent perçue comme une figure plus moderne que son époux le roi Charles III, semble ici avoir sous-estimé l’impact de son choix. La Royal Week, traditionnellement destinée à célébrer l’Écosse et ses succès culturels, a ainsi été éclipsée par un débat bien plus large sur les droits des minorités et la liberté d’expression.
Les réseaux sociaux ont joué un rôle clé dans l’amplification de cette controverse, avec des hashtags comme #BoycottCamilla ou #NotMyQueen qui ont circulé en masse. Certains internautes ont même appelé au boycott des initiatives liées à la famille royale, estimant que cette rencontre illustrait un manque de considération pour les valeurs d’inclusivité et de respect des droits humains.
Cette affaire soulève également une question plus large : comment concilier tradition et modernité dans un environnement où les réseaux sociaux amplifient chaque prise de position ? Pour l’instant, aucune réaction officielle n’a été enregistrée, mais le débat, lui, est loin d’être clos.
La rencontre a été perçue comme un manque de sensibilité en raison des prises de position passées de J.K. Rowling sur les questions transgenres, jugées transphobes par une partie de l’opinion publique. Le calendrier, à la fin du mois des fiertés, a encore aggravé la perception d’un choix inapproprié.
L’acronyme TERF signifie « transgender-exclusionary radical feminist » (féministe radicale excluant les personnes transgenres). Ce terme est utilisé par certains pour décrire des personnes qui rejettent l’idée que les femmes transgenres font partie de la catégorie « femmes ». Il est cependant considéré comme péjoratif par ceux qui l’emploient, et certains le rejettent au profit d’autres formulations.