Selon Reporterre, une étude inédite publiée le 3 juillet 2026 met en lumière la présence généralisée de PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées) dans les eaux de baignade françaises. Réalisée en collaboration avec l’ONG Surfrider Foundation Europe et le laboratoire Eurofins, cette enquête révèle une contamination systémique touchant l’ensemble des 107 sites testés entre juin et juillet 2025.
Cette découverte intervient alors que les PFAS, des composés chimiques persistants utilisés dans de nombreux secteurs industriels, sont déjà pointés du doigt pour leur toxicité et leur capacité à s’accumuler dans l’environnement. Autant dire que la situation dépasse largement le cadre des simples pollutions locales.
Ce qu'il faut retenir
- Une étude inédite, menée par Surfrider Foundation Europe et Eurofins, révèle la présence de PFAS dans 107 sites de baignade en France, dont 80 plages littorales et 27 lacs ou rivières.
- Les prélèvements, effectués entre juin et juillet 2025 par 80 bénévoles de l’ONG, confirment une contamination généralisée, sans exception parmi les sites testés.
- Les sites ont été sélectionnés en croisant des données existantes sur la présence de PFAS dans les eaux, afin d’obtenir un échantillon représentatif.
- Les PFAS, substances chimiques dites « éternelles » en raison de leur persistance, sont utilisées dans des produits comme les revêtements antiadhésifs, les mousses anti-incendie ou encore les textiles imperméables.
- Cette étude intervient dans un contexte où les autorités sanitaires et environnementales s’interrogent sur les seuils d’exposition acceptables, alors que les effets des PFAS sur la santé humaine restent encore partiellement documentés.
Une méthodologie rigoureuse pour un constat accablant
La sélection des sites échantillonnés n’a rien laissé au hasard. D’après Reporterre, les 107 lieux étudiés ont été choisis en croisant plusieurs paramètres, notamment les données disponibles sur la présence historique de PFAS dans les eaux. Autrement dit, l’échantillon ne se limite pas à des zones connues pour leur pollution : il reflète une réalité bien plus large.
Parmi les sites concernés, on compte des plages emblématiques du littoral atlantique, des lacs alpins réputés pour leur pureté apparente, ainsi que des rivières traversant des zones urbaines ou industrielles. Tous ont révélé des taux de PFAS supérieurs aux seuils considérés comme sûrs par certains experts, bien qu’aucun seuil réglementaire officiel n’existe encore pour les eaux de baignade en France.
Les PFAS, une menace invisible mais persistante
Les PFAS sont des molécules synthétiques extrêmement stables, d’où leur surnom de « polluants éternels ». Leur utilisation massive depuis les années 1950 en fait aujourd’hui un problème environnemental majeur. Surfrider Foundation Europe, qui a piloté cette étude, rappelle que ces substances s’accumulent dans les organismes vivants et peuvent provoquer, à haute dose, des effets toxiques sur le foie, le système immunitaire ou même être suspectées d’être cancérigènes.
« Les résultats de cette étude sont une nouvelle preuve que les PFAS sont partout, même dans des milieux que l’on considère comme préservés », a déclaré Antidia Citores, porte-parole de Surfrider Foundation Europe. Elle ajoute : « Il est urgent que les pouvoirs publics agissent pour réduire les émissions de ces polluants et protéger les écosystèmes et la santé humaine. »
Un vide réglementaire à combler
L’un des constats les plus préoccupants de cette étude réside dans l’absence de réglementation stricte concernant les PFAS dans les eaux de baignade. Contrairement aux nitrates ou aux pesticides, pour lesquels des seuils sont définis, les PFAS ne font l’objet d’aucune limite légale en France pour les activités de loisirs nautiques. Les associations environnementales réclament depuis des années la mise en place de normes contraignantes.
En Europe, la Commission européenne travaille actuellement à l’élaboration d’une liste de substances prioritaires, mais le processus est lent. En attendant, les États membres doivent se contenter de recommandations non contraignantes, souvent insuffisantes pour endiguer la pollution. « On a des valeurs guides, mais pas de seuils légaux pour protéger les baigneurs », souligne un expert interrogé par Reporterre.
En conclusion, cette étude rappelle que la pollution par les PFAS ne connaît pas de frontières. Elle interroge sur l’efficacité des politiques environnementales actuelles et sur la capacité des États à protéger les citoyens face à une menace invisible mais omniprésente.
Les PFAS sont suspectés d’être toxiques pour le foie, le système immunitaire et pourraient favoriser certains cancers. Leur accumulation dans l’organisme à long terme est particulièrement préoccupante, bien que les effets à faible dose restent encore à préciser. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) n’a pas encore fixé de seuil sanitaire pour les eaux de baignade, en raison d’un manque de données épidémiologiques.