Selon BFM - Politique, à neuf mois de l’élection présidentielle de 2027, les rapports de force au sein des différents camps politiques évoluent, comme en témoigne une enquête Elabe pour Les Échos, publiée ce vendredi 3 juillet. François Hollande s’impose désormais comme le favori des sympathisants de gauche, tandis qu’Édouard Philippe conserve une avance significative chez les électeurs macronistes. Du côté du Rassemblement national, Jordan Bardella et Marine Le Pen restent largement plébiscités, confirmant leur position dominante au sein de leur électorat.

Ce qu'il faut retenir

  • François Hollande arrive en tête des sympathisants de gauche avec 46 % de bonne image, en hausse de 8 points en un mois.
  • Édouard Philippe devance Gabriel Attal et Gérald Darmanin chez les macronistes avec 74 % de bonnes opinions.
  • Jordan Bardella et Marine Le Pen affichent tous deux un score de 91 % auprès des sympathisants du RN.
  • Jean-Luc Mélenchon recule à 41 %, soit une baisse de 8 points en un mois.
  • Édouard Philippe organise ce dimanche 5 juillet son premier grand meeting parisien pour officialiser sa campagne.

À gauche, François Hollande en tête devant Ruffin et Glucksmann

Le classement des personnalités de gauche connaît un bouleversement notable. François Hollande, ancien président de la République, s’impose désormais comme le favori des électeurs de gauche avec 46 % de bonne image, selon l’enquête Elabe. Une progression de 8 points en un seul mois, qui lui permet de dépasser ses concurrents directs. François Ruffin, jusqu’alors en tête, recule d’une place et voit son capital sympathie chuter de 8 points, s’établissant à 45 %.

Raphaël Glucksmann complète le podium avec 42 %, en légère hausse d’un point. Jean-Luc Mélenchon, lui, enregistre un net recul : après une progression de 6 points en juin, son score retombe à 41 %, soit une baisse de 8 points. Parmi les autres figures de la gauche non-mélenchoniste, Fabien Roussel obtient 41 % (-5 points), tandis que Clémentine Autain et Marine Tondelier affichent respectivement 33 % et 36 % de bonnes opinions.

Chez les macronistes, Édouard Philippe creuse l’écart avec Gabriel Attal

Du côté des électeurs d’Emmanuel Macron, la hiérarchie reste stable, mais Édouard Philippe accentue son avance. Le maire du Havre et ancien Premier ministre recueille 74 % de bonnes opinions auprès des sympathisants macronistes, un score quasi stable (-1 point) depuis le mois précédent. Il devance largement Gabriel Attal, qui voit son capital sympathie diminuer de 2 points, à 67 %, tandis que Gérald Darmanin recule de 5 points, s’établissant à 55 %.

Cette dynamique profite à Édouard Philippe, dont la campagne prend de l’ampleur depuis fin juin. Après un « apéro à distance » avec 10 000 Français, il organise ce dimanche 5 juillet son premier grand meeting à Paris. Plusieurs figures macronistes, dont Maud Bregeon, Mathieu Lefèvre ou Philippe Baptiste, devraient l’épauler lors de cet événement, signe d’un soutien croissant au sein de la majorité.

Au Rassemblement national, Bardella et Le Pen intouchables

Sans surprise, Jordan Bardella et Marine Le Pen dominent largement les intentions de vote chez les sympathisants du Rassemblement national. Tous deux affichent un score exceptionnel de 91 % de bonne image. Marine Le Pen, finaliste à deux reprises à l’élection présidentielle, gagne 2 points sur un mois, tandis que Jordan Bardella en perd un. Cette situation reflète une stabilité relative au sein de l’électorat d’extrême droite, où les deux figures restent incontournables.

Une gauche en quête d’unité et une majorité divisée

Ces résultats soulignent les défis auxquels font face les différents camps politiques à neuf mois du scrutin. Pour la gauche, la question de l’unité reste centrale. Entre Hollande, Ruffin, Glucksmann et Mélenchon, les divisions persistent, même si le premier semble désormais en mesure de fédérer une partie de l’électorat. « Qui incarnera la gauche non-mélenchoniste à la présidentielle 2027 ? » s’interrogeait récemment un éditorial des Échos, reflétant l’incertitude qui domine encore ce camp.

Du côté de la majorité présidentielle, la compétition entre Édouard Philippe et Gabriel Attal s’annonce serrée. Si le premier bénéficie d’une dynamique, le second, plus jeune et proche d’Emmanuel Macron, pourrait séduire une frange de l’électorat centriste. Quant au Rassemblement national, son avance dans les sondages d’intention de vote – bien que non reflétée ici – reste un élément clé du paysage politique français.

Et maintenant ?

La campagne présidentielle de 2027 s’accélère, et les prochaines semaines pourraient voir les positions évoluer rapidement. Édouard Philippe devrait officialiser sa candidature dans les semaines à venir, tandis que François Hollande pourrait être tenté de jouer un rôle central dans la recomposition de la gauche. Pour la majorité, la question d’une éventuelle alliance entre Philippe et Attal se posera, tout comme pour la gauche, celle d’une union face à un RN toujours menaçant. Reste à voir comment les électeurs réagiront à ces dynamiques, d’autant que le contexte socio-économique pourrait jouer un rôle déterminant dans les mois à venir.

Selon les analystes, les prochains sondages, attendus d’ici la rentrée, pourraient révéler de nouvelles tendances, notamment en fonction des prises de parole des différents candidats et des événements internationaux. Une chose est sûre : la course à l’Élysée s’annonce plus ouverte que jamais.

Selon l’enquête Elabe, sa progression de 8 points en un mois s’explique en partie par un effet de « présidentiable » historique. Après plusieurs années en retrait de la vie politique, Hollande bénéficie d’un regain d’intérêt, notamment auprès des électeurs modérés de gauche, qui voient en lui un recours face à la montée de l’extrême droite et aux divisions internes au camp progressiste.

Édouard Philippe organise ce dimanche 5 juillet son premier grand meeting parisien, marquant officiellement le début de sa campagne. D’autres rendez-vous sont attendus dans les semaines à venir, notamment des déplacements en région et des prises de parole sur les grands sujets de société, comme le pouvoir d’achat ou la transition écologique.