Alors que la question des finances publiques s’impose comme un thème central de la campagne pour l’élection présidentielle de 2027, Gabriel Attal, candidat du parti Renaissance et ancien Premier ministre, a détaillé ce jeudi 3 juillet 2026 dans un entretien accordé au Parisien ses propositions pour ramener les comptes de l’État à l’équilibre en dix ans. Selon Le Figaro, il mise sur une réduction de 100 000 postes dans la fonction publique via des départs volontaires, tout en instaurant une règle d’or budgétaire assortie d’une sanction radicale en cas de dérapage.
Ce qu'il faut retenir
- 100 000 postes supprimés dans la fonction publique d’ici 2037, principalement via des départs volontaires, avec un non-remplacement partiel des départs à la retraite
- Un objectif de réduction du déficit public à 3 % du PIB avant 2032, contre 5 % actuellement, avec un cap fixé à 0 % du PIB en 2037 dans une future loi de programmation
- Une « impunité zéro » pour les ministres et hauts fonctionnaires en cas de dépassement budgétaire : démission obligatoire et risque de chute du gouvernement après trois ans de dérive
- Une année blanche sur les prestations sociales en 2028, sauf pour les petites retraites, et des réformes structurelles (retraites, arrêts maladie, assurance-chômage)
- Un référendum prévu en début de quinquennat pour instaurer une règle d’or constitutionnelle en sept ans
Un plan économique pour se différencier de ses concurrents
Dans un contexte où la maîtrise des dépenses publiques devient un enjeu politique majeur, Gabriel Attal assume une approche qu’il présente comme « rigoureuse et sérieuse », et non comme une politique d’austérité. Selon Le Figaro, il cherche ainsi à se distinguer de son rival au sein du bloc central, Édouard Philippe, qui avait évoqué dans les Échos la veille des objectifs similaires, mais avec un calendrier plus ambitieux. Là où le maire du Havre vise un déficit ramené à 2 % du PIB d’ici 2032, le candidat Renaissance affiche une ambition plus modeste à court terme, mais plus exigeante sur le long terme : « 3 % avant 2032 » puis « 0 % du PIB en deux quinquennats, donc en 2037 ».
Pour y parvenir, Attal propose de graver dans le marbre une loi de programmation économique et fiscale sur dix ans, soumise à l’approbation des électeurs après le premier quinquennat. L’objectif affiché est de « convaincre la Commission européenne » de la crédibilité de la trajectoire française, tout en rappelant que ce cadre reste conditionné au verdict des urnes.
Des économies ciblées, principalement dans les dépenses sociales
Le candidat Renaissance chiffre à 120 à 150 milliards d’euros les économies nécessaires pour atteindre ses objectifs, sans recourir à une hausse des impôts. Selon ses déclarations, deux tiers de ces économies devront provenir des dépenses sociales, qu’il juge « hors de contrôle et pesant trop sur ceux qui travaillent ». Dans cette optique, il évoque une « année blanche » sur l’ensemble des prestations sociales dès son premier budget en 2028, à l’exception des petites retraites. Il compte également engager rapidement des réformes de structure dans des domaines sensibles : retraites, arrêts maladie et assurance-chômage.
Cette stratégie s’accompagne d’une critique implicite envers Édouard Philippe, accusé de mener une campagne fondée sur des promesses de « sang et de larmes ». « De mon côté, il ne s’agit pas d’austérité, mais d’être rigoureux et sérieux », a-t-il souligné, insistant sur la nécessité de « construire la France de dans dix ans ».
La fonction publique dans le viseur : suppressions de postes et impunité zéro
Côté fonction publique, Gabriel Attal détaille un plan en deux volets. D’une part, il propose de ne pas remplacer une partie des départs à la retraite, tout en lançant un plan de départs volontaires visant à supprimer 100 000 postes. Certaines administrations seront préservées, comme l’Éducation nationale, les Armées, la Justice et l’Intérieur. D’autre part, il instaure un mécanisme de responsabilité budgétaire inédit : les ministres et directeurs d’administration centrale responsables de dérapages devront quitter leurs fonctions. En cas de non-respect de la trajectoire sur trois ans sans justification par une crise, c’est l’ensemble du gouvernement qui devra démissionner.
« Les ministres et directeurs d’administration centrale qui n’auront pas tenu leur budget devront quitter leur fonction. Si la trajectoire n’est pas respectée pendant trois ans sans qu’une crise ne le justifie, c’est le Premier ministre et le gouvernement qui devront démissionner. »
— Gabriel Attal, selon Le Figaro
Une refonte de l’organisation territoriale et un maire renforcé
Au-delà des mesures budgétaires, le candidat Renaissance annonce une réforme ambitieuse de l’organisation territoriale. Il promet de dévoiler à la rentrée une « carte de France avec de nouvelles collectivités uniques », dans l’objectif de simplifier l’action publique locale. Autre pilier de sa proposition : le maire, qu’il souhaite voir devenir « l’élu le plus puissant de France ». Cette initiative s’inscrit dans une logique de recentralisation du pouvoir au niveau local, tout en répondant à des critiques récurrentes sur la complexité administrative.
Ces annonces interviennent alors que Gabriel Attal et Édouard Philippe doivent intervenir ensemble aux Rencontres économiques d’Aix-en-Provence, où ils présenteront leurs visions respectives de la politique économique française pour les années à venir. Leur rivalité au sein du bloc central s’annonce donc comme l’un des enjeux des mois à venir.
Les prochains mois seront également marqués par les interventions des deux anciens Premiers ministres aux Rencontres économiques d’Aix-en-Provence, où ils devraient préciser leurs propositions et répondre aux critiques. La crédibilité de leurs plans dépendra en grande partie de leur capacité à convaincre sur leur faisabilité technique et leur acceptabilité sociale.
Selon ses déclarations, l’Éducation nationale, les Armées, la Justice et l’Intérieur feraient partie des administrations protégées dans le cadre du plan de suppressions de 100 000 postes dans la fonction publique.
Il mise sur 120 à 150 milliards d’euros d’économies en ciblant principalement les dépenses sociales (deux tiers du total), tout en évitant une hausse des prélèvements obligatoires. Une « année blanche » sur les prestations sociales en 2028 est notamment envisagée.