Une vidéo récente du Dr Miguel Ángel Martínez-González, médecin nutritionniste espagnol et professeur à l’université de Navarre, circule massivement sur les réseaux sociaux. Dans cette séquence, le spécialiste explique que l’insuline, hormone régulatrice du métabolisme, jouerait un rôle central dans la prise de poids, bien plus que la consommation directe de lipides. Selon Top Santé, cette théorie, longtemps marginale, commence à s’imposer dans le débat scientifique autour des régimes alimentaires.

Ce qu'il faut retenir

  • Un médecin espagnol, le Dr Miguel Ángel Martínez-González, met en avant le rôle de l’insuline dans la prise de poids plutôt que celui des graisses.
  • Cette théorie, diffusée via une vidéo virale, s’appuie sur des mécanismes métaboliques précis.
  • L’insuline régule la glycémie mais favorise aussi le stockage des graisses lorsqu’elle est sécrétée en excès.
  • Les régimes pauvres en glucides sont souvent associés à une réduction de la sécrétion d’insuline, ce qui pourrait expliquer leur efficacité.

Une théorie qui prend de l’ampleur sur les réseaux sociaux

Le Dr Martínez-González, dont les travaux portent sur la nutrition et la prévention des maladies métaboliques, a publié des études soulignant le lien entre excès d’insuline et accumulation de graisse corporelle. Selon Top Santé, ses interventions récentes sur les plateformes numériques ont relancé un débat scientifique vieux de plusieurs décennies. « L’insuline est une hormone qui, lorsqu’elle est sécrétée en trop grande quantité, favorise le stockage des graisses », a-t-il déclaré dans une vidéo largement partagée. « Ce n’est pas le gras en lui-même qui pose problème, mais la manière dont notre corps le stocke en réponse à cette hormone. »

Autant dire que cette affirmation bouscule les recommandations nutritionnelles traditionnelles, qui mettent souvent l’accent sur la réduction des lipides dans l’alimentation. Le médecin espagnol insiste sur le fait que les régimes riches en glucides raffinés — pain blanc, pâtes, sucreries — provoquent des pics d’insuline, favorisant à terme une prise de poids. Une position qui rejoint celles défendues par d’autres experts, comme le Dr Jason Fung, pionnier du jeûne intermittent.

Le mécanisme métabolique en cause

Pour comprendre cette théorie, il faut revenir sur le rôle de l’insuline, sécrétée par le pancréas. Cette hormone permet aux cellules de capter le glucose présent dans le sang pour en faire de l’énergie. Lorsqu’un individu consomme des aliments riches en sucres ou en glucides à index glycémique élevé, la glycémie augmente brutalement. En réponse, le pancréas libère de l’insuline pour faire redescendre ce taux. Problème : si cette sécrétion est répétée ou excessive, l’organisme devient moins sensible à l’insuline — on parle alors de résistance à l’insuline. Résultat, les cellules graisseuses stockent davantage de lipides, et le corps prend du poids.

D’après Top Santé, des études épidémiologiques, comme celle menée par l’équipe du Dr Martínez-González, montrent que les personnes suivant un régime méditerranéen — riche en légumes, en graisses saines (huile d’olive, poisson) et pauvre en sucres ajoutés — présentent des taux d’insuline plus stables et une meilleure gestion du poids. « Les lipides ne sont pas les ennemis », précise le médecin. « Ce sont les excès de glucides qui, en stimulant l’insuline, transforment notre corps en machine à stocker les graisses. »

Des implications pour les régimes alimentaires

Cette théorie n’est pas nouvelle, mais elle gagne en visibilité grâce aux réseaux sociaux. Le Dr Martínez-González, qui a coécrit plusieurs ouvrages sur la nutrition, rappelle que les régimes cétogènes ou pauvres en glucides s’appuient précisément sur ce principe : réduire l’apport en sucres pour limiter la sécrétion d’insuline. « En supprimant les glucides raffinés, on réduit les pics d’insuline et, par ricochet, la tendance à stocker les graisses », explique-t-il. Selon Top Santé, cette approche est désormais adoptée par des millions de personnes à travers le monde, bien que les autorités sanitaires restent prudentes quant à ses effets à long terme.

Certains nutritionnistes, comme le Dr Laurence Plumey, soulignent cependant que cette théorie ne doit pas être généralisée. « L’insuline joue un rôle clé, mais la prise de poids est multifactorielle », rappelle-t-elle. « L’activité physique, le stress, le sommeil ou encore la génétique entrent aussi en jeu. » Pour autant, l’idée selon laquelle les glucides pourraient être plus néfastes que les graisses pour le poids commence à s’imposer dans la communauté scientifique.

Et maintenant ?

Plusieurs équipes de recherche, notamment en Espagne et aux États-Unis, travaillent actuellement à des études cliniques pour valider ou infirmer cette théorie. Un essai randomisé, mené par l’université de Navarre, devrait être publié d’ici la fin de l’année 2026. Ses résultats pourraient influencer les recommandations nutritionnelles officielles, notamment celles de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui pourraient revoir leurs lignes directrices sur les glucides d’ici 2027.

En attendant, le débat reste vif. Les réseaux sociaux continuent de propager cette idée, tandis que les experts appellent à la prudence. Une chose est sûre : cette vidéo du Dr Martínez-González a relancé un débat qui promet de durer.

D’après les partisans de cette théorie, réduire les glucides — surtout ceux à index glycémique élevé — peut aider à stabiliser l’insuline et favoriser la perte de poids. Cependant, les experts s’accordent à dire que cette approche doit s’accompagner d’autres mesures, comme une alimentation équilibrée et une activité physique régulière. Les régimes drastiques sont déconseillés sans suivi médical.