Le maire de Perpignan, Louis Aliot, a obtenu gain de cause mardi devant la Cour d’appel de Paris dans l’affaire des assistants parlementaires du Front national (devenu Rassemblement national), selon Le Figaro. Condamné en première instance à dix-huit mois de prison dont six mois ferme sous bracelet électronique, trois ans d’inéligibilité sans application immédiate et 8 000 euros d’amende, l’édile a vu sa peine réduite à un an de prison avec sursis, deux ans d’inéligibilité également avec sursis et 5 000 euros d’amende. Cette décision lui permet de conserver sa fonction à la tête de la mairie de Perpignan, où il a été réélu dès le premier tour en mars 2026.
Ce qu'il faut retenir
- Louis Aliot, maire de Perpignan et président de la métropole, a été condamné en appel à un an de prison et deux ans d’inéligibilité avec sursis, ainsi qu’à 5 000 euros d’amende.
- Cette peine, bien que réduite par rapport à celle prononcée en première instance (dix-huit mois de prison dont six mois ferme sous bracelet électronique), reste assortie d’une inéligibilité, mais sans exécution provisoire.
- Aliot conserve ainsi son mandat municipal, où il a été réélu en mars 2026, et peut envisager un pourvoi en cassation.
- Le procès concerne l’embauche, entre juillet 2014 et février 2015, d’un assistant parlementaire européen dont les activités auraient principalement servi le parti, sans preuve d’un travail effectif pour le Parlement européen.
- Dans un communiqué, Aliot a dénoncé une « trop forte injustice » et apporté son soutien à Marine Le Pen, également condamnée dans cette affaire.
Une condamnation allégée, mais toujours contestée
La Cour d’appel de Paris a donc revu à la baisse la sévérité de la peine prononcée en première instance contre Louis Aliot, comme elle l’a fait pour les 11 autres prévenus de cette affaire. En mars 2025, le tribunal correctionnel de Paris avait infligé à l’élu nationaliste une condamnation bien plus lourde : dix-huit mois de prison, dont six mois ferme à purger sous bracelet électronique, trois ans d’inéligibilité sans exécution provisoire, et 8 000 euros d’amende. En appel, la durée de la peine de prison a été réduite à un an avec sursis, et le montant de l’amende abaissé à 5 000 euros.
Malgré cette atténuation, Louis Aliot considère toujours la décision comme « encore trop sévère ». Dans un communiqué diffusé sur le site de la mairie de Perpignan, il a annoncé son intention de déposer un pourvoi en cassation, tout en saluant un jugement « plus clément et qui tranche considérablement avec l’extrême sévérité de la condamnation en première instance ». « Je veux exprimer toute ma solidarité envers mes camarades mis en cause dans cette affaire et, en tout premier lieu, à Marine Le Pen », a-t-il ajouté, réaffirmant son engagement politique.
Les faits reprochés à Louis Aliot dans l’affaire des assistants parlementaires
L’enquête porte sur l’embauche, entre le 1er juillet 2014 et le 28 février 2015, d’un assistant parlementaire européen, Laurent Salles — décédé depuis — dont les activités auraient principalement servi le Front national (devenu RN), et non le Parlement européen. Selon les investigations, aucun élément probant n’a permis de démontrer que cet assistant ait effectivement travaillé pour les institutions européennes. Le seul élément retenu par l’accusation repose sur un SMS échangé entre Louis Aliot et Laurent Salles. L’édile de Perpignan a toujours contesté ces accusations, affirmant n’avoir tiré aucun profit personnel de cette embauche.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de procédures judiciaires visant plusieurs responsables du RN, dont Marine Le Pen, condamnée en première instance à trois ans de prison, dont un an sous bracelet électronique, et cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire. Ces condamnations, initialement prononcées en 2025, avaient suscité de vives réactions au sein du parti, certains y voyant une instrumentalisation politique de la justice.
Un soutien affiché à Marine Le Pen et une volonté de poursuivre le combat politique
Dans son communiqué, Louis Aliot n’a pas manqué de réaffirmer sa solidarité envers Marine Le Pen, figure centrale du RN, également visée par cette procédure. « Nous continuerons à défendre nos idées, nos valeurs au service du pays et de nos concitoyens », a-t-il déclaré, réaffirmant sa détermination à poursuivre son engagement politique malgré ces condamnations. Cette affaire survient alors que le RN prépare activement les échéances électorales à venir, notamment la présidentielle de 2027, où Marine Le Pen et Jordan Bardella devront affronter un scrutin décisif.
La position de Louis Aliot, maire d’une ville symbolique comme Perpignan, reste donc centrale dans la stratégie du parti. Son maintien à la tête de la mairie lui permet de conserver une tribune politique majeure, tandis que son pourvoi en cassation pourrait, à terme, lui offrir une possibilité de faire annuler sa condamnation.
Contexte et réactions politiques
Cette affaire s’inscrit dans une série de procédures judiciaires visant le RN depuis plusieurs années, souvent dénoncées par ses responsables comme des attaques politiques déguisées. En 2022, Marine Le Pen avait déjà frôlé l’inéligibilité après sa condamnation pour diffusion d’images violentes, une décision qui avait failli l’écarter de la présidentielle. Aujourd’hui, alors que le parti reste en tête des intentions de vote pour 2027, ces condamnations alimentent les débats sur l’impartialité de la justice et les stratégies de communication des partis politiques.
Du côté de l’exécutif, les réactions restent mesurées, bien que plusieurs figures politiques aient réaffirmé l’importance de l’indépendance de la justice. Bruno Retailleau, président de la région Pays de la Loire et membre des Républicains, avait d’ailleurs appelé la justice à être « impartiale » lors du procès de Marine Le Pen en appel, soulignant que « la crédibilité des institutions » en dépendait. Une déclaration qui reflète les tensions persistantes autour de ces affaires judiciaires, perçues comme un enjeu de pouvoir bien au-delà des salles d’audience.
Louis Aliot a annoncé son intention de déposer un pourvoi en cassation. Cette procédure, qui peut prendre plusieurs mois, voire plus d’un an, lui permettrait de contester la décision de la Cour d’appel devant la Cour de cassation. En attendant, il conserve ses mandats et peut continuer à exercer ses fonctions à Perpignan.
À ce stade, rien n’indique que cette condamnation affectera directement la dynamique électorale du RN. Le parti reste en tête des intentions de vote, et Marine Le Pen, malgré sa condamnation, reste une figure centrale. Cependant, l’accumulation de procédures judiciaires pourrait influencer la perception du parti par une partie de l’électorat, notamment en matière de crédibilité et de probité.
Cette décision judiciaire, bien que moins sévère qu’en première instance, ne clôt pas définitivement le dossier pour Louis Aliot et les autres prévenus du RN. Les prochains mois seront déterminants, entre procédures d’appel et préparation des échéances électorales, dans un contexte politique toujours plus tendu.