Pour beaucoup, les vacances riment avec échappatoire. Le temps d’un séjour, les soucis quotidiens s’effacent, laissant place à un regain d’énergie et d’optimisme à leur retour. Pourtant, cette parenthèse bienfaisante semble souvent s’étioler dès les premiers jours de reprise, ramenant son lot de tensions et d’irritabilité. Une étude relayée par Courrier International révèle pourtant que cette quête de détente pourrait aller bien au-delà d’un simple répit temporaire, à condition d’adopter certaines stratégies inspirées des dernières recherches en psychologie.
Selon les travaux cités par nos confrères, il serait possible de transformer ces escapades en leviers durables pour le bien-être mental. Une approche qui s’appuie notamment sur le principe grec de l’eudaimonia – un concept souvent traduit par « épanouissement » ou « bonheur par l’accomplissement ». Une perspective qui remet en question l’idée selon laquelle les vacances ne seraient qu’un pis-aller face à l’épuisement professionnel ou personnel.
Ce qu'il faut retenir
- Les vacances ont un impact mesurable sur le moral et l’énergie, mais cet effet s’estompe souvent rapidement après le retour au travail.
- Des recherches en psychologie suggèrent qu’il est possible de prolonger les bienfaits des congés en adoptant des activités alignées sur le principe d’eudaimonia.
- Le magazine New Scientist, à l’origine de ces travaux, est une référence mondiale en matière de vulgarisation scientifique, couvrant notamment l’impact de l’environnement et des modes de vie sur la santé mentale.
- Optimiser ses vacances ne se résume pas au choix de la destination, mais aussi à la manière dont on conçoit l’expérience vécue sur place.
Des vacances qui laissent une empreinte durable sur le bien-être
Le paradoxe des congés est bien connu : leur effet bénéfique, aussi intense soit-il, semble s’évaporer au rythme des trajets en métro ou des réunions de rentrée. Une étude publiée par le magazine New Scientist et relayée par Courrier International explique pourquoi ce phénomène se produit. Selon les chercheurs, la clé réside moins dans l’endroit choisi que dans la manière dont l’expérience est vécue. Plutôt que de se focaliser uniquement sur la destination, il faudrait, selon eux, privilégier des activités générant un épanouissement profond – une notion centrale dans la philosophie grecque.
Cette approche rejoint les travaux de psychologues comme Martin Seligman, pionnier de la psychologie positive, qui distingue le bonheur éphémère (lié aux plaisirs immédiats) de l’eudaimonia, un état plus stable lié à la réalisation de soi et à la croissance personnelle. Les vacances, si elles sont bien planifiées, pourraient ainsi devenir un outil puissant pour cultiver ce dernier.
L’eudaimonia, ce concept clé pour des congés transformateurs
L’eudaimonia, souvent mal comprise, ne se réduit pas à une simple recherche de plaisir. Elle englobe des activités qui donnent un sens à l’existence : apprendre une nouvelle compétence, s’engager dans une cause, créer des liens sociaux authentiques ou encore explorer des environnements stimulants. « Plutôt que de penser uniquement à l’endroit où vous comptez vous rendre, vous pouvez penser à l’expérience psychique que vous souhaitez en retirer », explique un chercheur cité par Courrier International.
Par exemple, un séjour en randonnée dans les montagnes ne se limite pas à une marche physique : il peut aussi être une occasion de se reconnecter à soi-même, de développer sa résilience ou de renforcer sa capacité à apprécier les petits bonheurs. De même, un voyage culturel dans une ville inconnue peut servir de catalyseur pour élargir ses horizons intellectuels et émotionnels. Ces expériences, bien plus que des photographies souvenirs, laissent des traces durables dans la psyché.
Les types d’activités qui maximisent les effets des vacances
Selon les experts interrogés par New Scientist, certaines activités se distinguent pour leur capacité à ancrer les bienfaits des congés. Parmi elles :
- L’apprentissage de nouvelles compétences : que ce soit un cours de cuisine, une initiation à la poterie ou une session de plongée, ces activités stimulent la neuroplasticité et renforcent la confiance en soi.
- Les interactions sociales profondes : privilégier les moments partagés avec des proches ou des inconnus dans un cadre authentique (un repas chez l’habitant, un atelier collaboratif) plutôt que des visites touristiques superficielles.
- La déconnexion technologique : limiter l’usage des écrans pour se reconnecter à l’instant présent et aux sensations physiques (goûts, odeurs, paysages).
- Les activités en pleine nature : marcher, nager ou simplement s’asseoir dans un parc active des mécanismes de réduction du stress prouvés scientifiquement.
À l’inverse, les activités purement consuméristes – comme passer ses journées dans des centres commerciaux ou enchaîner les musées sans temps de réflexion – risquent de ne laisser qu’une empreinte éphémère. « Les vacances ne doivent pas être une simple pause, mais une opportunité de réinitialiser ses priorités », souligne un psychologue interviewé par le magazine.
Pourquoi ce modèle séduit de plus en plus de voyageurs
Cette approche des vacances, encore marginale il y a quelques années, gagne du terrain face à l’épuisement professionnel et à la quête de sens dans un monde en crise. Les données disponibles montrent une augmentation de 23 % des recherches en ligne sur les termes « voyage transformateur » ou « vacances bien-être » entre 2023 et 2025, selon une étude citée par Courrier International. Un engouement qui reflète une prise de conscience collective : les congés ne devraient plus être perçus comme une parenthèse futile, mais comme un investissement dans sa santé mentale.
Les professionnels du tourisme l’ont bien compris. De nombreux hébergements et agences proposent désormais des formules alignées sur ces principes : retreats de méditation, stages de développement personnel ou séjours « slow travel ». Une tendance qui illustre la porosité croissante entre tourisme et santé, deux secteurs autrefois distincts.
Reste à voir si cette tendance se généralisera, ou si elle restera réservée à une frange de la population disposant des moyens et du temps nécessaires pour en tirer profit. Une chose est certaine : les vacances de demain ne ressembleront peut-être plus à celles d’aujourd’hui.
L’eudaimonia, selon la psychologie positive, désigne un bonheur lié à l’accomplissement et à la croissance personnelle. Contrairement au plaisir immédiat (comme un bon repas ou une détente en bord de mer), elle repose sur des activités qui donnent un sens à l’existence : apprendre une compétence, s’engager dans une cause, créer des liens profonds ou explorer de nouveaux environnements. Ce type de bonheur est réputé plus durable et résistant aux aléas du quotidien.