« On essaie de reprendre le cours normal de la vie ». C’est le message que portent haut les habitants de Biscarrosse, dans les Landes, à l’occasion de cette rentrée scolaire du 1er septembre 2026. Selon nos confrères de Franceinfo - Culture, cette journée est marquée par une émotion particulière pour les quelque 200 familles dont les habitations ont été détruites lors des violents incendies de l’été, qui ont ravagé plus de 3 600 hectares dans la région.

Ce qu'il faut retenir

  • 3 600 hectares ravagés par les incendies de juillet dans les Landes
  • 200 maisons détruites à Biscarrosse, dont certaines à proximité d’une école primaire
  • Une cellule d’écoute psychologique maintenue active pour les élèves et le personnel éducatif
  • 36 000 personnes évacuées pendant l’été, dont une majorité a pu regagner leur domicile
  • Des activités de dédramatisation proposées via le dessin, la danse et la parole pour les enfants
  • Une rentrée scolaire placée sous le signe de la reconstruction et de la résilience

Une rentrée sous le signe de la reconstruction à Biscarrosse

Plus de onze millions et demi d’élèves ont fait leur rentrée ce mardi 1er septembre 2026 en France. Mais dans les zones sinistrées par les feux de forêt, comme à Biscarrosse, l’émotion est palpable. D’après le reportage de Franceinfo, l’école primaire de la commune a choisi de miser sur la joie et le sourire pour marquer cette rentrée. « Je ne sais pas si on passe à autre chose, je pense que ça va rester dans les mémoires, mais on essaie de reprendre le cours normal de la vie », confie une mère d’élève. Pour elle, comme pour beaucoup, cette rentrée est une étape vers la reconstruction après un été marqué par la tragédie.

Les incendies de fin juillet ont laissé des traces profondes. Près de 200 habitations ont été détruites, dont certaines à quelques rues seulement de l’établissement scolaire. Face à l’ampleur du traumatisme, les autorités locales ont maintenu une cellule d’écoute psychologique pour accompagner les enfants et le personnel éducatif. « Ça peut passer par le dessin, la danse, par la gaîté. On essaye aussi de les enrichir de couleurs, parce que c’est important, par la parole, par l’écoute », explique Françoise Belliard, responsable du service Enfance de la commune de Biscarrosse.

Le collège Mermoz dans l’élan de la normalité retrouvée

Au collège Mermoz, l’enthousiasme des élèves est palpable. « J’avais hâte », confie une petite fille en retrouvant ses camarades. Pour les parents, cette rentrée est perçue comme une nouvelle étape, presque un soulagement après des semaines d’incertitude. « Je pense qu’elles sont plus prêtes que nous. Après, c’est une nouvelle étape », estime une mère d’élève. Les activités proposées cette année misent sur la convivialité et la reconstruction collective, avec des ateliers variés pour aider les enfants à exprimer leurs émotions autrement que par la parole.

Pour les 36 000 évacués de l’été, cette rentrée est vécue comme un retour à la normale, mais aussi comme un rappel de la fragilité de leur quotidien. « On était tellement contents de pouvoir réintégrer nos maisons, de rentrer, pour ceux qui ont eu la chance de pouvoir réintégrer leur petit cocon, qu’on aime encore plus vivre ici. On réalise encore plus la chance qu’on a », témoigne une habitante. Cette résilience, mêlée à une certaine urgence à retrouver un semblant de normalité, donne le ton de cette rentrée particulière.

Une cellule psychologique toujours active malgré la fin de l’urgence

Alors que l’été 2026 restera dans les mémoires comme l’un des plus meurtriers en termes d’incendies dans les Landes, les autorités locales ont fait le choix de maintenir un accompagnement psychologique pour les familles et les enfants. « On ne cherche pas à effacer ce qui s’est passé, mais à aider les enfants à vivre avec cette expérience sans que cela ne les paralyse », précise Françoise Belliard. Les méthodes employées sont variées : ateliers artistiques, jeux, discussions encadrées, mais aussi espaces de parole libres. L’objectif ? Permettre aux plus jeunes de retrouver un équilibre, tout en leur rappelant que leur sécurité n’est plus menacée.

Cette approche s’inscrit dans une dynamique plus large de prise en charge post-crise. Dans les Landes, les associations locales et les services de l’État ont collaboré pour proposer un soutien adapté, notamment via des partenariats avec des psychologues spécialisés dans l’accompagnement des victimes de catastrophes naturelles. « L’idée est de ne pas laisser les enfants seuls avec leurs questions », souligne la responsable municipale.

Et maintenant ?

La rentrée scolaire 2026 à Biscarrosse s’inscrit dans une période de transition. Si les incendies de l’été sont désormais derrière les habitants, leurs conséquences psychologiques et matérielles continueront de se faire sentir dans les mois à venir. Les autorités locales prévoient de maintenir les cellules d’écoute psychologique jusqu’à la fin de l’année, tandis que des réunions d’information sur la prévention des risques seront organisées dès l’automne. Par ailleurs, des dispositifs d’aide à la reconstruction des habitations devraient être mis en place dans les prochaines semaines, avec un accompagnement renforcé pour les familles les plus touchées.

Pour les enseignants et le personnel éducatif, cette rentrée est aussi l’occasion de repenser leurs méthodes pédagogiques pour mieux répondre aux besoins des élèves. Certains établissements, comme l’école primaire de Biscarrosse, ont déjà prévu des temps dédiés à la gestion des émotions, intégrés au programme scolaire. Reste à voir si ces initiatives porteront leurs fruits à moyen terme.

Une chose est sûre : cette rentrée ne ressemble à aucune autre. Entre résilience et volonté de tourner la page, les habitants de Biscarrosse montrent une fois de plus leur capacité à se relever, malgré l’ampleur de la crise.