Créé en 2022 pour faire face à l’épizootie d’influenza aviaire, le site d’enfouissement de Petosse, dans le sud de la Vendée, a été réactivé cet été face aux vagues de chaleur qui ont décimé des milliers de volailles. Ouest France a pu visiter ce site, unique en France, en exclusivité, et en révèle les modalités de fonctionnement.
Ce qu'il faut retenir
- Le site de Petosse, dans le sud de la Vendée, a été réactivé cet été pour enfouir des volailles mortes lors des canicules.
- Ce centre avait été mis en place en 2022 pour gérer les mortalités massives liées à l’influenza aviaire.
- En 2026, la canicule a causé la mort de plusieurs milliers de volailles, nécessitant une solution d’urgence.
- Le site fonctionne selon des normes sanitaires strictes, encadrées par les services vétérinaires et la préfecture.
- L’enfouissement reste une méthode autorisée en France pour éliminer les carcasses animales en cas de crise sanitaire.
Un site conçu pour les crises sanitaires majeures
Installé à Petosse, ce site dédié à l’enfouissement des volailles mortes n’a pas été conçu pour un usage permanent, mais pour répondre à des situations exceptionnelles. Ouest France précise qu’il avait été activé une première fois en 2022, lorsque l’épizootie d’influenza aviaire avait provoqué la mort de millions d’oiseaux dans toute la France. Ce centre, l’un des rares en France à proposer cette solution, permet d’éviter la propagation de maladies tout en gérant des volumes importants de carcasses.
La réactivation de ce site cet été s’inscrit dans un contexte climatique de plus en plus marqué par des épisodes de canicule intense. Les éleveurs de Vendée ont été particulièrement touchés, avec des pertes estimées à plusieurs milliers de volailles en quelques jours seulement. « Le site est prêt à fonctionner dès que les conditions sanitaires le nécessitent », a indiqué un responsable local à Ouest France.
Un protocole sanitaire strict pour éviter tout risque
L’enfouissement des carcasses animales fait l’objet d’un encadrement précis par les services vétérinaires et la préfecture. Les zones dédiées sont sélectionnées selon des critères géologiques et hydrologiques pour éviter toute contamination des sols ou des nappes phréatiques. Une fois les carcasses déposées, elles sont recouvertes de chaux vive, puis de terre, afin de neutraliser tout risque microbiologique. « Les normes sanitaires sont les mêmes que celles appliquées lors de l’épizootie de 2022 », a souligné un technicien du site.
Ce procédé, bien que controversé auprès des riverains, reste autorisé par l’État en cas de crise sanitaire majeure. Les autorités rappellent que cette méthode permet d’éviter la dispersion des maladies par les charognards ou les eaux de ruissellement. « C’est une solution de dernier recours, mais elle est efficace et sécurisée », a expliqué un représentant de la Direction départementale de la protection des populations (DDPP).
Un enjeu économique et environnemental pour les éleveurs
Pour les éleveurs de Vendée, la canicule de cet été a entraîné des pertes financières importantes. « Les mortalités ont été très rapides, et il a fallu trouver une solution urgente pour éviter que les carcasses ne deviennent un vecteur de maladie », a témoigné un éleveur local. Le coût de l’enfouissement est pris en charge par l’État dans le cadre des dispositifs de crise sanitaire, mais les éleveurs doivent cependant assumer les pertes en termes de production.
Les professionnels du secteur s’interrogent sur la durabilité de ce modèle, alors que les épisodes de canicule devraient se multiplier avec le changement climatique. « On ne peut pas continuer à enfouir des milliers d’oiseaux chaque été. Il faut trouver des solutions alternatives, comme le compostage ou la valorisation énergétique », a déclaré un représentant de la Chambre d’agriculture de Vendée.
Reste à voir si ces alternatives seront suffisantes pour répondre à l’augmentation des mortalités liées aux canicules, ou si l’enfouissement restera une solution indispensable pour les éleveurs.
L’incinération est techniquement possible, mais elle nécessite des installations spécifiques et coûteuses, souvent éloignées des élevages. En cas de mortalités massives, les capacités d’incinération peuvent être saturées, et le transport des carcasses sur de longues distances pose des problèmes logistiques et sanitaires. C’est pourquoi l’enfouissement reste une solution autorisée en France pour les crises sanitaires majeures.