Alors que la Tanzanie s’apprête à commémorer moins d’un an après les violentes répressions ayant suivi les élections générales d’octobre 2025, les appels à manifester se multiplient dans le pays ce mardi 7 juillet 2026. Selon RFI, cette journée s’annonce particulièrement tendue, dans un contexte où les divisions politiques restent vives et où la crainte d’une nouvelle escalade répressive pèse sur la population.

Ce qu'il faut retenir

  • 518 morts selon une commission gouvernementale lors des violences post-électorales d’octobre 2025 en Tanzanie.
  • L’opposition et des groupes religieux évoquent des milliers de victimes, tandis que des diplomates occidentaux estiment le bilan entre 1 000 et 2 000 morts.
  • Les forces de sécurité tanzaniennes sont pointées du doigt pour leur rôle dans ces répressions.
  • Les appels à manifester ce 7 juillet 2026 s’inscrivent dans un climat de défiance persistante envers le pouvoir en place.
  • Le gouvernement tanzanien n’a pas encore réagi publiquement aux préparatifs de cette journée de protestation.

Un contexte politique toujours explosif

Les élections générales d’octobre 2025, remportées par la présidente sortante, avaient donné lieu à des manifestations massives dans plusieurs régions de Tanzanie. RFI rappelle que les forces de l’ordre avaient alors été accusées d’une répression particulièrement brutale, provoquant une crise politique durable. Aujourd’hui, alors que les autorités appellent au calme, l’opposition maintient sa mobilisation, estimant que les violences policières n’ont jamais été véritablement reconnues ni sanctionnées.

Parmi les organisations appelant à la protestation, certaines exigent la libération de prisonniers politiques détenus depuis les événements de 2025. D’autres réclament une commission d’enquête indépendante, arguant que les chiffres officiels sous-estiment l’ampleur des violences. « La vérité doit éclater, même si cela dérange certains », a déclaré un représentant de la société civile sous couvert d’anonymat.

Des bilans qui s’opposent

Les chiffres avancés par les différentes parties illustrent l’ampleur des désaccords persistants. La commission gouvernementale, nommée après les événements, a conclu à un bilan officiel de 518 morts. Cependant, des sources locales et internationales remettent en cause ce chiffre. Selon des diplomates occidentaux cités par RFI, les violences auraient en réalité fait entre 1 000 et 2 000 victimes. Quant à l’opposition et à certains groupes religieux, ils évoquent des milliers de morts, sans pouvoir fournir de décompte précis.

Ces divergences alimentent les tensions, d’autant que le gouvernement n’a jamais rendu publics les détails de ses enquêtes internes. Pour les manifestants prévus ce 7 juillet, il s’agit moins de contester les chiffres que de dénoncer l’impunité des responsables des exactions commises il y a neuf mois.

La peur de la répression plane sur la journée de mobilisation

Alors que les préparatifs pour cette journée de protestation s’intensifient, une question domine : les autorités tanzaniennes laisseront-elles s’exprimer librement les opposants ? Les craintes d’une nouvelle intervention musclée des forces de sécurité sont réelles, surtout après les rapports accablants d’ONG locales et internationales sur les méthodes utilisées en 2025.

Plusieurs sources locales rapportent que des rassemblements spontanés ont déjà été dispersés violemment dans certaines villes ces dernières semaines. « Nous savons que le risque est élevé, mais nous n’avons pas le choix », confie un militant sous pseudonyme. La société civile, divisée entre prudence et radicalité, tente de coordonner ses actions pour éviter un bain de sang, tout en exigeant justice pour les victimes de 2025.

Et maintenant ?

Si la journée du 7 juillet 2026 se déroule sans incident majeur, elle pourrait marquer un tournant dans le dialogue politique en Tanzanie. À l’inverse, une répression violente risquerait d’aggraver la polarisation du pays, déjà affaibli par des années de tensions ethniques et politiques. Les observateurs internationaux, notamment la Communauté d’Afrique de l’Est et l’Union africaine, appellent déjà à la retenue, tout en soulignant que « la stabilité ne peut être construite sur l’oubli ».

Reste à voir comment réagiront les autorités tanzaniennes. Une réunion d’urgence du conseil des ministres, prévue en fin de semaine, pourrait apporter des éclaircissements sur les intentions du gouvernement face à cette mobilisation. Pour l’heure, la population tanzanienne, elle, semble résignée à devoir choisir entre le silence et le risque.

Les appels à manifester proviennent principalement de l’opposition politique, notamment du Parti pour la Démocratie et le Progrès (CHADEMA) et du Front civique uni (UAC), ainsi que de plusieurs associations de la société civile et groupes religieux. Ces organisations réclament notamment la justice pour les victimes des violences de 2025 et la libération des prisonniers politiques.