Selon Journal du Coin, l’entreprise Tether, spécialisée dans les cryptomonnaies, se retrouve au cœur d’une polémique concernant des allégations de lobbying politique mené au Royaume-Uni. Ces soupçons, qui visent à influencer des décisions réglementaires, suscitent désormais l’attention des autorités et des observateurs du secteur.
Ce qu'il faut retenir
- Tether, émettrice du stablecoin USDT, serait accusée d’avoir mené des actions de lobbying auprès de responsables politiques britanniques pour favoriser ses intérêts dans le cadre de la régulation des cryptomonnaies.
- Ces allégations interviennent alors que le Royaume-Uni finalise sa législation sur les actifs numériques, prévue pour 2026.
- Des documents internes, consultés par Journal du Coin, suggèrent l’existence de réunions et de contacts entre des représentants de Tether et des membres du Parlement britannique.
- Les autorités britanniques n’ont pas encore réagi officiellement, mais une enquête pourrait être envisagée.
Un contexte réglementaire en pleine évolution au Royaume-Uni
Le Royaume-Uni s’apprête à adopter une loi majeure sur les cryptomonnaies, la Financial Services and Markets Bill, dont l’adoption définitive est attendue pour 2026. Ce texte vise à encadrer l’utilisation des actifs numériques et à renforcer la protection des investisseurs. Dans ce cadre, les entreprises du secteur cherchent à faire entendre leur voix, parfois par le biais de démarches de lobbying.
Tether, qui domine le marché des stablecoins avec un volume d’échange quotidien de plusieurs centaines de milliards de dollars, n’échappe pas à cette dynamique. Selon des sources citées par Journal du Coin, des représentants de l’entreprise auraient multiplié les rencontres avec des élus britanniques au cours des 12 derniers mois, notamment à Londres et à Édimbourg.
Des documents internes évoquent des contacts controversés
Des documents internes de Tether, obtenus par Journal du Coin, révèlent l’existence de plus de dix réunions entre des responsables de l’entreprise et des membres du Parlement britannique. Parmi eux figurent des députés membres de la commission des Finances et de la commission des Technologies.
Dans un communiqué, Tether a déclaré : « Nous entretenons un dialogue constructif avec les régulateurs et les législateurs du monde entier pour promouvoir une compréhension claire des enjeux liés aux cryptomonnaies. Notre objectif est d’assurer la stabilité et la transparence du marché, dans l’intérêt des utilisateurs et des investisseurs. » L’entreprise n’a pas précisé si ces échanges relevaient d’une démarche de lobbying officielle.
Une pratique légale, mais sous surveillance
Le lobbying n’est pas illégal au Royaume-Uni, à condition d’être déclaré et transparent. Cependant, les autorités britanniques renforcent progressivement les obligations de transparence pour les entreprises et les groupes d’intérêt. Depuis 2023, les entreprises doivent enregistrer leurs activités de lobbying auprès du Registre des intérêts publics, sous peine de sanctions.
Interrogé par Journal du Coin, un porte-parole du gouvernement britannique a indiqué : « Nous prenons très au sérieux les questions de transparence et d’intégrité dans le secteur des cryptomonnaies. Toute tentative d’influencer indûment le processus législatif fera l’objet d’une attention particulière. »
Ces développements interviennent alors que l’Union européenne finalise son propre cadre réglementaire pour les cryptomonnaies, le MiCA, déjà en vigueur depuis 2024. Les régulateurs internationaux pourraient donc se saisir de l’affaire Tether pour renforcer la coordination sur les questions de lobbying et de conflits d’intérêts.
Pour l’heure, il s’agit d’allégations de lobbying non déclaré de manière exhaustive. Aucune sanction n’a été prononcée, mais une enquête pourrait être ouverte si les autorités estiment que les règles de transparence n’ont pas été respectées.