Plusieurs municipalités françaises, dont Angers, ont récemment décidé de restreindre, voire d’interdire la circulation des trottinettes électriques en centre-ville. Cette décision intervient après une hausse des accidents impliquant ces engins, souvent liés à des blessures graves ou des troubles neurologiques chez les utilisateurs. Selon nos confères de Ouest France, cette tendance s’inscrit dans un mouvement plus large, déjà observé à Saint-Brieuc, Montpellier ou encore Saint-Denis.

Ce qu'il faut retenir

  • Plusieurs villes, dont Angers, interdisent désormais la circulation des trottinettes électriques en centre-ville.
  • Cette mesure fait suite à une augmentation des accidents impliquant ces engins, parfois graves.
  • Des troubles neurologiques et des blessures sont régulièrement signalés parmi les utilisateurs.
  • Angers rejoint une liste croissante de municipalités ayant adopté cette restriction.

Une décision progressive après une phase de prévention

À Angers, la municipalité a opté pour une interdiction pure et simple de la circulation des trottinettes électriques en centre-ville. Cette mesure intervient après une période de prévention, comme l’a indiqué la mairie dans un communiqué. « La multiplication des accidents, notamment ceux entraînant des traumatismes crâniens ou des fractures, a convaincu l’exécutif local d’agir », a précisé un responsable municipal, cité par Ouest France. La ville rejoint ainsi d’autres métropoles ayant déjà pris des mesures similaires, à l’image de Saint-Brieuc ou Montpellier.

Des risques sanitaires et sécuritaires documentés

Les trottinettes électriques, plébiscitées pour leur praticité, sont régulièrement pointées du doigt pour leur dangerosité. Selon les données disponibles, les accidents impliquant ces engins ont augmenté de **plus de 20 %** en deux ans dans certaines villes. Les blessures les plus fréquentes concernent les membres inférieurs, mais les traumatismes crâniens et les commotions cérébrales représentent une part croissante des cas, parfois avec des séquelles neurologiques. « Ces engins, lorsqu’ils sont mal utilisés ou sur des infrastructures inadaptées, exposent leurs utilisateurs à des risques disproportionnés », a souligné un neurologue interrogé par Ouest France.

Un phénomène qui dépasse les grandes métropoles

Si les restrictions sont d’abord apparues dans les grandes villes comme Montpellier ou Saint-Denis, le mouvement s’étend désormais à des agglomérations de taille moyenne. À Saint-Brieuc, par exemple, l’interdiction a été effective dès le début de l’année 2026, après une concertation avec les associations d’usagers et les services de secours. « La sécurité des piétons et des utilisateurs doit primer », a déclaré un élu local. À Angers, la décision a été prise après une évaluation des risques, incluant des retours des services d’urgence et des associations de prévention routière.

« Les trottinettes électriques ne sont pas des jouets. Leur usage en milieu urbain dense, sans infrastructures adaptées, expose à des dangers réels et parfois irréversibles. »
Un responsable de la préfecture de Maine-et-Loire, cité par Ouest France.

Et maintenant ?

D’autres villes pourraient emboîter le pas à Angers dans les prochains mois, à l’approche de la rentrée scolaire et d’une période de forte fréquentation des centres-villes. Une concertation nationale entre les collectivités et l’État est également envisagée pour harmoniser les règles et, le cas échéant, renforcer la réglementation. Reste à voir si ces mesures suffiront à réduire le nombre d’accidents, alors que l’usage des trottinettes électriques reste populaire malgré les risques.

Les associations de défense des usagers appellent, quant à elles, à un meilleur encadrement des infrastructures — pistes cyclables dédiées, limitation de vitesse — plutôt qu’à une interdiction pure et simple. « Plutôt que d’interdire, il faudrait adapter l’espace urbain pour que ces engins puissent circuler en sécurité », a plaidé un représentant d’une fédération d’usagers, interrogé par Ouest France.

Plusieurs villes étudient des solutions comme le partage de vélos ou de trottinettes avec des zones de circulation dédiées en périphérie des centres-villes. Certaines municipalités réfléchissent également à des systèmes de location avec des parcours sécurisés, comme le propose déjà la ville de Nantes avec son réseau de vélos en libre-service.