Les forces ukrainiennes ont de nouveau ciblé la raffinerie d’Oufa, située à plus de 1 000 kilomètres de la frontière ukrainienne, selon les déclarations du président Volodymyr Zelensky. Cette attaque, la deuxième en une semaine, s’inscrit dans une série de frappes de longue portée visant les infrastructures pétrolières russes. Moscou, de son côté, a reconnu pour la première fois un « certain déficit » de carburant dans le pays, alors que l’Ukraine intensifie ses opérations contre les sites énergétiques russes.
Ce qu'il faut retenir
- L’Ukraine a frappé pour la deuxième fois en sept jours la raffinerie d’Oufa, l’un des principaux producteurs de lubrifiants de Russie, selon Volodymyr Zelensky.
- Une usine fabriquant des composants de missiles dans la région de Penza a également été visée, mais les autorités russes n’ont pas confirmé ces attaques.
- Le ministère russe de la Défense affirme avoir intercepté 179 drones ukrainiens au-dessus de 16 régions russes en une journée.
- La Russie reconnaît un « déficit » de carburant, tandis que plusieurs régions instaurent un rationnement.
- Les frappes ukrainiennes ont endommagé des infrastructures énergétiques en Russie, provoquant des coupures d’électricité dans deux quartiers de Moscou.
Une frappe ukrainienne répétée sur une cible stratégique en Russie
La raffinerie d’Oufa, située dans le sud de l’Oural, est l’un des plus grands complexes pétroliers de Russie. Elle produit notamment des lubrifiants et des carburants, et son rayon d’action s’étend sur plus de 1 000 kilomètres depuis la frontière ukrainienne. Selon Volodymyr Zelensky, cette frappe du 8 juillet 2026 constitue une réponse « parfaitement justifiée » aux actions de la Russie en Ukraine.
« La paix est nécessaire, et c’est exactement ce que la direction russe doit comprendre », a-t-il écrit sur X. « La Russie doit mettre fin à sa guerre. Et les dirigeants russes ont tous les moyens de le faire. » Le président ukrainien a également salué « chaque combattant ukrainien qui garantit la précision de nos frappes de longue portée ».
D’autres cibles russes touchées, mais sans confirmation officielle
En parallèle de l’attaque contre Oufa, l’Ukraine aurait visé une usine de production de composants pour missiles dans la région de Penza, à environ 500 kilomètres de l’Ukraine. Aucune autorité russe n’a confirmé ces frappes, et leur vérification indépendante reste impossible à ce stade. Le gouverneur de la région, Oleg Melnitchenko, a simplement indiqué que des débris de drones abattus avaient endommagé une ligne électrique et endommagé un bâtiment en construction.
Un incendie s’est également déclaré dans une sous-station électrique à Lioubertsy, près de Moscou, privant d’électricité deux quartiers de la capitale. Ces événements illustrent l’impact croissant des frappes ukrainiennes sur les infrastructures russes, malgré les démentis des autorités locales.
La Russie confrontée à une crise des carburants et à des pressions politiques
Les attaques quasi quotidiennes contre les sites pétroliers russes ont provoqué une crise des carburants dans plusieurs régions. Dimanche 6 juillet, le président russe Vladimir Poutine a reconnu pour la première fois un « certain déficit » de carburant dans le pays, alors que l’Ukraine poursuit ses opérations contre les infrastructures énergétiques.
« Nous voyons les problèmes, nous en avons conscience et nous y répondons, mais nous garantirons assurément la sécurité du pays et de nos citoyens, ainsi que l’inviolabilité des frontières de la Russie », a déclaré Poutine lors d’un discours. Cette admission intervient alors que l’invasion russe de l’Ukraine entre dans sa cinquième année, avec des conséquences économiques et logistiques de plus en plus visibles.
L’Ukraine étend ses opérations au-delà des sites pétroliers
Les forces ukrainiennes ne se limitent pas aux infrastructures pétrolières. Le Service de sécurité ukrainien (SBU) a revendiqué une frappe contre l’aérodrome militaire de Saki, en Crimée, visant les hangars abritant des avions de chasse. Cinq impacts de drones ont été confirmés, endommageant du matériel dont la valeur est estimée entre 30 et 50 millions de dollars par appareil. Une unité spéciale du SBU, l’« Alpha », avait déjà mené des attaques contre des navires de ravitaillement militaire à Kertch.
Selon Mykhailo Fedorov, ministre ukrainien de la Défense, ces frappes de drones freinent l’avancée russe en privant l’armée de ses voies d’approvisionnement. « Les Russes ont désormais de gros problèmes pour acheminer l’infanterie vers la ligne de front et l’approvisionner », a-t-il souligné mercredi 9 juillet.
Baisse des frappes russes sur l’Ukraine, mais menace persistante
Alors que l’Ukraine intensifie ses attaques en profondeur sur le territoire russe, la Russie a réduit le nombre de drones et de missiles lancés contre son voisin. Selon une analyse des données de la force aérienne ukrainienne publiée par l’AFP, Moscou a tiré 5 749 drones et 180 missiles en juin 2026, soit une baisse de 29 % pour les drones et de 15 % pour les missiles par rapport à mai. Cette diminution intervient après plusieurs mois de frappes record.
Cependant, les attaques russes restent une menace constante pour les civils ukrainiens. En juin, des frappes ont tué des habitants dans plusieurs villes, dont un monastère classé à l’UNESCO à Kyiv, endommagé par un incendie sur sa toiture. Malgré cette baisse relative, la Russie maintient une pression militaire sur l’Ukraine, tout en subissant des représailles de plus en plus ciblées.
L’Ukraine mise sur des opérations de long terme pour faire plier la Russie
La semaine dernière, Zelensky a annoncé l’approbation d’une « opération d’influence » de 40 jours contre la Russie, visant à la contraindre à mettre fin à la guerre. Cette stratégie s’appuie sur des frappes contre les infrastructures militaires et énergétiques, mais aussi sur des actions d’information pour isoler Moscou sur la scène internationale.
Le mois dernier, l’Ukraine avait déjà frappé une usine produisant des composants clés pour les missiles Iskander à Voronej, dans le sud-ouest de la Russie. Kiev estime que cette attaque « dégraderait sensiblement la capacité de la Russie à fabriquer de nouveaux missiles ». Ces opérations illustrent une volonté ukrainienne de frapper directement les capacités industrielles et logistiques russes, au-delà des lignes de front.
Dans ce contexte, la communauté internationale observe avec attention l’impact des frappes ukrainiennes sur l’économie russe, alors que les sanctions occidentales continuent de peser sur Moscou. La question d’une escalade militaire directe entre les deux pays, bien que peu probable, n’est pas totalement écartée par les analystes.