Une place stratégique au sein de la délégation LR au Parlement européen va bientôt se libérer. Selon Le Figaro, cette opportunité résulte de la nomination d’un proche d’Éric Ciotti, l’eurodéputé Laurent Castillo, en tête de liste du Rassemblement national-Union des démocrates et indépendants (RN-UDR) pour les élections sénatoriales dans les Alpes-Maritimes. Élu en cinquième position sur la liste de François-Xavier Bellamy (7,25 %) lors des européennes de 2024, il avait rejoint l’UDR et l’alliance avec le RN, un choix jugé personnel par certains cadres LR.

Ce qu'il faut retenir

  • L’eurodéputé Laurent Castillo, élu en 2024 sur la liste LR de François-Xavier Bellamy (7,25 %), rejoint le RN-UDR et est désigné tête de liste sénatoriale dans les Alpes-Maritimes pour septembre 2026.
  • Sa place au Parlement européen, initialement éligible, va libérer un siège convoité au sein de la délégation LR, potentiellement attribué à Brice Hortefeux, Nathalie Colin-Oesterlé ou Guilhem Carayon.
  • Guilhem Carayon, eurodéputé sortant et proche d’Éric Ciotti, apparaît comme le favori pour récupérer ce siège stratégique.
  • Le RN-UDR mise sur la fidélité de ses électeurs pour assurer l’élection de Castillo au Sénat en septembre prochain.
  • Cette manœuvre s’inscrit dans la stratégie plus large de rapprochement entre LR et le RN, pilotée par Ciotti depuis plusieurs années.

Un siège à pourvoir dans un contexte politique tendu

La libération de cette place au Parlement européen n’est pas anodine. Selon Le Figaro, Laurent Castillo, professeur de médecine à Nice et proche d’Éric Ciotti, avait été propulsé en position éligible aux européennes de 2024 grâce à ce dernier. Un choix critiqué en interne, certains cadres LR y voyant une décision personnelle plutôt qu’une logique collective. Pourtant, Castillo a rapidement quitté le Parti populaire européen (PPE) pour rejoindre l’UDR, s’affichant aux côtés du leader de ce mouvement, nouvel allié du RN mené par Marine Le Pen et Jordan Bardella.

Son départ pour les sénatoriales, où il devrait être élu grâce au vote des grands électeurs ciottistes, laisse donc un vide dans la délégation LR au Parlement européen. Une vacance qui pourrait être comblée par plusieurs figures du parti, dont Brice Hortefeux, Nathalie Colin-Oesterlé ou Guilhem Carayon, tous trois alliés à la stratégie d’alliance avec l’extrême droite menée par Ciotti.

Guilhem Carayon, l’homme de confiance de Ciotti en pole position

Parmi les candidats pressentis pour occuper ce siège, Guilhem Carayon semble le mieux placé. Eurodéputé sortant, il incarne la ligne dure de la droite, alignée sur les positions du RN sur plusieurs sujets, notamment l’immigration. Son profil, moins connu du grand public mais très actif dans les cercles ciottistes, en fait un candidat idéal pour renforcer l’influence de Ciotti au sein du Parlement européen.

Cette manœuvre s’inscrit dans la continuité de la stratégie adoptée par Ciotti depuis son accession à la présidence de LR en 2022. En alignant une partie du parti sur les positions du RN, il cherche à repositionner LR comme une force centrale de la droite radicale en France, au risque de fracturer davantage le parti. Des critiques internes dénoncent déjà cette alliance, jugée trop risquée sur le plan électoral et idéologique.

Les élections sénatoriales de septembre 2026, un test pour la droite

L’élection de Laurent Castillo au Sénat en septembre prochain sera scrutée de près. Selon Le Figaro, son succès dépendra largement du vote des grands électeurs ciottistes, qui devraient lui assurer une victoire dans les Alpes-Maritimes. Un scénario qui renforcerait encore la mainmise de Ciotti sur LR, tout en accentuant les tensions avec les franges plus modérées du parti, attachées à l’héritage gaulliste et européen de LR.

Cette dynamique intervient alors que LR se prépare déjà aux échéances de 2027, avec la présidentielle en ligne de mire. L’alliance avec le RN, si elle devait se confirmer, pourrait redéfinir les équilibres de la droite française pour les années à venir. Mais elle risque aussi d’aliéner une partie de l’électorat traditionnel de LR, attaché à une ligne plus modérée et pro-européenne.

Et maintenant ?

La prochaine étape sera la désignation définitive du successeur de Laurent Castillo au Parlement européen, une décision qui pourrait intervenir d’ici la fin de l’été 2026. Si Guilhem Carayon est effectivement choisi, cela confirmerait la stratégie de Ciotti de verrouiller LR autour de l’alliance avec le RN. Les prochaines élections sénatoriales, prévues en septembre 2026, seront un premier indicateur de la viabilité de cette alliance. Reste à voir si cette manœuvre permettra à LR de regagner en influence ou si elle accélérera au contraire son déclin face à un RN de plus en plus dominant.

Cette situation intervient par ailleurs dans un contexte où le Parlement européen est confronté à des enquêtes sur l’utilisation des fonds européens par le groupe Identité et démocratie (ID), où siégeait le RN. Une actualité qui pourrait, à terme, compliquer la stratégie de Ciotti et de ses alliés.

Enfin, cette manœuvre soulève une question : jusqu’où Ciotti est-il prêt à aller pour imposer sa ligne ? Si les sénatoriales de septembre confirment son emprise sur LR, la présidentielle de 2027 pourrait être le prochain terrain de bataille pour cette droite recomposée.

Éric Ciotti mise sur Guilhem Carayon pour renforcer l’influence de LR au Parlement européen en alignant le parti sur une ligne dure, proche de celle du RN. Carayon, eurodéputé sortant et proche de Ciotti, incarne cette stratégie d’alliance avec l’extrême droite, un choix qui divise profondément le parti mais qui pourrait, selon Ciotti, repositionner LR comme une force majeure de la droite radicale.

Les prochaines échéances clés seront la présidentielle de 2027, où la stratégie de Ciotti pourrait être mise à l’épreuve. Les élections sénatoriales de septembre 2026 serviront également de test pour mesurer l’étendue de son influence au sein de LR et l’impact de son alliance avec le RN.