Selon Euronews FR, une étude récente menée par l’université Fudan, en Chine, révèle que les taux de vitamine B12 chez les deux parents avant la conception pourraient influencer significativement le risque de malformations congénitales chez l’enfant. Publiée dans la revue Annals of Internal Medicine, cette recherche met en lumière l’importance d’un statut nutritionnel optimal, tant chez la mère que chez le père, dans les mois précédant la grossesse.
Ce qu'il faut retenir
- La vitamine B12 joue un rôle essentiel dans la production de cellules nerveuses, de globules rouges et d’ADN, selon les chercheurs.
- Le risque de malformations congénitales diminue avec l’augmentation des taux de B12, tant chez les mères que chez les pères, bien que l’effet soit plus marqué chez les femmes.
- L’étude a analysé plus de 20 000 échantillons, incluant 3 000 couples et 17 765 femmes, testés avant ou en début de grossesse.
- La prévalence des malformations passe de 49,6 à 16,2 cas pour 1 000 grossesses entre les mères ayant les taux les plus élevés et les plus faibles de B12.
- Les pères présentent aussi un effet protecteur, bien que moins marqué, avec une baisse initiale du risque puis une stabilisation à des niveaux modérés de B12.
Une vitamine aux multiples fonctions, souvent sous-estimée
La vitamine B12, présente dans la volaille, la viande, le poisson et les produits laitiers, est indispensable au bon fonctionnement de l’organisme. Elle participe à la production et au maintien des cellules nerveuses, à la fabrication des globules rouges et à la synthèse de l’ADN. Pourtant, son rôle dans la prévention des malformations congénitales chez l’enfant reste un champ de recherche encore peu exploré, comme le souligne cette étude chinoise.
Les chercheurs de l’université Fudan ont analysé des échantillons sanguins de plus de 3 000 couples ayant tenté une grossesse, ainsi que de 17 765 femmes testées avant ou en début de grossesse. Leurs travaux révèlent que les carences en B12 chez les deux parents, avant même la conception, peuvent avoir un impact sur la santé du futur enfant. Une dimension jusqu’alors négligée dans les études sur la nutrition prénatale.
Chez les mères comme chez les pères, un effet protecteur mesurable
Les résultats de l’étude sont sans équivoque : chez les mères, le risque de malformations congénitales diminue de manière linéaire à mesure que leurs taux de vitamine B12 augmentent. Les données montrent une prévalence estimée des malformations passant de 49,6 à 16,2 cas pour 1 000 grossesses entre les femmes présentant les taux les plus bas et les plus élevés de B12. Un effet protecteur, donc, mais qui ne s’arrête pas là.
Côté paternel, l’impact est également présent, bien que moins marqué. Les chercheurs ont observé une baisse du risque avec l’augmentation initiale des taux de B12, suivie d’une stabilisation une fois ces niveaux jugés modérément élevés. « Ces conclusions confirment que la nutrition des deux parents avant la conception joue un rôle déterminant », a expliqué l’un des auteurs de l’étude. Autant dire que les recommandations nutritionnelles en période préconceptionnelle devraient désormais inclure les deux futurs parents.
Folates et B12 : un duo gagnant pour la santé du fœtus
L’étude chinoise ne s’est pas limitée à la vitamine B12. Les chercheurs ont également mesuré les niveaux de vitamine B9, plus connue sous le nom de folate ou acide folique. Leurs travaux confirment que les mères présentant des niveaux adéquats de folate dans leurs globules rouges en début de grossesse présentent aussi un risque réduit de malformations congénitales. Un résultat qui s’ajoute à une littérature scientifique déjà bien documentée sur le sujet.
Plus surprenant encore, des recherches antérieures avaient déjà mis en évidence des bénéfices à long terme pour les enfants dont les mères avaient des taux suffisants de B12 pendant la grossesse. Une revue systématique publiée en 2026, portant sur 22 études, avait conclu qu’un statut maternel adéquat en vitamine B12 était systématiquement associé à de meilleures performances en langage, mémoire et cognition chez les enfants. Ces données renforcent l’idée que la nutrition prénatale, dès les premiers mois, voire avant la conception, est un pilier de la santé future de l’enfant.
« Nos résultats soulignent l’importance de la nutrition, à la fois paternelle et maternelle, avant la conception et au début de la grossesse. Les carences en vitamine B12 chez le père autour du moment de la conception peuvent aussi influer sur le risque de malformations. »
— Les auteurs de l’étude, université Fudan
Une piste pour réduire les malformations congénitales ?
Les malformations congénitales, qui touchent environ 3 à 5 % des naissances dans le monde selon l’Organisation mondiale de la santé, restent une cause majeure de morbidité et de mortalité infantile. Si cette étude ne permet pas d’établir un lien de causalité directe entre les taux de B12 et la survenue de malformations, elle offre une piste sérieuse pour réduire ce risque. En ciblant la nutrition des deux parents avant même la conception, on pourrait agir en amont sur un facteur de risque modifiable.
Reste à voir si les autorités sanitaires intègreront ces résultats dans leurs recommandations. Pour l’heure, les experts s’accordent à dire que l’adoption d’un régime alimentaire équilibré, riche en viandes, poissons et produits laitiers, pourrait suffire à maintenir des niveaux adéquats de B12. Une raison de plus pour ne pas négliger l’alimentation, avant même que la grossesse ne soit envisagée.
Les principales sources de vitamine B12 sont les viandes (bœuf, agneau), les abats (foie), les poissons (sardines, maquereau), les produits laitiers (lait, fromage) et les œufs. Certains aliments sont également enrichis en B12, comme certaines céréales ou levures alimentaires.
Selon les résultats de l’étude, un régime alimentaire équilibré pourrait suffire à maintenir des niveaux adéquats de B12. Cependant, en cas de carence avérée ou de régime végétalien, une supplémentation pourrait être envisagée, sur avis médical. Il est recommandé de consulter un professionnel de santé pour évaluer ses besoins spécifiques.