Alors que la campagne pour les élections législatives anticipées bat son plein, une partie des cadres et électeurs de droite semblent de plus en plus enclins à privilégier le Rassemblement National (RN) face à La France Insoumise (LFI). C’est ce que révèle Libération, qui met en lumière les déclarations d’Agnès Evren, haute figure des Républicains (LR) et membre de l’équipe de campagne de Sébastien Retailleau.

Ce qu'il faut retenir

  • Une dirigeante LR, Agnès Evren, assume publiquement une préférence pour le RN face à LFI.
  • Son positionnement reflète une tendance croissante au sein de la droite, selon Libération.
  • Cette évolution s’inscrit dans un contexte de montée des tensions politiques avant le second tour des législatives.

Une déclaration qui illustre une recomposition de la droite

Dans un entretien accordé à Libération, Agnès Evren, membre influente de la campagne de Sébastien Retailleau pour les législatives, a assumé sans ambiguïté sa préférence pour le RN en cas de duel face à LFI. « Voter RN est devenu une évidence pour LR et ses électeurs », a-t-elle affirmé, soulignant que cette position n’est pas isolée au sein de la droite. Selon elle, cette inclination s’explique par une opposition radicale aux idées portées par La France Insoumise, jugées incompatibles avec les valeurs traditionnelles de la droite.

Cette prise de position intervient alors que les sondages anticipent un possible face-à-face entre ces deux forces politiques dans plusieurs circonscriptions. Agnès Evren a précisé que cette stratégie ne relève pas d’une alliance formelle, mais plutôt d’un « réflexe naturel » pour nombre d’électeurs de droite, y compris parmi les cadres du parti.

Un positionnement qui divise au sein de LR

Si Agnès Evren assume publiquement ce choix, il convient de rappeler que cette ligne ne fait pas consensus au sein des Républicains. Plusieurs responsables du parti, dont certains proches d’Éric Ciotti, ont récemment réaffirmé leur opposition au RN, tout en critiquant vivement LFI. D’autres, en revanche, estiment que la stratégie du « front républicain » contre l’extrême droite n’est plus tenable dans le contexte actuel.

Interrogée sur les risques de division au sein de LR, Agnès Evren a indiqué que « les électeurs de droite ont désormais une boussole claire : éviter à tout prix l’arrivée de LFI au pouvoir ». Elle a ajouté que cette préférence pour le RN, bien que tactique, pourrait s’inscrire dans la durée si la gauche radicale maintient sa dynamique électorale.

« Voter RN est devenu une évidence pour LR et ses électeurs. [...] C’est devenu un réflexe naturel pour éviter LFI. »
— Agnès Evren, cadre LR et membre de la campagne Retailleau, selon Libération

Un contexte électoral marqué par l’incertitude

Cette déclaration s’inscrit dans un paysage politique particulièrement tendu, à quelques jours du second tour des législatives, prévu le 12 juillet 2026. Les dernières projections placent le RN en tête dans plusieurs régions, tandis que LFI, alliée au Parti Socialiste, tente de mobiliser ses électeurs pour contrer la droite traditionnelle. Autant dire que la stratégie d’alliances ou de reports de voix devient un enjeu majeur pour les partis en lice.

Côté LR, les tensions internes risquent de s’accentuer si certains candidats locaux choisissent de ne pas appliquer la consigne officielle du parti, qui recommande de voter pour le candidat « républicain » le mieux placé, quel qu’il soit. Agnès Evren a d’ailleurs rappelé que « la priorité absolue reste d’empêcher LFI de gouverner », quitte à faire des concessions envers le RN dans certaines circonscriptions.

Et maintenant ?

Dans les prochains jours, les observateurs politiques s’attendent à ce que les appels au « front républicain » se multiplient, notamment de la part des cadres de LR. Une réunion stratégique du parti est prévue ce 8 juillet 2026 pour tenter d’harmoniser les positions. Reste à voir si les électeurs suivront ces consignes, ou si la préférence pour le RN, comme le suggère Agnès Evren, s’imposera comme la norme dans certaines zones.

Le résultat du second tour, qui pourrait rebattre les cartes de la vie politique française, sera scruté de près pour évaluer l’ampleur de ce réalignement à droite.

Dans un contexte où les alliances traditionnelles semblent de plus en plus fragiles, une chose est sûre : la droite, comme une partie de ses électeurs, semble désormais prête à envisager le RN comme une alternative crédible face à la gauche radicale.

Selon Agnès Evren, cette préférence s’explique par une opposition frontale aux idées de La France Insoumise, jugées incompatibles avec les valeurs de la droite. Pour ces électeurs, le RN représente le moindre mal dans un contexte où LFI pourrait arriver au pouvoir.