Les tensions anti-immigration en Afrique du Sud s’intensifient à l’approche des élections municipales prévues en novembre 2026, selon RFI. L’organisation « March and March », à l’origine de cette vague de manifestations, a annoncé vouloir maintenir ses rassemblements chaque jeudi pendant plusieurs mois, jusqu’au scrutin. Ces mobilisations, qui ont déjà causé des violences dans plusieurs villes du pays, suscitent une vive inquiétude dans les townships, où des heurts meurtriers ont été recensés.

Ce qu'il faut retenir

  • Les manifestations anti-immigration organisées par « March and March » devraient se poursuivre jusqu’aux élections municipales de novembre 2026, selon RFI.
  • L’organisation prévoit des rassemblements hebdomadaires, chaque jeudi, pendant plusieurs mois.
  • Un jeune homme a été tué le 30 juin 2026 dans le township d’Alexandra, au nord de Johannesburg, lors d’affrontements liés à ces manifestations.
  • Les autorités sud-africaines restent en alerte face à la montée des tensions xénophobes.

Un climat de méfiance dans le township d’Alexandra

Dans le township d’Alexandra, situé au nord de Johannesburg, la peur s’est installée depuis les violences du 30 juin 2026. Selon les habitants, les relations entre Sud-Africains et étrangers se sont dégradées ces dernières semaines, alimentées par des discours xénophobes lors des rassemblements organisés par « March and March ». « On ne se sent plus en sécurité », confie un résident sous couvert d’anonymat. Les commerces tenus par des migrants, notamment des Somaliens et des Zimbabwéens, sont désormais ciblés par des intimidations régulières.

Des manifestations qui s’inscrivent dans un contexte politique tendu

Les autorités sud-africaines, déjà en proie à des difficultés économiques et sociales, redoutent que ces violences ne s’aggravent à l’approche des élections. « March and March » justifie ses actions par la nécessité de lutter contre la criminalité et le chômage, souvent attribués aux immigrés. Pourtant, les observateurs soulignent que ces discours alimentent une stigmatisation dangereuse. « Ces manifestations ne résoudront aucun problème structurel », a réagi un analyste politique de l’Université du Witwatersrand, cité par RFI.

Un bilan humain déjà lourd

Le 30 juin 2026, un jeune homme de 22 ans, identifié comme un migrant zimbabwéen, a été tué lors d’affrontements avec des manifestants. Selon les rapports de police, les violences ont éclaté après des appels au boycott des commerces étrangers lancés par « March and March ». Les forces de l’ordre ont été déployées en renfort, mais la situation reste volatile. « Nous surveillons de près les mouvements dans les townships », a déclaré un porte-parole du ministère de la Sécurité intérieure.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l’ampleur des violences et l’efficacité des mesures sécuritaires mises en place. Les élections municipales de novembre 2026 pourraient aggraver les tensions si les discours xénophobes continuent de gagner du terrain. Les autorités devraient également renforcer leur communication pour désamorcer les tensions, tandis que les organisations de défense des droits humains appellent à la modération.

La situation reste donc sous haute surveillance, alors que le pays tente de concilier liberté d’expression et maintien de l’ordre public.