Le spécialiste français des gaz industriels Air Liquide a bénéficié d’un regain d’intérêt des investisseurs ce mercredi 1er juillet, avec une hausse de 1,7 % de son action, l’une des plus fortes performances du CAC 40 en repli de 0,8 % sur la journée. Cette progression s’explique notamment par le revirement de Bank of America, qui a relevé son conseil d’investissement sur le titre de deux crans, passant de « sous-performance » à « acheter », tout en rehaussant son objectif de cours à 200 euros, offrant ainsi un potentiel de hausse d’environ 15 %.

Selon BFM Bourse, cette recommandation s’appuie principalement sur la dynamique de la division « électronique » d’Air Liquide, spécialisée dans la production de gaz « ultra-purs » essentiels à la fabrication des semi-conducteurs. Un segment dont la croissance est estimée à 14 % entre 2026 et 2030, soit près du double des prévisions moyennes des analystes.

Ce qu'il faut retenir

  • Bank of America passe à l’achat sur Air Liquide et relève son objectif de cours à 200 euros, soit un potentiel de hausse d’environ 15 %.
  • La division « électronique » du groupe, qui fournit des gaz ultra-purs pour les semi-conducteurs, devrait croître de 14 % entre 2026 et 2030, contre une prévision moyenne des analystes de 7 %.
  • Cette division représente 10 % des revenus d’Air Liquide mais son essor est directement lié à celui de l’intelligence artificielle et des centres de données.
  • 40 % du carnet de commandes d’Air Liquide est aujourd’hui lié aux investissements dans l’IA, selon Bank of America.
  • Les dépenses des groupes de semi-conducteurs devraient passer de 190 milliards de dollars en 2025 à 370 milliards en 2030, boostant la demande en gaz ultra-purs.

Une division électronique en pleine expansion, portée par l’IA

Pour Bank of America, la thèse d’investissement repose sur la croissance exceptionnelle de la division « électronique » d’Air Liquide. Cette branche, encore modeste à l’échelle du groupe avec 10 % de ses revenus, fournit des gaz ultra-purs — des substances chimiques d’une extrême pureté, presque exemptes d’impuretés — indispensables à la fabrication des semi-conducteurs. Ces gaz permettent notamment d’inerter les outils de production, une étape clé pour sécuriser la fabrication des puces électroniques utilisées dans les centres de données et, par extension, dans les systèmes d’intelligence artificielle.

Selon les estimations de Bank of America, les investissements liés à l’IA représentent déjà 40 % du carnet de commandes d’Air Liquide. Une manne qui devrait se traduire par une croissance annuelle de 14 % pour cette division jusqu’en 2030, un rythme bien supérieur aux 7 % prévus par le consensus des analystes. « À court terme, la deuxième usine de Micron dans l’Idaho offre également des opportunités potentielles, et nous estimons qu’Air Liquide est bien positionnée dans ce domaine », souligne la banque dans une note relayée par BFM Bourse.

Un potentiel de croissance qui s’étend sur plusieurs années

Si les retombées de cette dynamique se font déjà sentir, Bank of America estime que les effets les plus significatifs sur les revenus et les marges d’Air Liquide interviendront dans les années à venir. La banque souligne que les projets du groupe dans le secteur des semi-conducteurs s’inscrivent dans des cycles longs, ce qui devrait garantir une visibilité accrue pour les investisseurs. « Nous estimons que le marché devrait accorder de plus en plus d’importance à la meilleure visibilité, à la nature contractuelle des revenus et aux marges qui devraient, à terme, être supérieures à la moyenne », précise Bank of America dans son analyse.

D’ici 2030, les dépenses mondiales des acteurs des semi-conducteurs devraient doubler, passant de 190 milliards de dollars en 2025 à 370 milliards. Une hausse qui devrait directement bénéficier à des fournisseurs comme Air Liquide, dont les gaz ultra-purs sont un maillon indispensable de la chaîne de production. La division « électronique » pourrait ainsi représenter 40 % de la croissance globale du groupe dès 2027, prévue à 4,5 % en données comparables.

Air Liquide, valeur de choix pour les petits porteurs

Avec près de 900 000 porteurs — soit un tiers de son capital — Air Liquide s’impose comme l’une des actions les plus prisées des petits investisseurs en France. Ce mercredi 1er juillet, l’action s’est distinguée par une hausse de 1,7 %, contrastant avec la baisse de 0,8 % du CAC 40. Une performance qui reflète l’engouement pour un titre perçu comme résilient et bien positionné sur un secteur porteur, l’industrie des gaz industriels étant moins volatile que d’autres valeurs technologiques.

Bank of America justifie également son optimisme par la structure contractuelle des revenus d’Air Liquide, souvent sécurisés sur le long terme avec des clients solides. « Le marché devrait accorder une importance croissante à cette stabilité, ainsi qu’aux marges structurellement plus élevées que la moyenne », ajoute la banque, qui table sur une amélioration progressive de la rentabilité du groupe.

Et maintenant ?

Si les perspectives d’Air Liquide semblent solides à moyen terme, plusieurs éléments pourraient influencer l’évolution de son action dans les prochains mois. D’abord, la concrétisation des commandes liées à l’IA, dont la finalisation s’étale sur plusieurs années. Ensuite, la capacité du groupe à maintenir ses marges dans un contexte de forte demande, alors que les coûts de production pourraient être impactés par la hausse des investissements dans les semi-conducteurs. Enfin, l’évolution des taux d’intérêt et la réaction des marchés aux annonces de Bank of America, dont la recommandation « acheter » pourrait attirer de nouveaux investisseurs.

Pour les actionnaires actuels, la priorité reste la capacité d’Air Liquide à transformer cette dynamique sectorielle en résultats financiers concrets, notamment via une amélioration de ses marges et une croissance soutenue de sa division électronique. Les prochaines publications trimestrielles, ainsi que les mises à jour stratégiques du groupe, seront donc particulièrement scrutées.

La banque américaine a revu son avis en raison de la forte croissance attendue pour la division « électronique » d’Air Liquide, liée à l’essor de l’intelligence artificielle et des semi-conducteurs. Selon ses estimations, cette branche devrait croître de 14 % par an jusqu’en 2030, un rythme bien supérieur aux prévisions du marché. Bank of America souligne également la visibilité accrue des revenus et des marges supérieures à la moyenne, ce qui rend l’action plus attractive pour les investisseurs.

L’intelligence artificielle joue un rôle clé dans la dynamique actuelle d’Air Liquide, car elle stimule la demande en semi-conducteurs, un secteur pour lequel le groupe fournit des gaz ultra-purs essentiels. Selon Bank of America, 40 % du carnet de commandes d’Air Liquide est aujourd’hui lié aux investissements dans l’IA. Cette tendance devrait se poursuivre, avec une croissance des dépenses des acteurs des semi-conducteurs passant de 190 à 370 milliards de dollars entre 2025 et 2030.