Selon France 24, l’Amérique latine connaît depuis plusieurs mois un basculement politique marqué vers la droite, voire l’extrême droite. L’Argentine, le Salvador, le Chili, mais aussi plus récemment la Colombie et le Pérou ont rejoint cette tendance, dans un contexte de rejet des élites, de recherche d’un alignement avec les États-Unis et de montée des tensions migratoires. Un phénomène qui interroge dans une région encore marquée par les traumatismes des dictatures passées.
Ce qu'il faut retenir
- Cinq pays d’Amérique latine (Argentine, Salvador, Chili, Colombie, Pérou) ont basculé à droite ou à l’extrême droite ces derniers mois
- Ce mouvement s’inscrit dans un rejet des élites politiques et économiques traditionnelles
- La volonté d’un alignement stratégique avec les États-Unis et une rhétorique anti-migratoire renforcent cette dynamique
- Cette droitisation intervient malgré les souvenirs douloureux des régimes autoritaires en Amérique du Sud
- Des ilots de résistance subsistent, notamment au Brésil et au Mexique
Un continent en pleine recomposition politique
Depuis fin 2025, l’Amérique latine assiste à une accélération des changements politiques en faveur de la droite radicale. L’Argentine, avec l’élection de Javier Milei en novembre 2023, a ouvert la voie à une politique économique ultra-libérale et à une critique virulente de l’État. Le Salvador, sous la présidence de Nayib Bukele, a basculé dans un autoritarisme assumé, tandis que le Chili a élu en 2025 un président de droite, après des décennies de gouvernance progressiste.
Plus récemment, la Colombie a vu l’arrivée au pouvoir de Rodolfo Hernández, un homme d’affaires populiste, en juin 2026. Le Pérou, déjà fragilisé par une crise politique chronique, a également basculé dans le giron de la droite lors des dernières élections. Autant dire que la région tourne désormais le dos aux gouvernements de gauche qui dominaient depuis le début des années 2000.
Les causes d’un virage à droite
Plusieurs facteurs expliquent cette droitisation accélérée. D’abord, un rejet massif des élites traditionnelles, jugées corrompues et inefficaces. Les populations latino-américaines, confrontées à des inégalités persistantes et à une insécurité croissante, recherchent des solutions radicales. Ensuite, une volonté d’alignement avec les États-Unis, sous l’influence de l’administration américaine actuelle, qui pousse ses partenaires régionaux à adopter des positions plus conservatrices.
Enfin, la question migratoire s’est imposée comme un thème central dans les campagnes électorales. Les candidats de droite exploitent les frustrations liées à l’afflux de migrants, notamment vénézuéliens, pour promettre un durcissement des politiques frontalières. Comme le rappelle France 24, ce discours trouve un écho particulier dans des pays comme le Chili ou le Pérou, où les tensions sociales autour de l’immigration se sont intensifiées ces dernières années.
« Les populations latino-américaines sont en quête de stabilité et de sécurité, et certains candidats de droite ont su capter cette attente en proposant des solutions radicales », a analysé un politologue interrogé par France 24.
Des régimes autoritaires en héritage
Ce basculement vers la droite survient dans un contexte historique lourd. Plusieurs de ces pays ont connu, au XXe siècle, des dictatures militaires particulièrement meurtrières. Le Chili sous Pinochet, l’Argentine de la junte, ou encore le Pérou des années 1990 sous Fujimori ont laissé des traumatismes profonds. Pourtant, les électeurs semblent aujourd’hui prêts à troquer certaines libertés contre une promesse de sécurité et de prospérité économique.
Cette amnésie sélective interroge les observateurs. Certains y voient une lassitude face aux échecs répétés des gouvernements progressistes, incapables de résoudre les crises sociales et économiques. D’autres soulignent l’efficacité des stratégies de communication des candidats de droite, qui misent sur des discours simplistes et des promesses de « rupture » avec le passé.
Dans ce paysage en mutation, une question se pose : jusqu’où ira cette droitisation ? Les prochaines élections au Brésil et au Mexique pourraient offrir des éléments de réponse dès l’automne 2026.
Plusieurs facteurs expliquent ce phénomène : un rejet des élites traditionnelles, une volonté d’alignement avec les États-Unis, une insécurité croissante et une exploitation politique de la question migratoire. Les échecs des gouvernements de gauche à résoudre les crises sociales et économiques ont également joué un rôle clé.