Le collectif féministe NousToutes s’est félicité, ce mardi 1er septembre 2026, de l’annulation de la tournée du chanteur Patrick Bruel, mis en examen dans quatre dossiers de violences sexuelles. Dans un communiqué, l’association y voit le résultat d’une « forte mobilisation militante » et d’une prise de conscience collective face aux accusations pesant sur l’artiste. Cette décision intervient après des semaines de pression exercées par des responsables politiques, des associations féministes et des citoyens, souligne l’organisation dans son message.

Ce qu'il faut retenir

  • Le collectif NousToutes salue l’annulation de la tournée de Patrick Bruel, mis en examen pour viol et tentative de viol, entre autres accusations.
  • L’association estime que cette décision est le fruit d’une « mobilisation féministe efficace » et d’un « principe de précaution » appliqué par la société civile.
  • Bruel devait entamer 35 dates à partir du 2 octobre 2026, avant d’annuler lui-même sa série de concerts sous la pression médiatique et politique.
  • La ministre déléguée à l’Égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, avait appelé le chanteur à renoncer à sa tournée dès la semaine dernière.

Selon nos confères de BFM - Faits Divers, le collectif féministe a réagi avec satisfaction à l’annulation de la tournée, qu’il qualifie d’« indécente » et d’« insulte envers les victimes ». Une représentante de l’association, s’exprimant sous le prénom de Claudia (qui n’a pas souhaité donner son nom complet), a déclaré : « Nous saluons l’énorme mobilisation féministe qui a permis que Patrick Bruel ne puisse plus se produire sur scène. La leçon, c’est que les mobilisations permettent de déprogrammer de tels agresseurs ».

Le chanteur, âgé de 67 ans, était visé par plusieurs dizaines de plaintes pour agressions sexuelles, dont quatre mises en examen pour viol et tentative de viol. Malgré le principe de présomption d’innocence qui s’applique en droit pénal, le collectif NousToutes défend l’idée qu’un « principe de précaution » doit s’appliquer dans la sphère publique. Claudia a précisé : « La présomption d’innocence est un principe de procédure pénale, il ne s’applique pas à la société civile. Qu’il ait été jugé ou non, s’applique un principe de précaution ».

L’association rappelle que Bruel a, selon elle, « rencontré une grande partie des victimes par son milieu professionnel ». Elle estime que le fait de le laisser se produire sur scène « met en danger les femmes », un argument qui rejoint les dispositions du droit du travail protégeant les salariés contre les risques liés à des agresseurs présumés. Claudia a ajouté : « En droit du travail, on doit protéger toute personne qui pourrait travailler autour de Patrick Bruel. Le laisser se produire sur scène, c’est mettre en danger les femmes ».

Cette position a été partagée par plusieurs responsables politiques, dont la ministre Aurore Bergé, qui a « pris acte » mardi de la décision de Bruel d’annuler sa tournée. Dans un message publié sur les réseaux sociaux, le chanteur a justifié sa décision par un « choix d’apaisement », sans évoquer directement les accusations dont il fait l’objet. La semaine dernière, la ministre avait déjà indiqué que « les conditions n’étaient pas réunies » pour que la tournée puisse se poursuivre, appelant explicitement l’artiste à y renoncer.

Une mobilisation qui s’intensifie depuis mai 2026

L’annulation de la tournée de Patrick Bruel s’inscrit dans un mouvement plus large de contestation porté par des associations féministes. Dès fin mai 2026, des militantes de NousToutes avaient perturbé une pièce de théâtre dans laquelle l’artiste tenait un rôle, afin de dénoncer les violences sexuelles qui lui sont reprochées. Ces actions avaient alors suscité un débat public sur la place des personnalités accusées de violences sexuelles dans l’espace culturel.

Le collectif souligne que la pression exercée par la société civile a joué un rôle clé dans cette décision. Claudia a expliqué : « Cette tournée était indécente, une insulte envers les victimes. Le laisser se produire sur scène, c’est mettre en danger les femmes ». L’association insiste sur le fait que les mobilisations collectives peuvent avoir un impact concret sur la vie publique, même en l’absence de jugement définitif.

Les accusations contre Patrick Bruel : un dossier judiciaire toujours en cours

Patrick Bruel, figure majeure de la chanson française depuis les années 1980, est visé par plusieurs plaintes pour violences sexuelles. Quatre de ces affaires ont donné lieu à des mises en examen, notamment pour viol et tentative de viol. L’artiste conteste l’intégralité des faits qui lui sont reprochés, tout en reconnaissant que sa situation judiciaire a pu influencer les décisions de ses partenaires.

Parmi les victimes présumées, plusieurs femmes ont porté plainte pour des faits remontant à plusieurs années, évoquant des agressions lors de rencontres professionnelles ou dans un cadre privé. Ces témoignages ont alimenté un climat de défiance autour de la tournée initialement prévue pour octobre 2026. Plusieurs salles de spectacle avaient déjà commencé à retirer ses dates de leur programmation avant l’annonce officielle de l’annulation.

Et maintenant ?

Si l’annulation de la tournée marque une victoire symbolique pour les associations féministes, la procédure judiciaire contre Patrick Bruel devrait se poursuivre dans les prochains mois. Les prochaines étapes dépendront des décisions de la justice, qui devra trancher sur le fond des accusations portées à son encontre. Par ailleurs, le débat sur la responsabilité des organisateurs de spectacles et des institutions culturelles dans la gestion des artistes mis en cause reste ouvert. La société civile pourrait continuer à jouer un rôle actif dans ce dossier, comme en témoigne la mobilisation récente de NousToutes.

Pour l’heure, aucun calendrier précis n’a été annoncé pour la reprise éventuelle des activités scéniques de Bruel, qui pourrait dépendre de l’issue de ses procédures judiciaires. La question de la crédibilité des artistes accusés de violences sexuelles devrait également rester au cœur des discussions dans le monde de la culture.

Patrick Bruel est actuellement mis en examen dans quatre dossiers pour violences sexuelles, dont deux pour viol et tentative de viol. Les prochaines étapes dépendront des décisions de la justice, qui devra trancher sur le fond des accusations portées à son encontre. Aucune date précise n’a encore été communiquée pour les audiences ou les verdicts.

Selon le collectif NousToutes, la société civile a le droit d’appliquer un principe de précaution face aux accusations de violences sexuelles, même en l’absence de jugement. Cette position s’appuie sur l’idée que les mobilisations collectives peuvent protéger potentiellement d’autres victimes, notamment dans un milieu professionnel comme celui du spectacle.