Le CAC 40 a clôturé en baisse ce mardi 1er septembre 2026, miné par les craintes d’une hausse des taux d’intérêt en Europe et par l’accélération de l’inflation en zone euro. Selon BFM Bourse, l’indice phare de la Bourse de Paris a reculé de 0,39 %, passant de 8 334,32 points à la veille à 8 301,85 points à la clôture, dans un marché globalement atone.

Cette baisse s’inscrit dans un contexte économique marqué par une inflation en hausse et des tensions persistantes sur les marchés obligataires. Les dernières données publiées par Eurostat révèlent en effet une accélération de l’inflation en zone euro, qui a atteint 3,3 % en rythme annuel en août, contre 2,9 % en juillet. Il s’agit du niveau le plus élevé enregistré depuis trois ans, alimenté en grande partie par la flambée des prix de l’énergie. Du côté des valeurs individuelles, TotalEnergies a bénéficié de la hausse des cours du pétrole, tandis que des rumeurs spéculatives ont propulsé Air Liquide et Technip Energies.

Ce qu'il faut retenir

  • Le CAC 40 a perdu 0,39 %, terminant à 8 301,85 points à la clôture du 1er septembre 2026, selon BFM Bourse.
  • L’inflation en zone euro a accéléré à 3,3 % en août, son plus haut niveau depuis trois ans, poussée par la hausse des prix de l’énergie.
  • Le rendement des obligations d’État à 10 ans a atteint des sommets inédits depuis 2008 en France, et depuis 2011 en Allemagne.
  • Le prix du baril de Brent a progressé de 4,8 % à 92,65 dollars, tandis que le WTI a gagné 3 % à 88,36 dollars.
  • TotalEnergies a progressé de 2,75 %, Air Liquide de 2,15 % et Technip Energies de 4,1 %.
  • L’euro a reculé de 0,24 % face au dollar, s’échangeant à 1,1591 dollar.

Un contexte économique tendu dès le début du mois

Dès l’ouverture des marchés ce mardi, le CAC 40 a subi la pression des tensions sur les taux d’intérêt, dans un environnement où les investisseurs anticipent une possible hausse des taux directeurs de la Banque centrale européenne (BCE). Les données d’Eurostat ont confirmé cette tendance en révélant une inflation globale à 3,3 % en zone euro, portée par la hausse des coûts énergétiques. L’inflation sous-jacente, qui exclut les prix volatils comme l’énergie et l’alimentation, a en revanche légèrement ralenti à 2,4 % sur un an.

Selon les économistes d’ING, cette divergence entre inflation globale et sous-jacente complique la lecture de la politique monétaire. « Certes, l’inflation globale est passée de 2,9 % à 3,3 % en août, mais l’inflation sous-jacente est retombée à 2,4 %. Les risques de hausse de l’inflation restent nombreux, mais le taux sous-jacent demeure étonnamment modéré six mois après le début du conflit au Moyen-Orient », ont-ils tempéré. Ils ajoutent : « Pour la Banque centrale européenne, la forte hausse du taux d’inflation global facilite la justification d’une hausse des taux en septembre. Mais la persistance d’un taux d’inflation sous-jacente modérée devrait donner lieu à un débat intéressant sur une éventuelle hausse ultérieure qui ferait entrer la politique monétaire en territoire restrictif. »

Le pétrole en hausse, un soutien pour TotalEnergies

Les cours du pétrole ont poursuivi leur ascension ce mardi, soutenus par la reprise des frappes entre les États-Unis et l’Iran, ainsi que par les déclarations de Donald Trump promettant de « frapper fort » son adversaire. Le baril de Brent, référence européenne pour livraison en novembre, a gagné 4,8 % à 92,65 dollars, tandis que le WTI, référence américaine pour livraison en octobre, s’est apprécié de 3 % à 88,36 dollars.

Cette hausse des prix du pétrole a directement profité à TotalEnergies, dont l’action a progressé de 2,75 %. L’entreprise, historiquement exposée aux marchés de l’énergie, bénéficie ainsi d’un effet de levier sur ses marges, dans un contexte où les tensions géopolitiques enflamment les cours. Les craintes liées à l’inflation, alimentées par la hausse des prix de l’énergie, se sont également répercutées sur le marché obligataire.

Les rendements obligataires atteignent des niveaux historiques

La pression sur les taux d’intérêt s’est traduite par une hausse des rendements des obligations d’État à 10 ans. En France, le taux a touché un nouveau sommet depuis 2008, tandis qu’en Allemagne, il a atteint son plus haut niveau depuis 2011. Au Japon, le taux à 10 ans a grimpé au plus haut depuis 1996, selon les données de l’AFP relayées par BFM Bourse. Cette hausse des rendements reflète les craintes des investisseurs quant à une possible inflation durable et une politique monétaire plus restrictive de la part des banques centrales.

Les tensions sur les taux ont également pesé sur l’euro, qui a reculé de 0,24 % face au dollar, s’échangeant à 1,1591 dollar en fin de journée. Cette dépréciation de la monnaie unique peut s’expliquer par la divergence attendue entre la politique monétaire de la BCE et celle de la Réserve fédérale américaine, cette dernière ayant déjà entamé un cycle de baisses de taux.

Air Liquide et Technip Energies, les valeurs stars de la séance

Côté actions, deux valeurs ont particulièrement retenu l’attention des investisseurs. Air Liquide a progressé de 2,15 % après l’annonce, rapportée par le Financial Times, de l’entrée au capital du fonds activiste Elliott. Ce mouvement spéculatif a suscité l’intérêt des marchés, Elliott étant connu pour ses prises de position visant à améliorer la performance des entreprises ciblées.

De son côté, Technip Energies a bondi de 4,1 % sur le SBF 120, porté par des informations relayées par BFM Business. Selon nos confrères, l’entreprise française, spécialiste du gaz naturel liquéfié, serait en lice pour remporter un appel d’offres lancé par SpaceX, la société spatiale d’Elon Musk. Si cette information venait à se confirmer, elle représenterait une opportunité stratégique majeure pour Technip Energies, déjà bien positionnée dans le secteur de l’énergie.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines s’annoncent décisives pour les marchés financiers, avec en ligne de mire la réunion de politique monétaire de la BCE prévue le 12 septembre 2026. Les investisseurs scruteront particulièrement les annonces concernant les taux d’intérêt, dans un contexte où l’inflation reste élevée et les tensions géopolitiques persistent. La publication des prochains indicateurs économiques, notamment en Europe et aux États-Unis, pourrait également influencer les tendances des marchés obligataires et actions. Quant à l’évolution des cours du pétrole, elle dépendra largement de la trajectoire du conflit entre les États-Unis et l’Iran, ainsi que des décisions de l’OPEP+. Les prochains mois devraient donc être marqués par une forte volatilité, tant sur les marchés actions qu’obligataires.

Reste à voir si la BCE parviendra à concilier lutte contre l’inflation et soutien à la croissance, alors que les indicateurs économiques divergent selon les zones géographiques. Autant dire que la prudence reste de mise pour les investisseurs, dans un environnement où les risques de tensions persistent.

L’inflation en zone euro a atteint 3,3 % en août 2026, son plus haut niveau depuis trois ans, principalement en raison de la hausse des prix de l’énergie. Cette accélération reflète les tensions géopolitiques, notamment le conflit entre les États-Unis et l’Iran, qui a relancé les craintes sur l’approvisionnement en pétrole et, par ricochet, sur les coûts énergétiques pour les ménages et les entreprises. Les données d’Eurostat montrent que cette dynamique a été renforcée par des pressions sur d’autres postes de dépenses, bien que l’inflation sous-jacente, qui exclut les éléments volatils, reste modérée à 2,4 %.