Selon RFI, le gouvernement camerounais a lancé une opération d’assainissement du fichier des allocations familiales pour en éliminer les déclarations frauduleuses. Les agents publics sont désormais tenus de fournir, avant le 15 août 2026, les actes de naissance et les certificats de vie collective de leurs enfants déclarés à charge. Cette mesure intervient après la constatation d’une hausse anormale du nombre d’enfants enregistrés, entraînant une augmentation disproportionnée des dépenses allouées à cette prestation sociale.
Ce qu'il faut retenir
- Le gouvernement camerounais cible les fraudes aux allocations familiales des agents publics, avec une échéance fixée au 15 août 2026 pour la régularisation des déclarations.
- Les fonctionnaires doivent présenter des actes de naissance et des certificats de vie collective sous peine de voir leurs droits suspendus.
- Les autorités ont observé une hausse anormale du nombre d’enfants déclarés, ce qui a gonflé le budget alloué aux allocations familiales.
- Cette opération s’inscrit dans une volonté d’assainir les dépenses sociales et de lutter contre les abus dans l’administration publique.
Une hausse des déclarations suspectes poussent à l’action
D’après les autorités camerounaises, le nombre d’enfants déclarés par les agents publics pour bénéficier des allocations familiales a connu une progression jugée « anormale » ces dernières années. Cette situation a conduit à une augmentation significative du budget consacré à cette prestation, sans justification démographique claire. Pour y remédier, le ministère en charge de la Fonction publique a décidé de procéder à un audit ciblé, en exigeant des preuves tangibles de l’existence des enfants déclarés. Autant dire que cette opération vise à corriger des dysfonctionnements structurels, voire à sanctionner les fraudes avérées.
Les allocations familiales, versées aux fonctionnaires camerounais, constituent une dépense sociale majeure pour l’État. En 2025, plus de 500 000 agents bénéficiaient de cette aide, pour un coût annuel estimé à plusieurs milliards de francs CFA. La suspicion de fraudes pèse donc sur une part importante du budget de l’État, ce qui explique l’urgence affichée par les autorités pour rétablir la transparence.
Des preuves exigées sous peine de sanctions
Les agents publics concernés par cette mesure disposent d’un délai jusqu’au 15 août 2026 pour soumettre les documents requis : les actes de naissance des enfants et les certificats de vie collective. Ces derniers attestent que les enfants sont bien vivants et à la charge de leur parent fonctionnaire. Sans ces pièces, les allocations pourraient être suspendues, voire supprimées en cas de fraude avérée. Le gouvernement n’a pas encore précisé les modalités exactes des contrôles, mais les agents sont invités à se conformer rapidement aux nouvelles directives pour éviter tout litige.
Cette initiative s’ajoute à d’autres efforts récents pour rationaliser les dépenses publiques au Cameroun. En 2024, des audits similaires avaient été menés dans le secteur de la santé, où des surfacturations et des détournements avaient été détectés. Le gouvernement mise ainsi sur la rigueur administrative pour restaurer la confiance dans les institutions et optimiser l’utilisation des fonds publics.
Reste à voir si cette campagne suffira à endiguer durablement les abus, ou si elle ne fera que déplacer les pratiques frauduleuses vers d’autres dispositifs sociaux. Une chose est sûre : le gouvernement camerounais compte bien envoyer un signal fort en matière de transparence budgétaire.
D’après RFI, les allocations familiales pourraient être suspendues ou supprimées en cas de non-présentation des documents demandés. Les autorités n’ont pas encore détaillé les sanctions disciplinaires ou pénales encourues, mais des mesures administratives (avertissements, retenues sur salaire) sont envisagées.