Une enquête publiée ce mardi 7 juillet par Reporterre révèle que près de six échantillons de fraises cultivées en Europe sur dix contiennent des taux élevés de PFAS, des substances chimiques persistantes issues de pesticides. Menée par le réseau Pesticide Action Network (PAN) Europe, cette étude s’appuie sur l’analyse de 41 échantillons prélevés dans onze pays du continent. Les résultats, qui concernent majoritairement des cultures conventionnelles, soulignent un niveau de contamination bien plus élevé que prévu dans un produit de consommation courante.
Ce qu'il faut retenir
- **58 % des échantillons de fraises européennes analysés** contiennent des PFAS, selon une enquête de PAN Europe publiée le 7 juillet 2026.
- **56 % des échantillons** sont contaminés par au moins un pesticide classé parmi les plus dangereux, interdits en Europe depuis 2011.
- L’étude porte sur **41 échantillons** prélevés dans **onze pays européens**, principalement issus de l’agriculture conventionnelle.
- Les PFAS, substances chimiques persistantes, sont utilisées dans certains pesticides et posent des risques avérés pour la santé.
Une contamination généralisée dans plusieurs pays européens
L’enquête conduite par PAN Europe met en lumière une contamination significative dans plusieurs pays producteurs de fraises. Parmi les onze États concernés, la France, l’Espagne, l’Italie et la Pologne figurent parmi les plus représentés dans l’échantillonnage. Selon les résultats, **côté français**, près de sept fraises sur dix testées présentaient des traces de PFAS. En Allemagne, ce taux atteignait **60 %**, tandis qu’en Espagne, il dépassait **50 %**. Ces chiffres, bien qu’hétérogènes, confirment une tendance inquiétante à l’échelle européenne.
Les prélèvements ont été réalisés sur des cultures conventionnelles, où l’usage de pesticides est plus répandu. « Les fraises conventionnelles sont trois fois plus contaminées que les fraises issues de l’agriculture biologique », précise un porte-parole de PAN Europe. Ces données interrogent sur les pratiques agricoles actuelles et leur impact sur la qualité des produits alimentaires.
Des pesticides interdits toujours présents dans les sols
Parmi les contaminants identifiés, **56 % des échantillons** contenaient des résidus de pesticides classés parmi les plus dangereux par l’Union européenne. Depuis 2011, ces substances, comme le chlorpyrifos ou le dichlorvos, sont théoriquement interdites dans l’UE en raison de leurs effets toxiques avérés sur la santé humaine et l’environnement. Pourtant, leur persistance dans les sols et leur transfert vers les cultures restent un problème majeur.
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Ces résultats montrent que l’interdiction de ces pesticides n’a pas suffi à éliminer leur présence dans l’environnement. Leur rémanence dans les sols et leur capacité à contaminer les plantes posent un défi sanitaire et réglementaire.» a déclaré une experte en toxicologie contactée par Reporterre. Les PFAS, quant à elles, s’accumulent dans l’organisme et sont associées à des risques accrus de cancers, de troubles hormonaux et de maladies métaboliques.
Un produit phare de l’été en première ligne
La fraise, fruit symbole de la saison estivale, est l’un des produits agricoles les plus consommés en Europe. En 2025, l’UE a produit près de **1,3 million de tonnes** de fraises, dont une part significative provient des pays méditerranéens. Pourtant, sa contamination aux PFAS et aux pesticides interdits pourrait remettre en cause sa réputation de produit sain et naturel. Les associations de consommateurs et les ONG environnementales appellent à un renforcement des contrôles et à une transition vers des méthodes de culture plus durables.
« Les fraises ne devraient pas être un vecteur de pollution chimique », a réagi une porte-parole de l’association Générations Futures. « Ces résultats devraient inciter les autorités sanitaires et les États membres à agir rapidement pour protéger les consommateurs. »
Reste à voir si ces révélations entraîneront un changement des pratiques agricoles ou si elles seront reléguées au rang de nouvelles alarmistes sans suite concrète. Une chose est sûre : pour les consommateurs soucieux de leur santé, l’heure n’est plus à l’indifférence.
D’après l’enquête de PAN Europe, les fraises issues de l’agriculture biologique présentent un taux de contamination trois fois inférieur à celui des fraises conventionnelles. Cependant, des traces de PFAS ont tout de même été détectées dans certains échantillons bio, bien que dans des proportions moindres.