L’élimination de la Corée du Sud dès la phase de groupes de la Coupe du monde 2026, malgré une victoire initiale contre la République tchèque, a déclenché une vague de critiques et de violences verbales envers le sélectionneur Hong Myung-bo. Selon Euronews FR, les réactions dépassent largement le cadre sportif pour révéler des tensions profondes au sein de la fédération sud-coréenne.

Ce qu'il faut retenir

  • La Corée du Sud a été éliminée dès la phase de groupes après une victoire 2-1 contre la République tchèque, suivie de défaites 1-0 contre le Mexique et l’Afrique du Sud.
  • Hong Myung-bo a présenté ses excuses et démissionné, mais n’a pas obtenu le soutien des supporters ni du président sud-coréen Lee Jae Myung.
  • Des menaces de mort et des appels à boycotter les établissements fréquentés par le sélectionneur ont été recensés après son retour à Séoul.
  • Les accusations de favoritisme et de manque de transparence dans la nomination de Hong Myung-bo remontent à 2024, avec des soupçons d’ingérence de la part de la Korea Football Association (KFA).
  • Le président sud-coréen a évoqué une « profonde déception » et annoncé des réformes pour éviter de nouvelles crises.

Un parcours décevant en phase de groupes

La campagne de la Corée du Sud au Mondial 2026 a débuté sous les meilleurs auspices avec une victoire 2-1 face à la République tchèque, grâce à des buts de Son Heung-min et Kim Young-gwon. Mais les espoirs se sont rapidement éteints avec deux défaites consécutives, 1-0 contre le Mexique et 1-0 contre l’Afrique du Sud, condamnant l’équipe à une nouvelle élimination dès la phase de groupes. Une situation déjà observée en 2006, 2014 et 2018, malgré la quatrième place obtenue en 2002 sous la direction de Hong Myung-bo.

Dès l’annonce de sa démission dimanche, le sélectionneur a exprimé son regret : « Je suis sincèrement désolé. Même si je quitte l’équipe nationale, je ne tourne pas le dos au football coréen. Je continuerai à encourager la sélection de tout mon cœur et j’espère qu’elle retrouvera la confiance et l’amour du public. »

Une crise politique et sportive

Les réactions dépassent le cadre sportif. Le président sud-coréen Lee Jae Myung a publié un message inhabituel sur les réseaux sociaux, exprimant « une profonde déception » face à l’élimination. « Lorsque le favoritisme et le copinage priment sur la compétence dans le choix d’un commandant, le résultat est aussi prévisible que le feu qui brûle du papier », a-t-il écrit, avant de présenter ses « plus profondes excuses à la population pour la profonde déception provoquée par cette issue inacceptable ». Il a également annoncé des réformes rapides pour réformer la gouvernance du sport et éviter qu’une telle situation ne se reproduise.

Des menaces de mort et des appels au boycott

Le groupe officiel de supporters des Red Devils a publié un communiqué exigeant que Hong Myung-bo « s’agenouiller devant toute la nation et quitter à jamais le monde du football ». À son retour à Séoul, le sélectionneur a été accueilli par des huées et des banderoles hostiles, dont l’une portant l’inscription « Le football sud-coréen est mort ». La police a dû mettre en place des cordons de sécurité entre le terminal de l’aéroport international d’Incheon et le bus qui attendait Hong.

Les tensions ont pris une dimension encore plus inquiétante avec l’apparition de menaces de mort en ligne. Un message intitulé « Je prendrai mes responsabilités et je tuerai Hong Myung-bo » a été publié sur une communauté en ligne, précisant : « Je me rendrai à l’aéroport international d’Incheon et je tuerai Hong Myung-bo le jour de son retour. » La police métropolitaine de Séoul a confirmé qu’elle surveillait étroitement la situation.

Les médias locaux rapportent également que certains restaurants et bars ont affiché des pancartes interdisant l’accès à Hong Myung-bo, avec la mention « Hong Myung-bo a interdiction d’entrer. »

Un passé controversé et des décisions contestées

Les tensions autour de Hong Myung-bo ne datent pas de cette Coupe du monde. Depuis son retour à la tête de la sélection en 2024, après une première démission en 2014, il est au cœur de polémiques. De nombreux supporters l’accusent de favoritisme et de complaisance, estimant que sa nomination est due à ses liens avec des membres influents de la Korea Football Association (KFA).

Sa décision controversée d’écarter Son Heung-min, capitaine vétéran et ancien joueur de Tottenham Hotspur, lors du match décisif contre l’Afrique du Sud – alors qu’un nul suffisait pour se qualifier – a encore alimenté la polémique. « Je ne peux pas prétendre que toutes mes décisions ont été les bonnes, mais je peux affirmer que chacune d’elles a été prise dans l’intérêt du football coréen », a déclaré Hong Myung-bo pour se défendre.

Une enquête en cours sur les nominations de la KFA

Un responsable de l’Agence de la police métropolitaine de Séoul a confirmé que des enquêtes sont en cours pour vérifier les accusations d’ingérence du président de la KFA dans la nomination de Hong Myung-bo. La colère du public s’amplifie face au manque de transparence du processus de sélection, qui alimente les suspicions de corruption et de népotisme.

Selon Euronews FR, cette affaire illustre une fois de plus que « ce n’est jamais seulement du football ». Les enjeux politiques et économiques derrière les nominations sportives transforment chaque crise en un scandale bien plus large.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines devraient être marquées par des investigations approfondies sur le processus de nomination de Hong Myung-bo et la gouvernance de la KFA. Le président sud-coréen Lee Jae Myung a promis des réformes rapides pour restaurer la confiance dans le football national. Une commission indépendante pourrait être mise en place pour examiner les allégations de corruption. Par ailleurs, la KFA devra présenter des mesures concrètes pour éviter que de nouvelles polémiques n’ébranlent la crédibilité du football sud-coréen avant la prochaine Coupe du monde.

Hong Myung-bo, dont la sécurité reste sous haute surveillance, a indiqué qu’il continuerait à suivre de près l’évolution de la sélection nationale, malgré les menaces et les boycotts. Son avenir dans le football professionnel sud-coréen reste incertain, alors que les appels à sa démission définitive se multiplient.

Son Heung-min, capitaine emblématique et joueur expérimenté, a été écarté lors du match décisif contre l’Afrique du Sud, alors qu’un nul suffisait pour se qualifier. De nombreux supporters ont interprété cette décision comme un manque de confiance envers un joueur clé, tandis que d’autres y ont vu une preuve de partialité dans la gestion de l’équipe. Hong Myung-bo a justifié ce choix en affirmant avoir agi « dans l’intérêt du football coréen », sans préciser davantage.