Alors que s’ouvre ce week-end la nouvelle saison du Stade Toulousain en Top 14, Antoine Dupont, capitaine emblématique du XV de France, a les yeux rivés sur un objectif précis : remporter la Coupe du monde 2027 en Australie. Selon nos confrères de RMC Sport, le demi de mêlée toulousain, double champion d’Europe et sextuple champion de France, aborde cette dernière ligne droite avec une ambition claire, malgré les défis physiques et mentaux qui l’attendent.

Pour le Toulousain, cette saison 2026-2027 s’inscrit dans une logique de préparation progressive vers l’échéance majeure. « Ça commence maintenant. D’avoir le sérieux, l’exigence, la concentration pour être performant en octobre 2027 », a-t-il déclaré à quelques jours du coup d’envoi de la compétition en club. Une déclaration qui illustre l’importance de ce Mondial, qu’il qualifie lui-même de « dernier objectif pour la plupart d’entre nous » dans une carrière déjà bien remplie.

Ce qu'il faut retenir

  • Antoine Dupont entame sa dernière saison avant la Coupe du monde 2027 en Australie, selon RMC Sport.
  • Il vise un titre qui manque encore à son palmarès : celui de champion du monde, après ses deux titres mondiaux en 2019 et 2023 avec le XV de France.
  • L’an passé, il n’a été titularisé que 10 fois en Top 14 (16 matchs joués, 1 228 minutes), contre 22 matchs (1 973 minutes) avant la Coupe du monde 2023.
  • Son manager à Toulouse, Ugo Mola, souligne sa forme physique exceptionnelle pour cette rentrée, avec l’espoir d’une saison « très bonne » pour le joueur.
  • Dupont a modifié son jeu après ses blessures, privilégiant désormais son rôle de distributeur plutôt que son physique, selon Mola.
  • La Coupe du monde 2027 pourrait être la dernière pour une génération dorée du rugby français, dont l’objectif est de corriger l’échec de 2023.

Une saison sous le signe de la Coupe du monde

Antoine Dupont, qui entame sa 13e saison professionnelle, reconnaît que la Coupe du monde 2027 occupe une place centrale dans ses pensées, sans pour autant négliger ses objectifs immédiats avec Toulouse. « On a assez d’objectifs à court terme pour se projeter sur le moment présent et arriver à se concentrer sur les échéances qui arrivent », a-t-il expliqué. Pourtant, l’ombre du Mondial plane sur chaque étape de sa préparation. « Évidemment que dans un coin de la tête c’est pour se préparer à la Coupe du monde », admet-il, tout en insistant sur la nécessité de gérer la pression.

Le calendrier s’annonce chargé : après le Top 14 et la Champions Cup avec Toulouse, le Tournoi des Six Nations viendra s’ajouter à cette liste d’échéances. « On a la Nation Cup en novembre, la Coupe d’Europe en club et tout ce qui va s’enchaîner, le Tournoi également. On a plein de petits objectifs à court terme », précise-t-il. Mais pour le capitaine français, ces étapes intermédiaires ne sont que des moyens de se préparer à l’essentiel : l’Australie.

La gestion du risque physique et mental

L’an passé, Dupont a dû composer avec les séquelles d’une grave blessure au genou, limitant son temps de jeu à seulement 1 228 minutes en Top 14 (contre 2 073 minutes avant le Mondial 2023). Une situation qui a conduit son club à adapter sa gestion de son joueur phare, tout en maintenant ses ambitions internationales. Ugo Mola, son entraîneur, se montre rassurant : « Déjà il m’est revenu à cette intersaison dans un état de forme où je l’avais rarement vu aussi prêt. Ça augure, je l’espère, d’une très bonne saison pour lui. »

Pourtant, les défis restent nombreux. « C’est sa troisième Coupe du monde s’il la réalise », rappelle Mola, qui insiste sur l’importance de ne pas brider l’épanouissement de ses joueurs. « On sait tous très bien que s’ils sont performants avec leur club, il y a de grandes chances qu’ils y participent. Je leur souhaite d’aller évidemment loin dans cette compétition, qui, je pense, est à point nommé pour beaucoup de cette génération. » Une génération qui, selon Dupont, a manqué le rendez-vous de 2023 et voit dans 2027 une opportunité unique de briller.

Une évolution tactique et mentale

Après des années marquées par son physique impressionnant et sa technique de haut vol, Antoine Dupont semble avoir adapté son jeu. « Je pense qu’au regard de ses blessures, il a aménagé aussi son corps et il a très certainement pensé son rugby un peu différemment », analyse Mola. Son rôle de distributeur, plus que de « taureau », prend désormais une place prépondérante. « Sa capacité à s’adapter reste quand même sa force première, au-delà de tout le talent dont il peut disposer », souligne l’entraîneur.

Cette évolution tactique s’accompagne d’une maturité renforcée. « Je le retrouve avec un appétit de junior, que j’espère garder longtemps », confie Mola. Une énergie qui pourrait s’avérer décisive dans les mois à venir, alors que la pression monte autour du groupe français, désormais considéré comme l’un des favoris pour le titre mondial.

Le compte à rebours est lancé

Avec un contrat courant jusqu’en 2031, Dupont pourrait théoriquement viser une quatrième Coupe du monde, cette fois aux États-Unis. Mais le capitaine français, lucide, préfère se concentrer sur l’essentiel : « C’est les derniers temps pour faire les petits réglages qui restent. Travailler aussi physiquement, pour que le corps puisse encaisser ces 14-15 mois qui vont arriver. » Une préparation minutieuse, où chaque détail comptera pour éviter une nouvelle désillusion.

« Je sais, j’ai compté, ne t’inquiète pas », lance-t-il avec humour avant de tempérer ses ambitions : « Mais les jambes seront différentes, l’âge sera avancé. Donc j’espère pouvoir la faire, mais on ne peut pas savoir de quoi demain est fait. Alors autant être dans le présent pour le moment. » Une approche pragmatique, qui contraste avec l’euphorie ambiante autour du XV de France.

Et maintenant ?

La saison de Top 14 s’annonce donc comme une période charnière pour Antoine Dupont et ses coéquipiers. Entre les matchs de championnat, les confrontations européennes et le Tournoi des Six Nations, chaque performance sera scrutée à la loupe. Pour le groupe français, l’objectif est double : confirmer son statut de favori tout en évitant les pièges d’un calendrier surchargé. La Coupe du monde 2027, elle, n’est plus qu’à 14 mois, une échéance que le capitaine toulousain prépare avec sérieux, mais sans précipitation.

Pour le rugby français, cette campagne mondiale représente bien plus qu’un simple titre à conquérir. Elle est l’occasion pour une génération exceptionnelle de léguer une image à la hauteur de son talent, après l’échec relatif de 2023. Les Springboks et les All Blacks, rivaux traditionnels, seront sur le qui-vive, tout comme les autres prétendants au titre. La route vers l’Australie s’annonce donc semée d’embûches, mais c’est précisément ce qui en fait le principal objectif d’une carrière.

Le capitaine du XV de France, bien que son contrat avec Toulouse court jusqu’en 2031, évoque cette compétition comme un ultime défi à sa carrière internationale. À 31 ans en 2027, il considère que cette Coupe du monde pourrait être la dernière pour lui, tant sur le plan physique que mental. Une déclaration qui reflète aussi l’enjeu générationnel pour une équipe française en quête de rédemption après l’échec de 2023.