Face à l’afflux massif de vêtements et de dépôts sauvages, la Croix-Rouge de Quimper (Finistère) annonce une suspension temporaire de sa collecte de textile. Selon Ouest France, cette décision, effective jusqu’au 26 septembre, vise à mettre un terme à une situation devenue ingérable pour l’association.

Ce qu'il faut retenir

  • La Croix-Rouge de Quimper suspend sa collecte de vêtements jusqu’au 26 septembre 2026 en raison d’un afflux excessif de textiles inutilisables.
  • L’association transporte chaque semaine des tonnes de vêtements vers la déchetterie, une tâche qui n’entre pas dans ses missions initiales.
  • Annie Pennarun, responsable de la boutique de vêtements de la Croix-Rouge, dénonce une confusion entre don et déchet : « Nous ne sommes pas une déchetterie ! »

Une collecte débordée par l’inutilisable

La décision de suspendre les collectes ne tombe pas au hasard. Depuis plusieurs semaines, la Croix-Rouge de Quimper se retrouve submergée par des montagnes de vêtements, pour l’essentiel impropres à la vente ou à la réutilisation. « Chaque semaine, on transporte des tonnes de vêtements inutilisables à la déchetterie », explique Annie Pennarun, responsable de la boutique de vêtements de l’association. Autant dire que cette situation détourne les bénévoles de leur mission première : aider les personnes dans le besoin.

Pour l’association, cette saturation pose un double problème. D’une part, elle alourdit la logistique, obligeant les équipes à consacrer un temps précieux à trier et évacuer des lots de vêtements invendables. D’autre part, elle brouille la frontière entre don et déchet, ce qui risque de décourager les donateurs bien intentionnés.

Un phénomène qui dépasse Quimper

Le cas de Quimper n’est malheureusement pas isolé. Dans plusieurs villes françaises, les associations de collecte de textile font face à une recrudescence de dépôts sauvages ou de dons de mauvaise qualité. Ces derniers, souvent mélangés à des vêtements sales, déchirés ou mouillés, rendent le tri extrêmement complexe et coûteux. À Quimper, la Croix-Rouge précise que seule une minorité des vêtements collectés est effectivement réutilisable ou revendable.

Selon les responsables, une partie de ces dépôts provient de particuliers mal informés, qui considèrent les conteneurs de collecte comme une déchetterie gratuite. D’autres, plus problématiques, sont le fait de commerces ou d’entreprises cherchant à se débarrasser de stocks invendus à moindre frais.

« Il faut que cela s’arrête ! Nous ne sommes pas une déchetterie ! »
— Annie Pennarun, responsable de la boutique de vêtements de la Croix-Rouge de Quimper

Les conséquences pour les bénéficiaires et l’association

Cette suspension va nécessairement impacter les activités de la Croix-Rouge locale. La boutique de vêtements, qui redistribue gratuitement ou vend à prix modique des habits aux personnes en difficulté, risque de voir ses stocks s’amenuiser. « On ne peut plus garantir la qualité et la quantité des vêtements disponibles pour les familles que nous aidons », précise Annie Pennarun. Pour les bénévoles, cette décision représente aussi un soulagement, car elle leur permet de recentrer leurs efforts sur leur cœur de métier : l’accompagnement social.

Côté finances, l’association subit un surcoût lié au transport et au traitement des vêtements inutilisables. Une partie de ces frais pourrait être évitée si les dons étaient mieux triés en amont, un point que la Croix-Rouge compte aborder lors de campagnes de sensibilisation.

Et maintenant ?

La Croix-Rouge de Quimper prévoit de reprendre ses collectes de vêtements à partir du 26 septembre, sous réserve que la situation se soit améliorée. En attendant, l’association compte sur les donateurs pour vérifier la qualité des vêtements déposés et éviter les dépôts sauvages. Une campagne de communication est d’ailleurs en préparation pour rappeler les règles de la collecte.

Reste à voir si cette pause permettra de clarifier les attentes des donateurs et des associations. Une chose est sûre : la Croix-Rouge ne compte pas fermer les yeux sur les abus, comme le souligne Annie Pennarun : « Il est temps que chacun prenne ses responsabilités. »

D’ici là, les habitants de Quimper et des alentours sont invités à se renseigner sur les alternatives locales pour se débarrasser de leurs vêtements, ou à les stocker jusqu’à la reprise de la collecte. Quant aux personnes en quête de vêtements, elles devront se tourner vers d’autres structures associatives ou municipales pendant cette période.

Plusieurs alternatives existent : se rendre en déchetterie pour les vêtements abîmés, les déposer dans des conteneurs solidaires gérés par d’autres associations, ou les conserver jusqu’à la reprise de la collecte de la Croix-Rouge le 26 septembre.