Côme Dunis, élu maire de Montargis sous l’étiquette Rassemblement National en mars 2026, a annoncé ce 8 août sa démission de ses fonctions, invoquant un « problème de santé ». Cette décision intervient moins de quatre mois après son installation à la tête de la ville du Loiret, dans un contexte marqué par une succession de polémiques autour de son mandat. Comme le rapporte Le Monde – Politique, cette annonce survient alors que son début de mandat avait déjà été émaillé de tensions, notamment autour de la gestion des indemnités municipales et de la suspension de plusieurs grands projets urbains.

Ce qu'il faut retenir

  • Côme Dunis, maire RN de Montargis élu en mars 2026, démissionne pour raisons de santé selon son communiqué du 8 août.
  • Son élection avait été marquée dès le départ par des controverses sur la hausse de ses indemnités et la suspension de projets municipaux.
  • Ancien militant « gilets jaunes », il avait axé sa campagne sur une critique des politiques locales traditionnelles.

Un mandat sous haute tension dès son lancement

Dès son élection, Côme Dunis s’est retrouvé au cœur de vives polémiques. L’une des premières mesures contestées concernait la révision à la hausse de ses indemnités de maire, une décision perçue comme un manque de mesure par une partie de l’opposition. « Il s’agit d’un ajustement normal pour un mandat à temps plein », avait-il justifié lors d’une conférence de presse en avril. Pourtant, cette décision avait suscité des réactions vives au sein du conseil municipal, où certains élus dénonçaient une « dérive des dépenses publiques ».

Autre point de friction : la suspension de plusieurs grands projets urbains, dont la rénovation du centre-ville et la création d’une nouvelle médiathèque. Ces projets, portés par l’ancienne majorité, avaient été gelés « en attendant un audit complet des finances municipales », avait expliqué Dunis. Une mesure qui avait valu des critiques acerbes à l’élu, certains y voyant une volonté de marquer une rupture radicale avec les politiques précédentes, plutôt qu’une gestion pragmatique des deniers publics.

Un passé militant qui a influencé sa gouvernance

Avant de devenir maire, Côme Dunis était connu pour son engagement au sein du mouvement des « gilets jaunes », notamment lors des manifestations de 2018 et 2019 dans le Loiret. Son élection en mars 2026 avait été perçue comme un symbole fort dans une ville historiquement ancrée à gauche. « Nous voulons redonner la parole aux citoyens et casser les codes de la politique traditionnelle », avait-il déclaré lors de sa victoire. Pourtant, une fois installé à la mairie, son style direct et ses prises de position clivantes avaient rapidement alimenté les tensions au sein de l’institution.

Parmi les décisions les plus controversées figuraient la réduction des subventions accordées à certaines associations locales, jugées trop proches des anciens élus, ainsi que la réorganisation des services municipaux, entraînant des suppressions de postes. Ces mesures avaient provoqué des mouvements de protestation parmi les agents territoriaux et les acteurs associatifs, certains dénonçant une « politique du tout sécuritaire et austérité ».

Les conséquences immédiates et les prochaines étapes

Avec la démission de Côme Dunis, la ville de Montargis se retrouve désormais dans l’attente d’un nouveau scrutin pour désigner son successeur. Selon les règles en vigueur, une élection partielle devra être organisée dans un délai de trois mois, sauf si le conseil municipal parvient à élire un nouveau maire en son sein. « Nous allons gérer cette transition avec sérénité et dans l’intérêt des Montargois », a réagi Sophie Patouraux, première adjointe au maire, contactée par Le Monde – Politique.

Dans l’immédiat, la préfecture du Loiret a indiqué qu’elle suivrait de près l’évolution de la situation, sans préciser si un administrateur provisoire serait nommé. La démission de Dunis pourrait également relancer le débat sur la gestion des communes par des élus issus de formations politiques radicales, un sujet qui divise déjà les observateurs politiques en France. Bref, autant dire que cette affaire va alimenter les discussions dans les semaines à venir, aussi bien au niveau local que national.

Et maintenant ?

Une élection partielle devrait être organisée dans les trois prochains mois pour remplacer Côme Dunis. D’ici là, le conseil municipal devra trancher : soit il désigne un nouveau maire en son sein, soit un scrutin est convoqué. Par ailleurs, les grands projets suspendus pourraient faire l’objet de nouvelles arbitrages, selon les priorités du futur exécutif. Reste à voir si cette transition apaisera les tensions ou, au contraire, les attisera davantage.

Cette démission rappelle que les débuts de mandat peuvent rapidement tourner au vinaigre, surtout lorsque les promesses de campagne heurtent la réalité des contraintes locales. Pour Montargis, l’enjeu sera désormais de tourner la page sans s’enliser dans de nouvelles querelles politiques.

Elles portaient principalement sur la hausse de ses indemnités, la suspension de grands projets urbains et la réduction des subventions accordées à certaines associations locales.